Les frappes s'intensifient près de Kobané

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Malgré les raids des avions de la coalition dirigée par les États-Unis, «les djihadistes ont avancé à partir de l'est en direction du centre de la ville».

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Aris MESSINIS, Mohamad Ali HARISSI
Agence France-Presse
Mursitpinar et Beyrouth

La coalition internationale conduite par les États-Unis a intensifié mercredi ses frappes près de la ville kurde syrienne de Kobané qui, selon l'armée américaine, résiste encore aux djihadistes qui l'assiègent et reste contrôlée par les combattants kurdes.

«Les milices kurdes continuent de contrôler la majeure partie de la ville et résistent face au groupe EI», a assuré mercredi soir dans un communiqué inhabituel le commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom).

Les États-Unis, aidés cette fois par la Jordanie, ont lancé mercredi huit nouvelles frappes près de Kobané, qui s'ajoutent à six frappes qu'ils avaient menées précédemment mardi et mercredi avec les Emirats arabes unis.

Les huit nouvelles frappes ont détruit cinq véhicules armés, un dépôt d'équipements, un camp de commandement, un camp logistique, et huit baraquements.

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont pourtant avancé mercredi dans Kobané et reçu des renforts en hommes et en équipements, malgré les frappes jugées insuffisantes par le Pentagone pour sauver cette ville située à la frontière avec la Turquie.

Les frappes «ne vont pas apporter une solution et sauver la ville de Kobané», a averti mercredi le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby. Selon lui, «il faudrait des troupes compétentes, des rebelles syriens ou des forces gouvernementales irakiennes, pour parvenir à vaincre» le groupe EI.

«Nous poursuivons nos frappes avec nos partenaires. Cela reste une mission difficile», a renchéri le président Barack Obama au Pentagone, à l'issue d'une rencontre avec les plus hauts gradés américains.

«Nous frappons quand nous pouvons», a expliqué le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, à la chaîne américaine ABC. Les djihadistes «sont un ennemi qui apprend et ils savent comment manoeuvrer et comment utiliser les populations et le camouflage», «donc quand nous avons une cible, nous frappons».

Zone tampon 

La bataille de Kobané, ville défendue par des forces kurdes moins nombreuses et bien moins armées, a provoqué des émeutes meurtrières dans des provinces à majorité kurde de Turquie, déclenchées par le refus du gouvernement d'Ankara d'intervenir en Syrie.

Les autorités turques ont imposé mercredi un couvre-feu militaire dans une partie du sud-est du pays, au lendemain de ces violences qui ont fait au moins 21 morts et se sont exportées en Allemagne.

Les États-Unis ont aussi exprimé leur frustration devant les réticences de la Turquie à lutter contre le groupe EI, qui menace sa frontière avec la Syrie, mais Washington marche aussi sur des oeufs avec son allié en raison de l'explosive question kurde.

«Nous pensons clairement qu'ils peuvent faire davantage», a estimé mercredi la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki. Mais, a-t-elle aussitôt reconnu, Ankara a «ses propres inquiétudes», en allusion au dossier kurde qui l'empoisonne depuis des décennies.

Les deux pays se sont d'ailleurs indirectement accrochés mercredi sur l'opportunité de créer une zone tampon entre la Syrie et la Turquie pour protéger les personnes déplacées par le conflit.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a maintes fois plaidé pour et a reçu mercredi le soutien de son homologue français François Hollande.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a aussi estimé que l'idée «valait la peine d'être regardée». Mais la Maison Blanche, le département d'État et le Pentagone ont immédiatement recadré leur ministre, affirmant qu'une zone tampon n'était «pas à l'étude pour le moment».

Après une visite en Jordanie, le coordonnateur de la coalition internationale, le général américain à la retraite John Allen, doit justement se rendre jeudi et vendredi en Turquie.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a plaidé pour une opération militaire terrestre contre l'EI, mais le scepticisme demeure sur la possibilité de voir ses troupes franchir la frontière alors que les États-Unis ont exclu des troupes au sol.

Malgré les raids des avions de la coalition, «les djihadistes ont avancé à partir de l'est en direction du centre de la ville», a indiqué mercredi à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Ils ont en outre reçu des renforts en hommes et en véhicules blindés Humvees, arrivés aux abords de Kobané qu'ils assiègent, en provenance de la province de Raqa (nord de la Syrie) sous contrôle de l'EI, a-t-il ajouté.

En soirée, les combats avaient baissé d'intensité, a dit M. Abdel Rahmane, après avoir fait état d'une «intensification des raids de la coalition dans et autour de Kobané» (Aïn al-Arab en arabe), dans la journée.

Les forces des YPG (Unités de protection du peuple kurde) avaient réussi, à la faveur des frappes, à repousser dans un premier temps les djihadistes entrés lundi à Kobané, selon un responsable local.

Mais ces raids n'ont pas empêché l'EI de lancer une nouvelle offensive dans l'est pour «reprendre les zones qu'il a perdues», a indiqué l'OSDH, en faisant état d'un attentat suicide au camion piégé de l'EI dans l'est de la ville.

Les militants kurdes ont aussi dit craindre des représailles des djihadistes responsables de terribles exactions -viols, exécutions, décapitations et persécutions- dans les vastes régions sous leur contrôle en Syrie et en Irak.

Mustafa Ebdi, militant et journaliste de Kobané, qui a fait état de «plein de cadavres» djihadistes jonchant les rues d'un quartier, a affirmé que des centaines de civils, manquant d'eau et de nourriture, étaient encore dans la ville.

S'ils réussissaient à conquérir Kobané, les djihadistes s'assureraient le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

Depuis le début de l'offensive djihadiste pour prendre Kobané le 16 septembre, plus de 400 personnes ont péri selon l'OSDH, alors que quelque 300 000 habitants de la région ont pris la fuite, dont plus de 200000 en Turquie.

En Irak, un avion de chasse australien a effectué un premier bombardement contre le groupe EI, a annoncé le ministère australien de la Défense.



Cinq frappes en Irak

En Irak, les États-Unis et leurs alliés ont opéré cinq frappes contre l'EI, détruisant un poste de contrôle et un véhicule blindé près de Falloujah.

À Ramadi, une frappe a détruit trois bâtiments tenus par les djihadistes et en a endommagé deux autres, a détruit deux pièces d'artillerie anti-aérienne et tué des combattants. Une autre a détruit un poste de contrôle.

Enfin, près des montagnes du Sinjar, la coalition a détruit un véhicule blindé tandis qu'une frappe, qui visait un autre véhicule blindé, a échoué.

Outre les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont également intervenus en Irak.

Les frappes ont commencé en Irak le 8 août, et en Syrie le 23 septembre.

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