L'ONU accuse l'EI de crimes contre l'humanité

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Un combattant du groupe armé État islamique fait flotter le drapeau de l'organisation djihadiste, dans une rue de Mossoul, le 23 juin.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
GENÈVE, Suisse

Des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité sont commis en Irak par les djihadistes du groupe État islamique (EI) selon un rapport de l'ONU publié jeudi, qui dénonce également le comportement des forces gouvernementales irakiennes.

Ce rapport détaille «une palette stupéfiante» de violations des droits de l'homme dans le nord de l'Irak, souligne le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Irak, Nickolay Mladenov, qui a rédigé ce document de 29 pages portant sur la période du 6 juillet au 10 septembre correspondant à l'offensive menée par l'EI depuis la Syrie.

«L'étendue des violations et des abus perpétrés par l'EI et les groupes armés associés est stupéfiante, et nombre de ces actes pourraient être considérés comme des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité», affirme le Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Zeid Ra'ad al-Hussein.

Ces violations, «apparemment systématiques et étendues» perpétrées par l'EI et les groupes armés associés incluent «des attaques visant directement des civils et des infrastructures civiles, des exécutions et autres meurtres ciblés de civils, des enlèvements, des viols et d'autres formes d'abus sexuels et physiques contre des femmes et des enfants, le recrutement forcé d'enfants», note le rapport établi avec l'aide de la Mission des Nations Unies en Irak (UNAMI) et du bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme.

Les diverses ethnies et groupes religieux irakiens ont été «intentionnellement et systématiquement visés (...) pour les détruire et les éliminer des zones sous le contrôle de l'EI», affirme le rapport.

«Ce rapport est terrifiant», souligne M. Mladenov, qui indique que des centaines d'allégations sur des meurtres de civils n'ont pas été incluses parce qu'elles ne pouvaient être suffisamment vérifiées.

Le rapport relève également «les violations du droit humanitaire international par les forces gouvernementales irakiennes et les groupes armés affiliés», citant «les raids aériens et les bombardements d'artillerie» qui n'ont pas tenu compte des principes de distinction et proportionnalité établis par le droit humanitaire international.

Le rapport appelle le gouvernement irakien à adhérer au Statut de Rome ce qui permettrait à la Cour Pénale internationale (CPI) de poursuivre ces crimes, «précisément ce pour quoi elle a été créée».

Selon un bilan de l'UNAMI établi mercredi, au moins 9347 civils ont été tués en Irak en 2014 et 17 386 blessés, plus de la moitié de ces chiffres résultent de l'offensive lancée en juin par l'EI. L'ONU estime que plus 1,8 million d'Irakiens ont été déplacés suite à ces violences.

40 djihadistes et 17 membres des forces de sécurité tués

Au moins 40 djihadistes et 17 membres des forces de sécurité sont morts dans deux attaques du groupe État islamique (EI) contre des bases de l'armée et de la police dans l'ouest de l'Irak, ont affirmé jeudi des sources de sécurité et médicales.

Les djihadistes ont attaqué le quartier général de la police à Hit, tuant 11 policiers, et lancé un assaut contre une base militaire près de Ramadi, tuant 6 soldats. Vingt djihadistes ont été tués dans chacune des deux attaques, selon les mêmes sources.

Près de Ramadi (à 100 km à l'ouest de Bagdad), les djihadistes ont attaqué dans la nuit le quartier général de la 8e brigade sur trois fronts, selon le général Awad al-Doulaimi.

Deux voitures militaires piégées conduites par deux kamikazes ont d'abord explosé devant la base, créant une large brèche dans le mur, puis 13 kamikazes portant des ceintures explosives ont pris d'assaut le bâtiment, a-t-il ajouté.

«Nous avons tué le dernier à 5 h (22 h mercredi à Montréal) après de violents affrontements. Nous en avons également tué 7 qui arrivaient d'autres directions», selon lui.

Un médecin de l'Hôpital de Ramadi a indiqué avoir reçu les corps de trois membres des forces d'élite du contre-terrorisme, dont un colonel, et ceux de trois soldats.

À Hit, à 150 km à l'ouest de Bagdad, l'attaque a également commencé par l'explosion de deux voitures piégées, selon le colonel Jabbar el-Nimrawi. Vingt-cinq hommes armés ont ensuite tenté de prendre d'assaut le quartier général de la police, mais les forces de sécurité les ont repoussés, tuant 20 d'entre eux.

Les cinq autres, armés de fusil de précision, se sont réfugiés dans un bâtiment. Ils sont assiégés par des policiers, des soldats, des troupes d'élite du contre-terrorisme et des forces tribales sunnites, a indiqué à l'AFP M. Nimrawi.

Un médecin de l'hôpital de Hit a confirmé la mort de sept policiers et de quatre soldats dans les combats.

Ramadi et Hit sont parmi les dernières zones aux mains du gouvernement dans la province occidentale d'Al-Anbar, l'EI contrôlant la majorité des localités de cette région.

Certains secteurs de Ramadi et la totalité de la ville de Fallouja échappent au contrôle des autorités, mais le barrage de Haditha est aux mains du gouvernement, plusieurs frappes américaines ayant repoussé les combattants de l'EI.

Les forces pro-gouvernementales ont essuyé plusieurs défaites ces derniers jours dans la province, avec notamment une attaque au nord de Fallouja contre des bases militaires par les djihadistes qui progressaient à l'ouest en direction de Ramadi.

Selon des officiers irakiens, 240 soldats sont notamment pris au piège dans une base à Albu Aitha, avec très peu de nourriture et d'eau, juste à l'est de Ramadi.

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