Obama va dévoiler un plan anti-EI

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Des soldats de la force de sécurité kurde en poste dans la ville de Kalak, dans le nord de l'Irak.

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L'État islamique

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L'État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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W.G. Dunlop
Agence France-Presse
Barwana

Barack Obama s'apprête à lever le voile sur sa stratégie anti-djihadiste en Irak, où l'armée américaine a élargi dimanche sa zone de raids aériens contre l'État islamique (EI) en frappant pour la première fois l'ouest du pays.

Parallèlement, le Parlement irakien se réunit lundi pour accorder sa confiance au nouveau gouvernement de Haïdar al-Abadi.

Le président américain prévoit de son côté de présenter mercredi dans un discours un «plan d'action» -longtemps attendu- contre l'EI, qui ne comprendra pas l'envoi de troupes au sol. Dans un entretien à la chaîne NBC diffusé dimanche, il a prévenu qu'il n'entendait pas relancer «l'équivalent de la guerre en Irak».

«Il ne s'agit pas d'envoyer 100 000 soldats américains», a précisé M. Obama, qui veut rassurer l'opinion publique deux ans et demi après le retrait des troupes américaines d'Irak.

«Nous allons faire partie d'une coalition internationale en menant des frappes aériennes en soutien au travail sur le terrain par les troupes irakiennes et kurdes, a-t-il ajouté.

«Pas de temps à perdre» 

«Il n'y a pas de temps à perdre (...), l'heure est venue pour l'Amérique de montrer sa puissance et sa force», a-t-il souligné.

En fin de semaine lors du sommet de l'Otan au Pays de Galles, les Américains ont pu rallier de nombreux pays occidentaux et la Turquie à leur projet de coalition contre l'EI.

Les pays arabes ont eux aussi voulu montrer leur cohésion sur la question en s'accordant à «prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes», dont l'EI, «au plan politique, idéologique et sécuritaire», dimanche lors d'une réunion au Caire des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.

Les membres de l'organisation panarabe n'ont toutefois pas apporté de soutien explicite au projet de coalition international dessiné par les États-Unis contre l'EI, qui sème la terreur en Syrie et en Irak.

Le secrétaire d'État américain John Kerry est attendu prochainement au Moyen-Orient pour sonder les partenaires régionaux des États-Unis.

A Bagdad, le Parlement se réunit lundi pour voter la confiance à un gouvernement formé par le nouveau Premier ministre Haïdar al-Abadi et rassemblant toutes les composantes du pays, comme le souhaite la communauté internationale.

Sur le terrain, dans la foulée des toutes premières frappes américaines dans l'Ouest irakien effectuées dimanche dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar, les forces irakiennes appuyées par des tribus sunnites ont lancé une vaste offensive contre l'EI dans la région de Haditha, près d'un barrage vital sur l'Euphrate.

Jusque-là, les États-Unis avaient concentré leurs raids sur les positions de l'EI au nord de Bagdad, aidant l'armée appuyée par les combattants kurdes et les miliciens chiites à reprendre quelques secteurs à l'EI, principalement le barrage de Mossoul, le plus important du pays.

Ce groupe extrémiste sunnite, responsable d'atrocités en Irak mais aussi en Syrie voisine, avait pris dès janvier des secteurs de la province d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie, et s'était emparé de nouvelles régions à la faveur de son offensive lancée le 9 juin en Irak.

«A la demande du gouvernement irakien, les forces militaires américaines ont attaqué les terroristes de l'EI près de Haditha (...) en soutien aux forces de sécurité et aux tribus sunnites protégeant le barrage de Haditha», selon le Commandement central américain.

L'objectif était «d'empêcher les terroristes de menacer la sécurité du barrage», a-t-il ajouté, alors que l'EI a tenté maintes fois de s'emparer du barrage de Haditha, qui avec celui de Mossoul, sont vitaux pour la production d'électricité et l'irrigation dans le pays.

A la faveur de ces frappes, les forces armées «soutenues aussi par des raids aériens irakiens et des tribus ont lancé une offensive d'envergure autour de Haditha», a déclaré un porte-parole militaire.

Le gouverneur d'Al-Anbar, présent lors de cette offensive, a été blessé par des tirs d'obus, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Drapeau irakien hissé 

La force conjointe a réussi à reprendre la ville de Barwana, à l'est de Haditha, aux djihadistes qui ont laissé derrière armes et véhicules. L'armée a hissé le drapeau irakien sur le principal point de contrôle de la ville après avoir retiré celui de l'EI.

Dans le nord du pays, les combattants kurdes appuyés par des frappes américaines sont parvenus à reprendre cette semaine le mont Zardak, un site stratégique surplombant l'est de Mossoul, ville aux mains de l'EI, selon un responsable.

L'extension des frappes témoigne de la détermination des États-Unis à combattre l'EI, moins de trois ans après le départ des dernières troupes américaines du pays.

Outre ces raids, Washington a envoyé des armes aux forces kurdes et plus de 800 conseillers militaires et soldats pour aider l'armée et défendre le personnel américain.

C'est surtout la décapitation par l'EI de deux journalistes américains enlevés en Syrie -James Foley et Steven Sotloff- et la menace de tuer un otage britannique, filmées dans des vidéos, qui ont écoeuré la communauté internationale et l'ont poussée à agir plus rapidement.

La question d'une éventuelle intervention étrangère contre l'EI en Syrie, l'autre théatre de ses exactions, reste en suspens car les Occidentaux excluent pour le moment toute coopération avec le régime.

Ce groupe, responsable de multiples exactions -viols, exécutions, enlèvements- contre les habitants des régions qu'ils contrôlent, compte dans ses rangs des centaines de combattants européens et américains qui risquent d'exporter en Occident leurs actes de «terrorisme».




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