Dernière lettre de James Foley à sa famille

Un mémorial en l'honneur du journaliste américain, à... (PHOTO MARKO DROBNJAKOVIC, AP)

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Un mémorial en l'honneur du journaliste américain, à Erbil, au nord de la capitale irakienne, Bagdad, le 24 août.

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L'État islamique

International

L'État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
New York

Il était emprisonné avec 17 autres personnes dans une seule cellule, passait par des hauts et des bas : le journaliste américain James Foley a raconté, dans une émouvante lettre à sa famille, son quotidien d'otage, avant qu'il ne soit décapité.

Sur leur page Facebook Free James Foley, ses parents expliquent que toutes les lettres qu'il écrivait à sa famille durant sa captivité étaient confisquées par ses geôliers. En juin, le journaliste américain de 40 ans a donc demandé à un otage qui devait être libéré de mémoriser une lettre. Une fois libéré, celui-ci l'a dictée à la mère de James Foley, Diane.

James Foley y raconte des souvenirs d'enfants avec ses parents et ses frères et soeur, les remercie de prier pour lui, et leur demande de «rester forts».

«Nous avons été 18, détenus ensemble dans une cellule, ce qui m'a aidé», y «écrit» Foley, enlevé en novembre 2012 en Syrie. «Nous avons eu des discussions sans fin sur des films, des anecdotes, le sport», raconte-t-il.

Avec ce qu'ils trouvent dans leur cellule, les prisonniers bricolent des jeux de société. «Nous avons trouvé des moyens de jouer aux dames, aux échecs, à Risk» (un jeu de stratégie), raconte James Foley. Ils organisent même des tournois pour aider à passer le temps.

«Nous rions pour briser la tension», explique-t-il.

Il dit avoir «eu de bons jours et de mauvais jours».

Parfois un otage est libéré.

«Nous sommes tellement reconnaissants quand quelqu'un est libéré. Mais bien sûr, nous aspirons à notre propre libération. Nous essayons de nous encourager les uns les autres, et de partager de la force. Nous sommes maintenant mieux nourris, et tous les jours. Nous avons du thé, parfois du café. J'ai repris presque tout le poids que j'avais perdu l'an dernier».

«Je pense beaucoup à mes frères et soeur», raconte aussi Foley, qui évoque ensuite des souvenirs avec chacun d'entre eux. «Je me souviens de tellement de bons moments en famille, qui me font m'échapper de cette prison», dit-il aussi.

«Je sais que vous priez pour moi, et je suis tellement reconnaissant. Je prie pour que vous restiez forts et gardiez confiance», ajoute-t-il.

Ses derniers mots sont à l'adresse de sa grand-mère, à laquelle il demande de bien prendre ses médicaments.

«Prends tes médicaments, fais des marches, et continue à danser. J'ai l'intention de t'emmener chez Margarita quand je serai à la maison. Reste forte, parce que je vais avoir besoin de ton aide pour reprendre possession de ma vie», raconte encore Foley.

Le journaliste, qui travaillait pour le GlobalPOst de Boston lorsqu'il a disparu, a été décapité par l'État islamique, qui a posté les images de son exécution sur internet le 19 août.

Sa mort a suscité une émotion considérable en Occident.




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