Le premier ministre irakien juge nécessaire une solution politique

Jusque-là, le premier ministre Maliki disait vouloir régler... (PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, ARCHIVES AFP)

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Jusque-là, le premier ministre Maliki disait vouloir régler par la seule voie militaire la crise née de l'offensive fulgurante des djihadistes qui ont pris en quelques jours de larges pans de territoires au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad.

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Chaos en Irak

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Chaos en Irak

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EIIL ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mohamad Ali Harissi
Agence France-Presse
BAGDAD

Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a pour la première fois jugé nécessaire jeudi une solution politique qui irait de pair avec une action militaire pour faire face à l'offensive des insurgés sunnites qui menace le pays d'implosion.

M. Maliki, qui s'exprimait lors d'un entretien avec le chef de la diplomatie britannique William Hague, semble finalement acquiescer aux demandes internationales pour qui seul un gouvernement d'union peut aider le pays, miné par les divisions confessionnelles.

La visite de M. Hague à Bagdad est intervenue après celle de son homologue John Kerry, les États-Unis et leurs alliés s'employant depuis des jours à convaincre les dirigeants irakiens de tous bords de resserrer les rangs pour mettre en échec l'offensive lancée le 9 juin par des insurgés menés par les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

«Nous devons avancer sur deux voies parallèles, la première réside dans les opérations militaires contre les terroristes et la seconde dans la poursuite du processus politique avec la réunion du Parlement à la date prévue pour élire un chef du Parlement et un président, et la formation d'un gouvernement», a dit M. Maliki.

Jusque-là, il disait vouloir régler par la seule voix militaire la crise née de l'offensive fulgurante des jihadistes qui ont pris en quelques jours de larges pans de territoires.

Le Parlement a été convoqué le 1er juillet, selon un communiqué de la présidence irakienne.

Sur le terrain, après leur débandade aux premiers jours de l'offensive, les forces de sécurité, aidées de volontaires et de tribus, peinent toujours à repousser la progression des insurgés, malgré une réussite jeudi avec la prise, selon des responsables, de l'université de Tikrit.

Kerry vendredi en Arabie

Au pouvoir depuis 2006, M. Maliki, un chiite, est critiqué pour sa politique confessionnelle notamment sa marginalisation de la minorité sunnite qui a alimenté le conflit actuel.

Son bloc est arrivé en tête des législatives d'avril mais sans majorité, et depuis il ne parvient pas à former une coalition tant les divisions sont profondes.

Les déclarations de M. Maliki semblent trancher avec sa mise en garde la veille contre toute tentative de le marginaliser et sa dénonciation d'«un coup d'État à l'encontre de la Constitution et du processus politique».

A Bagdad, M. Hague a déclaré que «la priorité doit être la formation d'un gouvernement englobant toutes les communautés après les récentes élections législatives». «Il est vital de démontrer au monde que l'Irak est uni face à la menace. C'est le meilleur moyen d'obtenir le soutien de la communauté internationale», a-t-il dit.

Poursuivant sa mission sur l'Irak, M. Kerry s'est entretenu jeudi à Paris avec ses pairs de Jordanie, d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, pays majoritairement sunnites, de la crise irakienne et de la menace jihadiste. Il doit se rendre vendredi en Arabie saoudite.

L'EIIL, également engagé dans la guerre en Syrie, et qui cherche à créer un État islamique dans une zone à cheval entre les deux pays, y a renforcé jeudi sa présence à Boukamal, principale localité à la frontière irako-syrienne sise côté syrien.

Du côté irakien, avec ses «4.000 à 8.000» hommes, l'EIIL n'a jusqu'à maintenant progressé qu'en territoire sunnite et «cela sera beaucoup plus compliqué pour elle à mesure qu'elle se dirige vers Bagdad et le fief chiite», estime Rick Brennan, ancien conseiller de l'armée américaine en Irak et aujourd'hui analyste à la Rand.

La coalition menée par les jihadistes rassemble d'ex-officiers de l'armée de Saddam Hussein, des groupes salafistes et des éléments tribaux.

Barzani à Kirkouk

Depuis le 9 juin, les insurgés ont mis la main sur Mossoul, deuxième ville d'Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), de Tikrit et d'autres secteurs des provinces de Salaheddine (nord), Diyala (est), Kirkouk (nord), et Al-Anbar (ouest).

Devant le retrait de l'armée de Kirkouk et de crainte d'un assaut des insurgés, les forces kurdes ont ainsi pour la première fois pris le contrôle de cette ville disputée où s'est rendu jeudi le président de la région autonome du Kurdistan Massoud Barzani. Il y a assuré que les forces kurdes «feront tout pour défendre» la ville.

Parallèlement, après avoir mobilisé des milliers de ses partisans contre les insurgés, l'influent chef chiite Moqtada al-Sadr, un allié de l'Iran chiite, a promis de «faire trembler la terre sous les pieds de l'ignorance et de l'extrémisme».

Depuis Washington, la porte-parole du département d'État a estimé que l'Iran pouvait «jouer un rôle constructif» en Irak si Téhéran «agissait véritablement pour promouvoir un gouvernement inclusif» et non en défendant les seuls intérêts chiites.

L'offensive des insurgés a fait plus de 1000 morts et des centaines de milliers de déplacés, l'ONU avertissant que la crise mettait en péril la sécurité alimentaire du pays.

Jeudi, un attentat suicide contre un quartier chiite de Bagdad a fait au moins 19 morts.




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