Oscar Pistorius, un homme «brisé», devant la justice

Oscar Pistorius, en juin, à la cour.... (Photo Phill Magakoe, archives Associated Press)

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Oscar Pistorius, en juin, à la cour.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Susan NJANJI
Agence France-Presse
PRETORIA

Oscar Pistorius, qui a tué sa petite amie en 2013, est un homme « brisé » en pleine dépression et devrait être hospitalisé, a estimé un psychologue appelé par la défense lundi, au début d'une semaine clé au terme de laquelle la justice déterminera la peine du champion sud-africain.

Reconnu coupable du meurtre de la jeune mannequin Reeva Steenkamp dans la nuit de la Saint-Valentin 2013, l'ancien athlète amputé des deux jambes risque en théorie une peine de quinze ans de prison minimum.

« Il a montré des signes et a fait état de symptômes de troubles post-traumatiques, d'anxiété et de dépression », a déclaré lundi le psychologue Jonathan Scholtz devant la Haute Cour de Pretoria et en présence d'Oscar Pistorius, la tête enfouie dans des mains.

Il est « brisé » psychologiquement, a affirmé Jonathan Scholtz, premier témoin appelé à la barre. « Il n'est pas capable de témoigner. Son état de santé est grave » et il « requiert une hospitalisation », a-t-il ajouté, décrivant un homme « vulnérable et anxieux ».

« Oscar Pistorius préfère donner sa version à la télévision que devant le tribunal », a réagi le procureur Gerrie Nel, faisant référence à un entretien donné par l'ex-athlète à la chaîne britannique ITV et qui sera diffusé le 24 juin.

Retourner en prison aurait « un effet négatif sur sa personne, compte tenu de son état de santé et de ses remords », a cependant souligné Jonathan Scholtz.

La défense et l'accusation doivent présenter cette semaine leurs arguments devant la justice, qui fixera ensuite la peine d'Oscar Pistorius.

Le jeune homme de 29 ans, amaigri et vêtu d'un costume sombre est arrivé à la Haute Cour de Pretoria, au milieu d'une nuée de caméras. Son père Henke Pistorius, avec qui il entretient des relations difficiles, a aussi fait le déplacement.

À l'extérieur du tribunal, une vingtaine de partisans d'Oscar Pistorius avaient bravé la pluie et le froid pour soutenir leur héros. « Il mérite qu'on lui donne une seconde chance dans la vie », a estimé Tokelo Africa. « Préjugé dès le premier jour  , violation des droits de l'homme », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par des manifestants.

Conscience de tuer

En première instance, Oscar Pistorius avait été condamné à cinq ans de prison pour « homicide involontaire ».

Le parquet a fait appel et avait obtenu sa condamnation pour meurtre. Pour l'accusation, il ne fait aucun doute qu'Oscar Pistorius a cherché à tuer en tirant quatre balles de gros calibre à hauteur d'homme dans la porte de l'étroit cabinet de toilette où se trouvait sa victime.

Que Pistorius affirme qu'il ne visait pas Reeva, mais croyait tirer sur un cambrioleur introduit en pleine nuit dans sa propriété ne change rien à l'affaire, selon le procureur. En ouvrant le feu, il avait clairement conscience qu'il pouvait tuer un être humain.

Au terme de sa première condamnation, l'ex-sportif a déjà purgé un an de prison avant d'être placé aux arrêts domiciliaires.

Reconnu désormais coupable de meurtre, il attend de connaître sa peine. Oscar Pistorius devra cette fois effectuer au minimum les deux tiers de sa peine avant de pouvoir faire une demande de libération conditionnelle.

Les juristes tablent sur huit à douze ans de prison, compte tenu des contraintes de son handicap.

Le parquet, de son côté, voudrait une application stricte du Code pénal : « Lorsque le meurtre n'est pas prémédité et qu'il s'agit d'une première condamnation, la loi prévoit un minimum de 15 ans », a expliqué un représentant du parquet, Luvuyo Mfaku.

L'audience est programmée pour la semaine. « Je pense que les deux parties vont présenter leurs arguments en trois jours. Il est possible ensuite que la juge ajourne l'audience de jeudi et revienne vendredi avec une sentence », a confié à l'AFP un avocat proche du dossier.

C'est la juge qui avait rendu le verdict en première instance, Thokozile Masipa, qui présidait l'audience lundi. Elle avait été vertement critiquée pour la légèreté de la peine infligée à l'ancien athlète.

Surnommé « Blade Runner » (« le coureur aux lames ») en raison de ses prothèses de course en carbone en forme de pattes de félin, Pistorius était devenu mondialement célèbre pour avoir participé aux jeux Olympiques de Londres 2012 avec les valides.

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