Pistorius condamné à 5 ans de prison

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Oscar Pistorius quitte le tribunal de Pretoria à bord d'un fourgon de la police devant le conduire en prison, le 21 octobre.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Christophe BEAUDUFE, Stéphanie FINDLAY
Agence France-Presse
PRETORIA

À l'issue du plus retentissant procès de l'histoire de la jeune démocratie sud-africaine, le champion paralympique Oscar Pistorius a été condamné mardi à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie en 2013, et immédiatement incarcéré à Pretoria.

En septembre, il avait a été reconnu coupable d'«homicide involontaire» pour avoir abattu la top model Reeva Steenkamp de quatre balles tirées à travers une porte de toilettes, dans la nuit de la Saint-Valentin 2013.

À l'énoncé de sa peine, le jeune homme de 27 ans est resté prostré, tête basse, comme s'il s'attendait à la punition. Puis il a été transféré à la prison de Kgosi Mampuru à Pretoria, où il a tout de suite été placé en cellule.

À la sortie du tribunal, l'une des avocates de Pistorius, Roxanne Adams, a cependant estimé que son client pourrait ne passer que 10 mois derrière les barreaux, soit le sixième de sa peine comme le permet la loi sud-africaine, avant d'être libéré et placé aux arrêts domiciliaires.

En refermant la porte derrière lui, son gardien a clos une affaire hors-norme, qui a mobilisé des centaines de journalistes du monde entier et passionné l'opinion, qui a pu suivre l'intégralité du procès en direct à la télévision.

Surnommé «Blade Runner» («le coureur aux lames»), plusieurs fois médaillé paralympique, Pistorius s'était transformé en icône mondiale en devenant le premier double amputé à participer aux Jeux olympiques avec les valides, en 2012 à Londres.

Contrairement au verdict d'«homicide involontaire», qui avait été critiqué - notamment par la famille de la victime -, la peine infligée à Pistorius semblait mardi faire l'unanimité. Les deux familles, les Pistorius et les Steenkamp, l'ont acceptée. Et les juristes contactés par l'AFP l'ont commentée positivement.

«Nous acceptons le jugement», a déclaré Arnold Pistorius, l'oncle du sportif, au nom de la famille : «Oscar saisira cette opportunité pour payer sa dette à la société (...) Nous, sa famille, sommes prêts à le soutenir et à le guider pendant qu'il purgera sa peine».

À la sortie des Steenkamp, les journalistes ont vu, pour la première fois depuis longtemps, un sourire sur le visage de June Steenkamp, la mère de Reeva, qui a assisté à l'intégralité du procès.

«Ils pensent que c'est correct, ils sont satisfaits de la sentence», a déclaré l'avocat des parents.

«J'espère que cette sentence permettra une sorte de conclusion pour la famille (Steenkamp), et qu'elle leur permettra d'avancer dans leur vie», avait dit la juge avant de prononcer la peine.

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Oscar Pistorius

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Banni des JO-2016

«C'est un verdict à la mesure du crime», a estimé l'avocat de Johannesburg David Dadic. «Elle devait lui donner une peine de prison pour envoyer un message clair, pour que l'on comprenne que commettre une telle faute ne peut pas rester sans conséquence. Une peine de substitution ou avec sursis n'aurait pas envoyé le même message».

Le procureur, conscient que le procès était télévisé en direct et suivi avec passion par des millions de Sud-Africains, avait insisté dans son réquisitoire sur la nécessité d'une peine exemplaire, dans un pays miné par la criminalité.

Pour décider de la peine, Mme Masipa a pris en compte les circonstances de la tragédie. Certes, Pistorius affirme qu'il pensait tirer sur un cambrioleur, mais «il savait que les toilettes étaient un espace réduit et qu'il n'y avait aucun moyen de s'échapper pour la personne derrière la porte», a-t-elle dit.

La poursuite hésitait mardi à faire appel du verdict. «Nous étions déçus par le verdict d'homicide involontaire», a admis le porte-parole du parquet national Nathi Mncube. «Nous n'avons pas décidé si nous allons faire appel ou non. Nous avons 14 jours pour analyser la loi et nous voulons être certains que les faits et le droit nous permettent de faire appel».

La juge a clairement rejeté les arguments de la défense sur la vulnérabilité de l'accusé, et sur l'impossibilité d'emprisonner un homme amputé des deux jambes. Les prisons sud-africaines, a-t-elle affirmé, sont en mesure de recevoir Oscar Pistorius.

Par ailleurs, le Comité paralympique international (CPI) a fait savoir que le sportif, même s'il sortait de prison avant les cinq ans, ne pourrait pas participer aux prochains Jeux olympiques de Rio : «Il ne pourra participer à aucune compétition durant cinq ans, c'est-à-dire l'intégralité de la peine à laquelle il a été condamnée», a indiqué à l'AFP en Allemagne le porte-parole du CPI (comité paralympique international), Craig Spence.

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