Pistorius était «brisé» après avoir tué sa petite amie

Oscar Pistorius (à droite) est consolé par son... (PHOTO IHSAAN HAFFEJEE, AP)

Agrandir

Oscar Pistorius (à droite) est consolé par son frère Carl, lundi au tribunal de Pretoria.

PHOTO IHSAAN HAFFEJEE, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Agence France-Presse
PRETORIA

Le champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius était «brisé» après avoir tué sa petite amie, ont témoigné deux personnes présentes immédiatement après le drame en février 2013, à la reprise lundi du procès pour meurtre du sportif après deux semaines d'interruption.

Johan Stander, gérant de la résidence fortifiée de la banlieue de Pretoria où habitait l'athlète, est la première personne qu'il a appelée après avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp, au matin de la Saint-Valentin.

M. Stander faisait partie de la longue liste de témoins de l'accusation, mais il n'a pas été appelé à la barre. C'est finalement la défense qui l'a cité lundi.

Très ému, il a dit avoir reçu un appel du sportif à 3 h 18 le matin du meurtre : «Oom (oncle) Johan, s'il te plaît, s'il te plaît, vient chez moi, j'ai tiré sur Reeva, je croyais que c'était un intrus!»

Accouru sur les lieux avec sa fille Carice Viljoen, il dit être entré chez Oscar Pistorius par la porte entrouverte. «Nous avons vu M. Pistorius descendre les escaliers avec Reeva dans ses bras. (...) M. Pistorius a eu l'air soulagé quand il nous a vus.»

Il était en larmes, demandant de l'aide pour emmener sa victime à l'hôpital, a témoigné Johan Stander. «Il criait, il pleurait, il priait...»

«L'expression de son visage, une expression de tristesse, une expression de douleur, il pleure, il prie. (...) C'est comme s'il était déchiré... brisé, désespéré, implorant...»

«Il fallait voir comment il implorait Dieu pour qu'elle reste en vie!», a ajouté le témoin.



«Que Dieu sauve sa vie»

«Il priait juste pour que Dieu sauve sa vie, et il parlait à Reeva, l'implorant de rester avec lui», a ajouté sa fille Carice Viljoen un peu plus tard. «Il disait : "Reste avec moi mon amour, reste avec moi!"»

Selon l'autopsie, Reeva Steenkamp a été tuée sur le coup par l'une des quatre balles tirées par l'athlète à travers la porte des toilettes où elle se trouvait, qui l'a atteinte à la tête.

«Il m'a juste regardée, et m'a dit : "Je croyais que c'était un intrus"», a-t-elle noté, ajoutant qu'elle n'a pas demandé à Pistorius ce qui était arrivé, car ils essayaient de sauver la vie de Reeva.

Racontant la scène, Mme Viljoen a éclaté en sanglots. Elle a cru, dit-elle, que l'athlète allait se suicider, quand il est allé chercher la carte d'identité de la victime pour l'identifier après l'arrivée des secours.

Contrairement à d'autres témoins qui disent avoir entendu une femme - qui serait Reeva, effrayée face à son assassin -, elle dit avoir entendu un homme - Pistorius - crier au moment du drame.

«La voix que j'ai entendue, je suis sûre, m'a paru être une voix d'homme», a dit une Carice Viljoen émotive, étayant la thèse de la défense selon qui seul Pistorius a appelé à l'aide.

Oscar Pistorius, 27 ans, risque une peine incompressible de vingt-cinq ans de prison s'il est reconnu coupable de l'assassinat de Reeva Steenkamp, une mannequin de 29 ans qu'il connaissait depuis trois mois quand il l'a abattue à 3 h 17 le 14 février 2013.

Le procureur Gerrie Nel pense que le jeune couple - dont la relation était déjà passablement agitée - se disputait encore, qu'elle voulait rentrer chez elle et que Pistorius l'a poursuivie. C'est en toute conscience, pense-t-il, que l'athlète a tiré quatre balles super-puissantes sur la porte des toilettes dans lesquelles elle s'était réfugiée pour échapper à sa colère.

Oscar Pistorius a d'abord affirmé qu'il avait tiré sur un intrus, avant de dire qu'il avait simplement fait feu sur la porte des toilettes sans réfléchir, sous le coup de la panique.

Le tribunal de Pretoria s'est pour le moment donné jusqu'au 16 mai pour en finir avec cette longue série d'audiences qui tiennent l'Afrique du Sud en haleine depuis le 3 mars. Mais une nouvelle prolongation n'est pas à exclure, d'autant que l'accusation pourrait appeler de nouveaux témoins.

Le verdict ne sera pas prononcé immédiatement après la fin de ces audiences. Le procureur Gerrie Nel et l'avocat Barry Roux devront ensuite transmettre leurs conclusions écrites à la juge Thokozile Masipa. Celle-ci pourrait ensuite prendre plusieurs semaines avant de rendre une décision.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer