Le procureur malmène Pistorius

Publicité

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Claudine RENAUD, Stéphanie FINDLAY
Agence France-Presse
PRETORIA

Féroce, grondant qu'il était temps qu'Oscar Pistorius assume son crime et dise la vérité, le procureur sud-africain Gerrie Nel s'est déchaîné mercredi contre le champion handicapé, qui a maintenu que la mort de sa petite amie était «une terrible erreur».

«Non madame, je n'avais pas l'intention de tuer Reeva, ni personne d'autre», a assuré à la juge l'athlète de 27 ans, à l'issue d'une déposition laborieuse entamée lundi, entrecoupée de sanglots, mais sous le contrôle de son avocat, rompu à l'exercice.

Après une brève interruption, la parole est passée au procureur.

En un instant, le ton et l'ambiance ont changé. «S'il vous plaît, M. Pistorius, répondez aux questions, n'essayez pas de contester ou vous aurez des problèmes!», a tonné le procureur, avant de l'accuser de «mentir», d'avoir «répété» à l'avance ses réponses, de les calculer et d'éluder les questions gênantes.

Le sportif, qui se présentait la veille encore comme un garçon rangé, est apparu sous un tout autre jour sur une vidéo amateur projetée au tribunal. On y voit l'idole de millions de sportifs et de handicapés dans le monde s'exercer au tir, fusil en joue, éclater une pastèque d'un coup de feu, puis commenter : «C'est plus mou qu'un cerveau humain (...)».

M. Nel s'est alors tourné vers Oscar Pistorius, accusé de meurtre prémédité de Reeva Steenkamp le 14 février 2013, mais aussi d'infraction à la législation sur le port d'arme.

«(...) Vous voyez l'impact que cette munition a eu sur la pastèque? Elle a explosé, n'est-ce pas?», a-t-il lancé, Pistorius acquiesçant. «Vous savez que c'est la même chose qui est arrivée à la tête de Reeva, elle a explosé, regardez... Je vais vous montrer».

«M. Pistorius, cela a eu exactement le même effet, la balle qui lui est rentrée dans la tête!», a-t-il fulminé. «C'est ça, regardez! Je sais que vous ne voulez pas, car vous n'avez pas envie d'assumer vos responsabilités, mais il est temps de regarder ça, d'assumer ce que vous avez fait!», a-t-il ajouté, faisant projeter la photo de la tête blonde ensanglantée de la victime.

Tout rouge, Pistorius s'est défendu, balbutiant en larmes qu'il ne voulait pas revoir une image qui le tourmente. «Je n'ai pas besoin de voir la photo, j'y étais», a-t-il craqué, bouleversé, se prenant la tête entre les mains.



«Tout ce que j'ai signé est la vérité»

Lundi, il avait expliqué qu'il n'en dormait plus la nuit, hanté par «l'odeur du sang» et prenant des antidépresseurs pour tenir depuis le drame qui a stoppé net sa carrière, à l'apogée après une participation héroïque aux Jeux olympiques de Londres avec les valides.

«M. Pistorius, vous êtes d'accord que vous êtes toujours l'une des personnalités les plus connues au monde (...) un modèle pour les sportifs partout dans le monde, valides et handicapés», avait entamé le procureur.

«Je pense que je l'étais. J'ai fait une terrible erreur», a acquiescé Pistorius.

C'est là que le procureur est sorti de ses gonds. «Vous avez fait une erreur?! (silence) Vous avez tué quelqu'un, c'est ce que vous avez fait. (silence) Et vous ne voudriez pas prendre la responsabilité de cet acte?»

«Si, madame la juge», a répondu Pistorius d'une voix cassée.

«Dites oui, j'ai tiré sur Reeva Steenkamp et je l'ai tuée», a tonné le procureur. «Oui, je l'ai fait, madame la juge».

Le procureur a ensuite repris d'un ton rogue, fouillant dans les contradictions du sportif, lui faisant admettre des ajouts de détails à sa déposition «créés» a posteriori après lecture du dossier.

Pourquoi Pistorius disait-il l'an dernier être sorti sur son balcon et avoir entendu le fameux cambrioleur qu'il a crû affronter ensuite? Pourquoi affirme-t-il aujourd'hui qu'il n'a jamais été sur le balcon? Comment explique-t-il que l'un des ventilateurs qu'il dit avoir mis en marche n'était pas branché lorsque la police a pris des photos de la scène du crime?

Le sportif a protesté de sa sincérité : «Tout ce que j'ai signé est la vérité» tout en concédant avoir «reprécisé» sa version des faits.

Le procureur lui a ensuite demandé sur tous les tons si «les coups de feu étaient partis par accident, oui ou non ?»

Réponses de Pistorius : «J'ai tiré par peur», «J'ai tiré avant de réfléchir», «Je n'ai pas eu le temps de réfléchir à ce que je faisais», «J'avais l'arme, le doigt sur la gâchette, c'est un accident qui est arrivé». Sans jamais admettre l'intention homicide qui pourrait lui coûter 25 ans de prison.




la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer