Ennahda renonce aux ministères régaliens

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«Nous confirmons la «neutralisation» des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l'Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques», a déclaré Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda

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La Tunisie après Ben Ali
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Notre dossier sur la crise politique et sociale en Tunisie. »

Antoine LAMBROSCHINI
Agence France-Presse
Tunis

Les islamistes tunisiens d'Ennahda ont annoncé mercredi céder les ministères régaliens à des indépendants, acceptant une revendication clé de la classe politique et ouvrant la voie à la mise en place d'un nouveau gouvernement pour sortir le pays d'une profonde crise.

«Nous confirmons la «neutralisation» des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l'Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques», a déclaré Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, à l'antenne de la radio privée Kalima, prédisant que le cabinet pourrait être formé «à la fin de la semaine».

Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le quatrième, celui de la Défense, est contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, en fonction depuis janvier 2011 et la révolution qui a fait chuter le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Le parti islamiste, après avoir longtemps résisté, cède ainsi à une revendication de la quasi-totalité de l'opposition et de ses partenaires laïques au gouvernement, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki.

«Nous voyons que c'est dans l'intérêt de la Tunisie que le gouvernement, dans la période transitoire et pour la période à venir, réunisse les islamistes et les laïcs (...) même si nous sommes majoritaires», a encore dit M. Ghannouchi.

Il a indiqué, qu'outre l'alliance en place depuis fin 2011, le mouvement Wafa - formé de dissidents du CPR - le bloc parlementaire Liberté et Dignité - de tendance islamiste - et l'Alliance démocratique - composé de dissidents d'un parti d'opposition - pourraient rejoindre le futur cabinet.

Mais selon Mohamed Bennour, le porte-parole d'Ettakatol, cette concession positive ne signifie pas qu'un compromis a été trouvé «sur les noms des ministres», jugeant dès lors peu probable que les pourparlers aboutissent avant «le milieu de la semaine prochaine» d'autant que «la question des autres ministères» reste en suspens.

Autre difficulté, le Wafa, un des rares partis à s'opposer à l'indépendance des portefeuilles régaliens, s'est emporté contre l'annonce de M. Ghannouchi.

«Ennahda a annoncé la neutralité des ministères clés et nous sommes étonnés d'apprendre ça par les médias alors que nous sommes en négociations avec eux!», a dénoncé un responsable du parti, Rabiî Al Abdi, à la radio Shems-FM.

L'actuel ministre de l'Intérieur, l'islamiste Ali Larayedh, a été chargé la semaine dernière de former un nouveau gouvernement après la démission d'Hamadi Jebali face aux refus d'Ennahda de constituer un cabinet de technocrates.

Ce dernier avait avancé cette idée le 6 février, jour de l'assassinat de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, estimant qu'il s'agissait du seul moyen pour sortir la Tunisie de la paralysie politique et de juguler l'essor de la violence.

M. Larayedh, qui a promis un gouvernement pour «tous les Tunisiens et Tunisiennes» lors de sa nomination, a multiplié les consultations, mais ne s'est pas exprimé sur leurs avancées. Il a jusqu'au 8 mars pour former son cabinet et son programme.

Avec 89 députés, Ennahda peut réunir assez facilement la majorité nécessaire de 109 élus sur 217 à l'Assemblée nationale constituante (ANC), mais il doit trouver un soutien bien plus large pour pouvoir prétendre à sortir la Tunisie de sa crise.

Car si l'assassinat de Chokri Belaïd a fait imploser le gouvernement sortant, cela fait des mois que la vie politique est paralysée.

La Constitution est dans l'impasse faute d'accord sur la nature du régime politique, bloquant l'organisation de nouvelles élections. Or l'adoption de la loi fondamentale nécessite une majorité des deux tiers à l'ANC.

La Tunisie est aussi confrontée à des troubles sociaux et à l'essor d'une mouvance salafiste violente, qui selon les autorités, a assassiné Chokri Belaïd.

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