Tunisie: des heurts entre manifestants et policiers font 200 blessés

Des violences éclatent régulièrement en Tunisie entre les... (PHOTO FETHI BELAID, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Des violences éclatent régulièrement en Tunisie entre les forces de l'ordre et des manifestants excédés par la pauvreté, en particulier dans l'intérieur du pays où le taux de chômage, notamment celui des jeunes, est très élevé.

PHOTO FETHI BELAID, ARCHIVES AFP

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les soulèvements populaires en Afrique. »

Maher Hamassi
Agence France-Presse
Siliana, Tunisie

Près de 200 personnes ont été blessées mercredi au deuxième jour de violences entre manifestants et forces de l'ordre tunisiennes à Siliana, ville déshéritée au sud-ouest de Tunis, où les autorités ne semblaient pas en mesure de ramener le calme.

 

Les blessés souffrent d'impacts de munitions non létaux, de contusions, de fractures et de coupures, a indiqué un médecin urgentiste de l'hôpital de Siliana interrogé par un journaliste de l'AFP.

Un correspondant de la chaîne d'information France 24, David Thomson, et son collègue tunisien ont été touchés par des tirs de la police, a-t-il indiqué à l'AFP. Leurs jours ne sont pas en danger et les deux hommes étaient traités aux urgences.

Plusieurs blessés, touchés aux yeux, ont dû être transférés à Tunis à la clinique ophtalmologique.

Les tensions étaient accrues par des rumeurs faisant état de manifestants tués. Les sources hospitalières et policières interrogées par l'AFP sur place ont démenti dans l'immédiat tout décès.

Malgré des appels répétés, le ministère tunisien de l'Intérieur se refusait à tout commentaire sur ces affrontements. Il n'a pas non plus dressé de bilan.

Le service des urgences était pourtant visiblement débordé, et des proches des victimes s'y étaient rassemblés pour manifester leur colère. «Nous allons brûler la ville», criait un homme dont le fils figure parmi les blessés.

Plusieurs blindés de la garde nationale ont été déployés, selon le journaliste de l'AFP.

Comme la veille, des manifestants ont bloqué des rues. Des axes de Siliana ont ainsi été barricadés notamment par des piles de pneus enflammés.

En milieu d'après-midi, les affrontements ne faiblissaient pas entre la foule armée de pierres et les policiers. D'épais nuages de gaz lacrymogènes étaient visibles dans la ville.

Des milliers de manifestants s'étaient rassemblés à partir de 9 h GMT (4 h à Montréal) mercredi devant les locaux du gouvernorat (préfecture) de Siliana.

Ils réclament notamment le départ du gouverneur, la libération de personnes détenues depuis avril 2011 et des aides économiques et sociales à cette ville déshéritée, comme l'essentiel des provinces de l'intérieur de la Tunisie.

«Les habitants de Siliana les plus touchés par la pauvreté ne se mettront jamais à genoux», a déclaré le secrétaire général du bureau régional de la centrale syndicale UGTT, Néjib Sebti, affirmant qu'ils étaient «prêts à mourir pour leurs droits».

Le gouvernement appelé à sortir de son mutisme

L'UGTT a pour sa part dénoncé dans un communiqué «la répression des manifestations pacifiques» et appelé «le gouvernement à sortir de son mutisme, à intervenir d'urgence pour faire cesser la répression». Le syndicat a aussi appelé à poursuivre la contestation.

Quelque 200 personnes ont aussi manifesté à Tunis en soutien aux habitants de Siliana.

Le cabinet du premier ministre s'est dit mercredi préoccupé par «les protestations dans les lieux publics du gouvernorat de Siliana».

Il a aussi regretté, dans ce communiqué laconique, «l'utilisation de la violence contre les forces de l'ordre, l'agression des sièges de la souveraineté et la tentative d'endommager les biens publics».

La région de Siliana est très affectée par ses difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5 % et les créations d'emplois de 66 % sur la période janvier-octobre 2012, par rapport à la même époque de l'année précédente.

Des violences éclatent régulièrement en Tunisie entre les forces de l'ordre et des manifestants excédés par la pauvreté, en particulier dans l'intérieur du pays où le taux de chômage, notamment celui des jeunes, est très élevé.

Les revendications économico-sociales étaient au coeur des causes de la révolution tunisienne et les lenteurs de la reprise économique ont nourri les tensions.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer