Celui qui avait prévu Sandy a été inondé lui aussi

Un stationnement d'une entreprise de taxis d'Hoboken, au... (PHOTO CHARLES SYKES, ARCHIVES AP)

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Un stationnement d'une entreprise de taxis d'Hoboken, au New Jersey, est complètement inondé, le 30 octobre.

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La tempête Sandy

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La tempête Sandy

La côte est américaine a été frappée de plein fouet par l'ouragan Sandy, rétrogradée depuis au rang de tempête tropicale. Sandy qui doit rencontrer, mercredi, une tempête hivernale précoce venant de l'ouest et des rafales de vent arctique pourrait donner naissance le jour de l'Halloween à une supertempête que les météorologues et les médias ont baptisée «Frankenstorm». »

Métro et tunnels inondés, dommages atteignant des dizaines de milliards de dollars, ville paralysée: la lecture du rapport de Klaus Jacob est troublante, puisqu'il est paru en novembre 2011, soit un an avant que l'ouragan Sandy ne frappe New York.

M. Jacob, professeur à l'Université Columbia, sismologue devenu spécialiste de la gestion des risques, est l'un des principaux auteurs d'un volumineux rapport sur les impacts des changements climatiques dans l'État de New York.

Il avait prévu les conséquences d'un ouragan comme Sandy, mais il en a tout de même été victime.

La Presse l'a joint par téléphone chez lui à Piermont, village au bord de l'Hudson, à 35 km de Manhattan. Sa maison a été inondée. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de la protéger.

«En 2003, j'ai voulu la surélever, mais la réglementation limite la hauteur des maisons à 25 pieds, dit-il. Maintenant, il semble y avoir une volonté de changer cela. Ce n'est pas formellement accepté, mais j'en ai parlé au maire.»

Selon M. Jacob, sa situation illustre bien celle à laquelle fait face la région de New York dans son ensemble. «Cela m'aurait coûté moins cher de faire mes travaux en 2003, dit-il. Là, en plus, je dois réparer les dégâts. J'ai besoin d'un nouveau plancher et de refaire l'électricité et une partie des murs.»

«Les complications vont se multiplier à l'avenir, parce que le niveau de la mer augmente, dit-il. Si la mer est plus haute, une tempête moins importante que Sandy peut faire autant de dommages. Et en 2100, par une belle journée ensoleillée, il y aura autant d'eau autour de Manhattan qu'il y en a eu avec Sandy

«Tout le monde est dans le nettoyage actuellement, y compris moi, mais le vrai travail de tenir compte de cette nouvelle situation ne fait que commencer. Les gens veulent retourner là où ils étaient, ce qui est normal, mais ce n'est pas la meilleure réponse, compte tenu de ce qu'on sait.»

Y a-t-il une façon de s'adapter? «On parle de construire une barrière, comme Londres ou Venise, mais je suis sceptique, dit-il. Cela peut marcher pendant quelques décennies, mais comme l'océan continue de monter, il y aura un moment où il passera par-dessus. Et dans l'intervalle, vous maintenez un faux sentiment de sécurité.»

Est-il trop tard pour ralentir le phénomène? «Même si on avait un accord de type Kyoto, le niveau des océans va continuer d'augmenter pour au moins 500 ans. Le fusil est déjà chargé.»

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