La Corée du Nord revendique l'essai réussi d'une bombe à hydrogène

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Dans cette photo publiée le 3 septembre par l'agence de presse centrale nord-coréenne, le leader Kim Jong-un visite un centre de développement d'armes nucléaires dont le lieu n'a pas été divulgué.

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Sebastien BERGER
Agence France-Presse
SÉOUL

La Corée du Nord a réalisé dimanche son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, affirmant avoir testé une bombe à hydrogène, un nouveau défi pour Donald Trump et la communauté internationale.

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La présentatrice de la télévision publique nord-coréenne Ri Chun-Hee a annoncé sur un ton jubilatoire « le test de la bombe à hydrogène » qui a été « une réussite parfaite ».

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Pékin, Moscou, Tokyo, Séoul et Paris n'ont pas tardé à condamner cette nouvelle violation de multiples résolutions de l'ONU exigeant la fin des programmes nucléaire et balistique nord-coréens. La Russie a ajouté un appel au calme. Le président sud-coréen Moon Jae-in a demandé contre Pyongyang la « punition la plus forte » y compris des sanctions de l'ONU.

Les agences géologiques étrangères ont d'abord détecté une secousse sismique d'une magnitude de 6,3 près du principal site nord-coréen d'essais nucléaires, à Punggye-Ri dans le nord-est.

Tokyo a confirmé peu après qu'il s'agissait d'un essai nucléaire. Et quelques heures plus tard, une présentatrice de la télévision publique nord-coréenne a annoncé sur un ton jubilatoire « le test de la bombe à hydrogène » qui a été « une réussite parfaite ».

La bombe « d'une puissance sans précédent » marque « une occasion très importante, le fait d'atteindre le but final qui est de parachever la force nucléaire de l'État », a-t-elle ajouté.

La télévision d'État a diffusé une image de l'ordre manuscrit de Kim Jong-un demandant que l'essai soit conduit ce 3 septembre à midi.

Quelques heures auparavant, le Nord avait publié d'autres photos montrant le dirigeant nord-coréen inspectant ce qui était présenté comme une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose le régime nord-coréen.

Beaucoup plus puissante

Les bombes H sont beaucoup plus puissantes que les bombes atomiques classiques que la Corée du Nord a déjà testé.

Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance de la nouvelle secousse était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai de septembre 2016. La Corée du Nord avait alors fait exploser une bombe de 10 kilotonnes.

Quelle que soit la puissance de la déflagration, Jeffrey Lewis, du site armscontrolwonk.com, a estimé qu'il s'agissait d'une arme thermonucléaire, ce qui constitue un progrès notoire dans les programmes nucléaire et balistique nord-coréens pourtant interdits par la communauté internationale.

Un séisme d'une magnitude 4,6 a également secoué la Corée du Nord moins de dix minutes après la première secousse, a indiqué le Centre chinois de surveillance sismologique. Il a avancé l'hypothèse d'un « affaissement », ce qui suggère que la déflagration pourrait avoir entraîné un effondrement de la roche située au-dessus du lieu de l'explosion.

La Corée du Nord n'a jamais caché que ses programmes interdits avaient pour but de mettre au point des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

Elle se dit acculée à cette stratégie militariste par la menace que constitue pour sa survie l'arsenal américain.

« Désastre »

Cet essai ne manquera pas d'aggraver des tensions déjà très fortes sur la péninsule.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dénoncé l'essai, mené « au mépris complet des demandes répétées de la communauté internationale ».

Le Conseil de sécurité de l'ONU a d'ores et déjà infligé sept trains de sanctions au Nord pour tenter de le contraindre à renoncer à ses programmes interdits.

Dimanche, la secousse sismique générée par l'explosion a été ressentie dans des régions du nord-est de la Chine, frontalières de la Corée du Nord, selon des médias officiels chinois et des internautes locaux qui faisaient part de leurs inquiétudes.

« En effectuant ce test, [Pyongyang] sème le désastre, c'est une marche pas à pas vers la guerre ou la destruction », dénonçait un internaute en Chine.

« Le feu et la colère »

La situation sur la péninsule s'était déjà tendue en juillet quand Pyongyang avait procédé à deux essais réussis d'un missile balistique intercontinental ou ICBM, le Hwasong-14, censé mettre le territoire américain à portée de frappes nord-coréennes.

L'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a expliqué dimanche, avant l'annonce du nouvel essai, que le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un avait inspecté une bombe H miniaturisée pouvant être montée sur un missile à l'occasion d'une visite à l'Institut des armes nucléaires du régime nord-coréen.

L'engin est « une bombe thermonucléaire d'une très grande puissance fabriquée par nos efforts et notre technologie », ajoute KCNA. M. Kim a souligné que « tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100 % nationalement », selon l'agence.

Des photographies montrent M. Kim vêtu de noir en train d'examiner un engin métallique présenté par KCNA comme étant une bombe H.

Des analystes étrangers avaient émis des doutes sur la capacité de Pyongyang à fabriquer une bombe H et la miniaturiser suffisamment pour pouvoir l'installer sur un missile.

Pyongyang vient de menacer de tirer des missiles près de l'île de Guam, territoire américain dans l'océan Pacifique, et a lancé la semaine dernière un missile de portée intermédiaire qui s'est abîmé dans le Pacifique après avoir survolé le Japon.

Le président américain Donald Trump a prévenu qu'il ferait tomber sur la Corée du Nord « le feu et la colère » si Pyongyang continuait à proférer des menaces contre les États-Unis et leurs alliés.

La Chine contrôle les radiations à sa frontière

La Chine a déclenché un « plan d'urgence » pour contrôler le niveau des radiations le long de sa frontière avec la Corée du Nord, a annoncé le ministère chinois de l'Environnement.

Les autorités ont déclenché dès 3 h 46 GMT (23 h 46, HE), soit peu après l'essai nucléaire, un « plan d'urgence » visant à effectuer « des mesures de contrôle d'urgence des radiations » dans les zones frontalières du nord-est, a indiqué le ministère dans un bref communiqué posté sur son compte officiel de microblogues.

Il n'a pas précisé si des radiations avaient été détectées.

Le niveau d'urgence adopté est le deuxième sur l'échelle chinoise des « plans d'urgence » qui en compte quatre, selon le communiqué.

Par ailleurs, le ministère a précisé que les stations de contrôle automatique des radiations situées dans les trois provinces du nord-est (Heilongjiang, Jilin, Liaoning) ainsi que dans celle du Shandong (est) « sont en état de fonctionnement normal ».

De leur côté, les autorités russes ont assuré dimanche que les niveaux de radiation dans l'Extrême-Orient de la Russie se situaient dimanche « dans la fourchette normale » et qu'« aucun dépassement » n'avait été détecté.




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