La Corée du Nord a lancé son premier missile intercontinental

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La possession d'un missile balistique intercontinental, capable selon des experts américains d'atteindre l'Alaska, est un tournant pour le régime communiste.

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Maxime POPOV, Sebastien BERGER, Max DELANY, Daniel WOOLS
Agence France-Presse
Moscou, Séoul et Washington

Les États-Unis ont confirmé mardi que la Corée du Nord avait procédé à son premier lancement d'un missile balistique intercontinental (ICBM) et ont dénoncé «une nouvelle escalade de la menace» présentée par le régime communiste.

Cet essai d'un missile Hwasong-14, réalisé le jour de la fête nationale américaine et supervisé personnellement par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, était un «cadeau» aux «salauds d'Américains», a ironisé M. Kim, cité par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

L'armée américaine avait initialement mis en doute l'annonce de la Corée du Nord selon laquelle elle avait tiré un missile intercontinental, évoquant seulement un engin de «portée intermédiaire». Mais les États-Unis ont reconnu par la suite qu'il s'agissait bien d'un ICBM.

«Les États-Unis condamnent avec force le tir par la Corée du Nord d'un missile balistique intercontinental», a déclaré le secrétaire d'État américain Rex Tillerson dans un communiqué. «L'essai d'un ICBM constitue une nouvelle escalade de la menace (nord-coréenne) envers les États-Unis, nos alliés et partenaires, la région et le monde», a-t-il dit.

La possession d'un missile balistique intercontinental, capable selon des experts américains d'atteindre l'Alaska, est un tournant pour le régime communiste. Isolé sur la scène internationale, Pyongyang justifie son programme d'armement nucléaire par une menace d'invasion des 28 000 soldats américains stationnés en Corée du Sud. Il a déjà réalisé cinq essais nucléaires et dispose d'un petit arsenal de bombes atomiques.

L'agence KCNA a assuré que le missile balistique tiré était capable de porter «une grosse tête nucléaire» et que le test réalisé mardi avait répondu à «tous les critères technologiques, y compris la résistance à la chaleur et la stabilité structurelle de l'ogive» nécessaire pour qu'elle rentre sans dommages dans l'atmosphère.

Les analystes doutent toutefois de la capacité actuelle de la Corée du Nord à miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile et de sa maîtrise de la technologie de rentrée de l'ogive dans l'atmosphère.

Mais tous les experts s'accordent sur les progrès remarquables des programmes balistique et nucléaire depuis l'arrivée de Kim Jong-Un au pouvoir fin 2011.

Réunion d'urgence à l'ONU

Le fait que la Corée du Nord soit effectivement dotée de missiles balistiques intercontinentaux bouleverserait l'évaluation du risque posé par Pyongyang.

Le président américain Donald Trump avait exclu en janvier la perspective d'un missile nucléaire intercontinental nord-coréen. «Cela n'arrivera pas», avait-il dit.

Les États-Unis «n'accepteront jamais une Corée du Nord disposant de l'arme nucléaire», a répété M. Tillerson mercredi.

Washington a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit se tenir mercredi vers 15h00 heure locale.

L'Union européenne, dénonçant «une violation flagrante de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies», a déclaré envisager de nouvelles sanctions contre Pyongyang.

L'essai de mardi a entraîné une vive réaction de Donald Trump qui a demandé à Pékin, principal soutien international de Pyongyang, de «mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes».

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La demande américaine est intervenue au moment où le président chinois Xi Jinping se trouvait à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.

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Dans une déclaration conjointe, les ministères russe et chinois des Affaires étrangères ont appelé à un double «moratoire»: Pyongyang arrêterait ses tests nucléaires et balistiques et Washington renoncerait à organiser des manoeuvres militaires à grande échelle aux côtés de son allié sud-coréen.

Exercice militaire

Le dirigeant nord-coréen a répondu que Pyongyang ne soumettrait pas sa possession d'armes nucléaires et de missiles balistiques à la négociation, dans quelque circonstance que ce soit, «sauf si la politique hostile et les menaces nucléaires des États-Unis cessent complètement».

Les États-Unis «essaient de tester notre détermination et ignorent nos avertissements», a déclaré M. Kim, cité par KCNA. La confrontation entre Pyongyang et les États-Unis est à présent entrée dans sa «phase finale», a-t-il averti.

Les forces sud-coréennes et américaines ont procédé pour leur part mercredi, en guise d'avertissement, à des tirs de missiles balistiques lors d'un exercice simulant une attaque contre la Corée du Nord.

Le missile nord-coréen, dont le lancement avait été détecté par les forces de la région, avait été qualifié dans un premier temps de projectile de «portée intermédiaire» par l'armée américaine et de «moyenne portée» par l'armée russe, soit bien en deçà de ce qu'affirmait Pyongyang.

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Le Hwasong-14 a été lancé mardi dans le nord ouest de la Corée du Nord.

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Une présentatrice de la télévision nord-coréenne avait fait savoir que le projectile tiré avait atteint une altitude de 2802 km et volé sur une distance de 933 km.

Le ministère japonais de la Défense avait estimé que le missile avait atteint une altitude «excédant largement les 2500 km» pour s'abattre dans la zone économique exclusive nippone.

Le missile a été lancé depuis un site proche de Banghyon, dans la province de Phyongan Nord, frontalière de la Chine, et il est tombé en mer du Japon, selon l'état-major de l'armée sud-coréenne.

Alaska 

David Wright, scientifique membre de l'association The Union of Concerned Scientists, a estimé sur la base des données disponibles que l'engin avait potentiellement effectué une trajectoire «très incurvée», et qu'il «pourrait atteindre une portée maximale d'environ 6700 km sur une trajectoire standard».

«Cette portée n'est pas suffisante pour atteindre les 48 États ou les plus grandes îles de Hawaï, mais elle serait suffisante pour atteindre tout l'Alaska».

«Ce tir montre clairement que la menace a augmenté», a déclaré de son côté aux journalistes le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon se réuniront cette semaine en marge du G20 en Allemagne, où seront également présents la Russie et la Chine, a-t-il ajouté.

Le président sud-coréen Moon Jae-In, qui défend à la fois des sanctions et des efforts pour ramener le Nord à la table des négociations, et qui avait rencontré vendredi M. Trump à Washington, a averti Pyongyang sur une «ligne rouge» à ne pas franchir.




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