L'ONU condamne les tirs de missiles nord-coréens

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Le leader nord-coréen Kim Jong-Un a supervisé lundi le lancer de quatre missiles balistiques.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Avant même sa réunion en urgence prévue mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné avec force les derniers tirs de missiles nord-coréens, exprimant son inquiétude face au «comportement de plus en plus déstabilisateur» de Pyongyang.

Cette condamnation provient d'un texte rédigé par les États-Unis, texte approuvé à l'unanimité des quinze pays membres du Conseil, et ce en dépit des tensions entre Washington et Pékin liées au début du déploiement du bouclier antimissile américain THAAD en Corée du Sud.

Dans son texte, le Conseil de sécurité a qualifié ces essais balistiques nord-coréens de «grave violation» des résolutions de l'ONU et promis de «prendre d'autres mesures significatives» pour sanctionner Pyongyang.

Les quinze pays du Conseil se réuniront mercredi dans la matinée à New-York, à la demande des États-Unis et du Japon, pour discuter du lancement lundi de quatre missiles balistiques qui faisaient partie, selon Pyongyang, d'un exercice en vue de frapper les bases américaines au Japon.

Trois de ces missiles sont tombés dans la mer, près du Japon.

Pékin hausse le ton 

Les activités de la Corée du Nord «augmentent les tensions dans la région et au-delà, ainsi que le risque d'une course régionale aux armements», a ajouté le Conseil de sécurité dans sa déclaration.

Les États-Unis ont ainsi consulté les autres pays du Conseil, au moment où les tensions étaient ravivées avec la Chine après l'annonce du déploiement du bouclier antimissiles américain THAAD en Corée du Sud, destiné à protéger Séoul d'éventuelles attaques venue du Nord.

La Chine, principal allié de la Corée du Nord, a fait savoir qu'elle était «fermement opposée» au déploiement de THAAD et qu'elle défendrait «résolument» sa sécurité, prévenant que «les États-Unis et la Corée du Sud en subiraient toutes les conséquences».

Quelques minutes après le communiqué du Conseil de sécurité des Nations Unies, Pékin a de même tenu à alerter à la fois Pyongyang et Washington, en demandant la suspension du programme nucléaire nord-coréen, mais aussi l'arrêt des manoeuvres militaires américaines en Corée du Sud, afin de «désamorcer la crise».

Usant d'une métaphore ferroviaire, lors d'une conférence de presse à Pékin, le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, a mis en garde contre «une collision» en Corée entre «deux trains qui accélèrent l'un en face de l'autre sans qu'aucun des deux ne veuille céder le passage».

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Mais six volées de sanctions n'ont pas persuadé le régime de Kim Yong-Un d'abandonner ses ambitions militaires.

Un rapport de l'ONU publié fin février avait montré que la Corée du Nord contournait les sanctions les plus dures imposées par l'ONU en utilisant des intermédiaires ou des sociétés écrans pour continuer à commercer, notamment avec la Malaisie et la Chine.

Même si les missiles tirés lundi ne révèlent pas de nouveaux progrès technologiques des Nord-Coréens, cette nouvelle démonstration de force oblige l'administration américaine à apporter une réponse.

Donald Trump, qui aime mettre en avant ses généraux, pourrait être tenté d'envisager une épreuve de force militaire avec Pyongyang.

En décembre, alors que l'administration Obama était encore au pouvoir, un responsable de la Défense avait déjà indiqué que les hauts gradés américains accentuaient leurs réflexions sur les scénarios militaires imaginables dans la péninsule. 

Quelle réponse américaine? 

«Nous marchons sur un fil très étroit, avec peu de moyens de pression et peu de marge de manoeuvre en terme de négociations. Et donc, comme vous pouvez l'imaginer, nous préparons des plans d'urgence adaptés», avait confié ce responsable.

Mais dans cette péninsule coréenne qui est la zone la plus militarisée du monde, avec une capitale (Séoul) à moins de 40 kilomètres de la frontière, les risques d'un conflit militaire sont énormes.

L'option d'une offensive militaire contre Pyongyang ne peut être retenue, car «cela veut dire une guerre nucléaire», a expliqué l'expert en désarmement Jeffrey Lewis, animateur du blog spécialisé «arms control wonk».

Pyongyang a démontré ses capacité atomiques en procédant au total à cinq essais nucléaires souterrains.

À défaut d'utiliser la force, l'administration Trump pourrait chercher à développer les défenses antimissiles, pour mieux protéger ses alliés asiatiques et le continent américain. Elle pourrait ainsi chercher à encourager le développement de nouvelles batteries antimissiles.

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson se rendra au Japon, en Corée du Sud et en Chine du 15 au 19 mars.




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