La Corée du Nord rate un nouveau tir de missile

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Ce tir avait été salué par le leader nord-coréen Kim Jong-Un comme une preuve des capacités de Pyongyang de frapper les bases militaires américaines sur «le théâtre d'opérations du Pacifique».

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La menace nord-coréenne

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La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

Hwang Sung-Hee
Agence France-Presse
SÉOUL

La Corée du Nord a mené jeudi ce qui semble être son deuxième tir raté d'un puissant missile de portée intermédiaire en moins d'une semaine mais les experts préviennent qu'il pourrait être opérationnel dès l'année prochaine.

Le missile, un Musudan, - susceptible en théorie de toucher les bases américaines jusque sur l'île de Guam, dans le Pacifique Nord - a explosé peu après son lancement aux environs de 6h30 (heure nord-coréenne, soit 18 h mercredi à Montréal), selon les armées sud-coréenne et américaine.

La Corée du Nord a tenté son tir quelques heures avant le troisième débat de l'élection présidentielle américaine, comme pour rappeler le défi que représentera pour le prochain occupant de la Maison-Blanche un programme nucléaire nord-coréen qui avance à grands pas.

Cet essai a suivi un entretien à Washington entre les ministres américains et sud-coréens de la Défense et des Affaires étrangères. Le secrétaire d'Etat John Kerry a souligné à cette occasion qu'en cas d'utilisation par la Corée du Nord de l'arme nucléaire, elle s'exposerait à une «riposte efficace et accablante».

M. Kerry a également confirmé le déploiement imminent en Corée du Sud de THAAD, un bouclier antimissile américain sophistiqué destiné à faire face aux menaces nord-coréennes.

Il s'agit du second lancement raté en moins d'une semaine d'un missile Musudan.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait condamné le dernier tir, survenu samedi, alors même qu'il débat de nouvelles sanctions contre Pyongyang en réaction à son cinquième essai nucléaire, mené le 9 septembre.

Le Musudan, un missile de fabrication maison, avait été dévoilé pour la première fois en octobre 2010 lors d'un défilé militaire.

D'une portée théorique comprise entre 2500 et 4000 kilomètres, il pourrait dans la fourchette basse, atteindre la Corée du Sud ou le Japon. Dans sa fourchette haute, il est susceptible de toucher l'île de Guam.

Washington comme Tokyo et Séoul ont condamné un tir qui viole les résolutions de l'ONU interdisant à Pyongyang tout programme nucléaire et balistique.

Les tests s'accélèrent

«Notre engagement à défendre nos alliés, y compris la République de Corée et le Japon, face à ses menaces, est à toute épreuve», a dit le porte-parole du Pentagone Gary Ross.

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a accusé le Nord de «menacer» toute la région de «manière flagrante» tandis que son ministère des Affaires étrangères dénonçait «l'obsession maniaque» de Pyongyang avec les bombes nucléaires et les missiles.

Le missile Musudan a désormais été testé huit fois cette année, une seule fois avec succès. Pyongyang avait lancé en juin un Musudan qui avait parcouru 400 kilomètres avant de s'abîmer en mer du Japon (mer Orientale).

Ce tir avait été salué par le leader nord-coréen Kim Jong-Un comme une preuve des capacités de Pyongyang de frapper les bases militaires américaines sur «le théâtre d'opérations du Pacifique».

Malgré cette série d'échecs, certains spécialistes considèrent que le programme Musudan progresse à allure soutenue.

«S'ils continuent à ce rythme, le missile à portée intermédiaire Musudan pourrait entrer en service opérationnel à un moment donné de l'année prochaine, soit bien plus tôt que ce à quoi on s'attendait», a écrit récemment John Schilling, ingénieur en aérospatiale, sur le site internet 38 North de l'Institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins.

Si le fait de multiplier les tirs expose la Corée du Nord au risque d'échec, cela lui permet aussi d'accumuler les enseignements, souligne-t-il.

La Corée du Nord a été soumise à cinq séries de sanctions depuis son premier essai nucléaire de 2006.

Après son quatrième test en janvier, le Conseil de sécurité a adopté les sanctions les plus dures jamais infligées à Pyongyang, visant en particulier ses exportations de minéraux et renforçant les restrictions bancaires.

Les discussions actuelles ciblent l'industrie nucléaire et balistique nord-coréenne, selon des diplomates au Conseil de sécurité.

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