La Corée du Nord affirme avoir simulé des frappes nucléaires

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Les tirs d'essai de trois missiles balistiques effectués mardi ont été ordonnés et supervisés personnellement par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

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La menace nord-coréenne

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La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

Giles HEWITT
Agence France-Presse
SÉOUL

Pyongyang a annoncé mercredi que ses derniers essais balistiques avaient testé des systèmes de détonation en vue d'éventuelles frappes nucléaires sur des cibles américaines en Corée du Sud, et avaient été supervisés en personne par son leader suprême Kim Jong-Un.

Les tirs de trois missiles mardi sont considérés comme un signe de la colère de Pyongyang face à l'annonce du déploiement prochain en Corée du Sud d'un bouclier antimissiles américain.

Le lancement de deux missiles Scud et d'un engin Rodong de portée intermédiaire ont été condamnés par les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon. Ces trois pays ont annoncé une réaction coordonnée face aux violations répétées de Pyongyang des résolutions de l'ONU qui lui interdisent tout programme nucléaire et balistique.

Les tirs ont été ordonnés et supervisés personnellement par Kim Jong-Un, a annoncé l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. La portée des missiles a été limitée afin de simuler des frappes préventives sur des ports et des aérodromes sud-coréens où sont déployés des matériels militaires américains.

Les tirs visaient à examiner «les caractéristiques opérationnelles des systèmes de détonation des têtes nucléaires montées sur des  missiles balistiques, à l'altitude désignée au-dessus de la zone ciblée», a précisé KCNA.

D'après l'armée sud-coréenne, les deux Scud ont parcouru entre 500 et 600 kilomètres en direction de la mer du Japon. Le Rodong a été tiré environ une heure plus tard.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a jugé ces derniers tirs «très inquiétants», de nature à nuire aux efforts pour réduire les tensions sur la péninsule.

La Corée du Nord a maintes fois prévenu qu'elle pourrait mener des frappes nucléaires préventives contre la Corée du Sud et des cibles américaines, en territoire sud-coréen ou ailleurs. Mais le principal objectif de son programme d'armements nucléaires est d'acquérir une force de frappe crédible contre le continent américain.

Une série d'essais de missiles ces derniers temps vise à conforter cette menace. C'est ce qui a conduit Séoul et Washington à annoncer le déploiement d'ici la fin 2017 du système antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defence), parmi les plus performants au monde.

Pyongyang avait menacé la semaine dernière de lancer une «action physique» contre le bouclier antimissiles THAAD, que Séoul juge vital pour sa sécurité nationale.

Progrès techniques

Près de 30 000 soldats américains sont déployés en permanence en Corée du Sud.

Les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord se sont encore détériorées avec la décision de Washington de placer Kim Jong-Un sur sa liste noire des sanctions contre les individus.

Pyongyang a ainsi annoncé la rupture d'un des derniers canaux de communication encore existants avec Washington.

Le 9 juillet, Pyongyang a annoncé avoir testé un missile balistique lancé par sous-marin.

Le 22 juin, la Corée du Nord avait tiré deux missiles de moyenne portée Musudan - qui ont parcouru une distance bien plus grande que lors d'essais précédents - capables en théorie de toucher les bases américaines sur l'île de Guam, dans le Pacifique.

Depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, qui a provoqué un net durcissement des sanctions de l'ONU, la Corée du Nord a revendiqué toute une série d'avancées techniques.

Parmi elles, Pyongyang a cité la miniaturisation réussie d'une charge nucléaire pour pouvoir la monter sur un missile, la mise au point d'une tête nucléaire pouvant supporter la rentrée dans l'atmosphère après un vol balistique et l'essai réussi d'un moteur conçu pour équiper un missile balistique intercontinental (ICBM).

Certains analystes jugent ces revendications exagérées. Mais la plupart reconnaissent que Pyongyang progresse dans ses efforts pour mettre au point un ICBM capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

La semaine dernière, l'Institut américano-coréen de l'Université Johns-Hopkins avait prévenu que Pyongyang maintenait un haut niveau d'activité sur son site d'essais nucléaires de Punggye-ri, même s'il était impossible de déterminer s'il s'agissait des préparatifs à un cinquième essai nucléaire.

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