Kim Jong-un «célèbre» sa capacité à frapper les bases américaines du Pacifique

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Depuis mars, Pyongyang a procédé «à dix essais de missiles balistiques en succession rapide», d'après l'ambassadrice américaine aux Nations unies Samantha Power.

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La menace nord-coréenne

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La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

Giles HEWITT
Agence France-Presse
SÉOUL

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a célébré l'essai réussi d'un puissant nouveau missile d'une portée susceptible d'atteindre des bases américaines du Pacifique, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU discutait de sa riposte.

M. Kim, qui a personnellement supervisé le tir de deux missiles Musudan mercredi, l'a présenté comme un «grand événement» renforçant la capacité de frappe nucléaire préventive de son pays, selon l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

La Corée du Nord a tiré deux missiles Musudan à portée intermédiaire (de 2500 km à 4000 km) qui, théoriquement, menacent la Corée du Sud, le Japon et les bases américaines de l'île de Guam.

«Nous avons la capacité certaine d'attaquer d'une manière globale et concrète les Américains sur le théâtre d'opérations du Pacifique», a affirmé M. Kim, cité par l'agence nord-coréenne.

Le succès de cet essai «a marqué une occasion importante de renforcer encore la force de frappe nucléaire offensive de notre État».

Après quatre tentatives infructueuses cette année, les Musudan tirés mercredi semblent avoir volé sur des distances nettement plus importantes.

Selon KCNA, un missile a été tiré selon un angle qui lui a permis d'atteindre une altitude supérieure à 1400 km. «Le tir d'essai a été mené avec succès, sans avoir le moindre effet sur la sécurité des pays voisins», a assuré l'agence nord-coréenne.

«Fermeté» du Conseil de sécurité

Ces essais ont été largement condamnés par les capitales étrangères et, à la demande de Washington et Tokyo, les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont mené des consultations à huis clos.

L'ambassadeur adjoint de la France auprès de l'ONU, Alexis Lamek, dont le pays préside actuellement le Conseil, a noté mercredi «une très grande convergence de vues» parmi ses membres.

Ils ont unanimement estimé que ces tirs étaient une «violation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité», a-t-il déclaré à l'issue des consultations. Une déclaration formelle qui «devrait reprendre ce message de fermeté» pourrait selon lui être adoptée dans les prochains jours.

Plusieurs résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord l'usage de la technologie balistique.

Des experts ont souligné que les derniers essais constituaient pour Pyongyang un important pas en avant dans ses efforts pour mettre au point un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le territoire du grand ennemi américain, de l'autre côté du Pacifique.

La Corée du Nord n'a encore jamais testé d'ICBM, mais elle a présenté récemment un exemplaire de ce type de missile, le KN-O8, lors de défilés à Pyongyang.

Jeffrey Lewis, directeur du programme pour la non-prolifération en Asie de l'Est à l'Institut Middlebury d'études internationales (MIIS) de Californie, a indiqué que la communauté internationale devait faire accepter à Pyongyang un moratoire sur ses essais de missile.

«Sinon, cela se terminera par un essai réussi du KN-08, qui est inspiré du Musudan», a-t-il dit.

Kim ravi

Le Rodong Sinmun, journal du parti au pouvoir à Pyongyang, publiait dans son édition de jeudi de nombreuses photos d'un Kim Jong-un ravi, assistant au tir de missile ou posant avec les scientifiques militaires.

Des clichés montraient aussi un missile décollant d'un lanceur mobile près du port de Wonsan (est).

Le climat s'est considérablement dégradé sur la péninsule depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, suivi le 7 février par le lancement d'une fusée, considéré comme un essai déguisé de missile à longue portée.

Le Conseil de sécurité avait alors adopté les sanctions les plus lourdes jamais infligées à Pyongyang.

De nouvelles sanctions impliqueraient l'accord de Pékin, traditionnellement l'allié le plus proche de Pyongyang.

Mercredi, la Chine a mis la Corée du Nord en garde contre «toute action qui pourrait déboucher sur une escalade des tensions», appelant à une reprise du dialogue sur le programme nucléaire nord-coréen.

De son côté, le chef du Pentagone, Ashton Carter, a estimé que les essais nord-coréens illustraient la nécessité pour les États-Unis de continuer à développer leurs systèmes de défense antimissile, y compris ceux qui sont déployés en Corée du Sud et au Japon. Une stratégie à laquelle la Chine s'oppose fortement.

«Nous devons continuer à devancer la menace en faisant en sorte que nos systèmes antimissiles soient de bonne qualité, mais aussi en les développant continuellement», a-t-il dit.

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