Les deux Corées poursuivent les négociations

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Un soldat sud-coréen monte la garde à un point de contrôle le long de frontière avec la Corée du Nord.

Photo Ed Jones, AFP

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La menace nord-coréenne

International

La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

Jung Ha-Won
Agence France-Presse
SÉOUL

La Corée du Nord et la Corée du Sud poursuivaient tard dimanche leurs pourparlers entamés la veille en vue d'éviter un conflit armé, même si Séoul a accusé Pyongyang de saper les discussions en procédant à de nouveaux déploiements d'armements navals et terrestres.

Les discussions se poursuivaient après minuit (heure locale) dans la nuit de dimanche à lundi dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de 1950-1953. Elles avaient repris dans l'après-midi de dimanche après avoir été suspendues au terme de dix heures de discussions infructueuses dans la nuit de samedi à dimanche.

Le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué que le Nord avait doublé ses unités d'artillerie à la frontière et déployé 50 sous-marins hors de leurs bases militaires.

«Le Nord adopte une attitude hypocrite alors que les discussions se poursuivent», a déclaré un responsable du ministère.

Des analystes estiment que la poursuite des négociations est un signe positif. La présidence sud-coréenne a indiqué que les deux parties «continueraient de réduire leurs divergences».

Mais le rapprochement des points de vue semble ardu. Les armées des deux pays sont en alerte maximale et déploient leurs armes le long de la frontière, où des échanges de tirs d'artillerie ont déjà eu lieu auparavant.

Pyongyang menace le Sud d'une attaque armée si Séoul n'éteint pas ses hauts-parleurs à la frontière, qui diffusent depuis une semaine à plein volume des messages de propagande vers le Nord.

Séoul exige au préalable des excuses de Pyongyang pour l'explosion d'une mine antipersonnel qui a mutilé deux soldats sud-coréens lors d'une patrouille à la frontière début août.

Le Nord dément toute implication dans ces explosions, tandis que le Sud n'acceptera pas un compromis qui pourrait donner l'impression de céder à la belligérance de Pyongyang.

Recherche d'un compromis

«Les deux parties pourraient effectuer une déclaration dans laquelle est exprimée une forme de +regret+ sans explicitement désigner le Nord comme la partie responsable», a déclaré Jeung Young-Tae, analyste à l'Institut coréen de l'unification nationale à Séoul.

«Mais je ne pense pas qu'une déclaration aussi vague va fonctionner cette fois-ci», a-t-il ajouté, insistant sur le fait que le cas des deux soldats sud-coréens mutilés -- qui ont perdu leurs jambes -- était devenu un problème émotionnel dans le Sud.

«C'est pourquoi je pense que le meilleur résultat de cette rencontre sera un accord pour une autre rencontre de haut niveau à l'avenir, telles des discussions au niveau du ministère de la Défense», a-t-il ajouté.

En dépit des précédentes annonces belliqueuses de Pyongyang qui sont restées pour l'essentiel des menaces, l'ultimatum du Nord a fait monter les tensions intercoréennes au plus haut niveau depuis des années.

Le Nord a repositionné des unités d'artillerie, tandis que des avions de chasse sud-coréens et américains ont effectué des exercices de simulation de bombardement.

Les négociations à Panmunjom sont dirigées par le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Kim Kwan-Jin, et son homologue nord-coréen, Hwang Pyong-So, un proche collaborateur de Kim Jong-Un.

Il s'agit des discussions intercoréennes au plus haut niveau depuis près d'un an, ce qui reflète la gravité de la situation.

Le secrétaire général de l'ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, a appelé les deux pays à «redoubler» d'efforts et «à faire en sorte que la reprise des discussions ouvre la voie à une désescalade», dans un communiqué des Nations unies.

Pour l'heure, les habitants sud-coréens, rompus à la rhétorique agressive du Nord, ne semblaient guère s'émouvoir de ce nouvel épisode orageux entre les deux pays.

Techniquement, ils sont en conflit depuis 65 ans, car la guerre de Corée (1950-53) a pris fin avec un simple cessez-le-feu qui n'a jamais été formalisé par un traité de paix en bonne et due forme.

La situation actuelle est surveillée de près par la communauté internationale.

Les États-Unis, qui disposent de quelque 30 000 militaires en Corée du Sud, ont invité Pyongyang à la retenue, et la Chine, principal soutien de la Corée du Nord, a également lancé des appels au calme.

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