Corée: Washington et Séoul relèvent leur alerte face à une «menace vitale»

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Un soldat nord-coréen monte la garde près de la frontière avec la Chine.

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La menace nord-coréenne

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La menace nord-coréenne

Depuis plusieurs semaines, la Corée du Nord de Kim Jong-un multiplie les menaces à l'endroit de Séoul et Washington. Si pour plusieurs la stratégie belliqueuse de Pyongyang vise en premier lieu à attirer Washington à la table de négociations, pour certains le discours guerrier du jeune dirigeant nord-coréen, qui brandit notamment la menace nucléaire, inquiète. »

PARK Chan-Kyong
Agence France-Presse
Séoul, Corée du Sud

La Corée du Sud et son allié américain ont relevé mercredi leur niveau d'alerte face à la «menace vitale» de la Corée du Nord, qui serait sur le point d'effectuer un ou plusieurs tirs d'essai de missiles à l'approche de l'anniversaire de la naissance du fondateur du pays, le 15 avril.

Le commandement intégré des forces américaines et sud-coréennes a relevé de 3 à 2 le niveau d'alerte de ces forces, signalant une «menace vitale», a indiqué un responsable militaire à l'agence de presse sud-coréenne Yonhap sous le couvert de l'anonymat.

Le niveau 1 correspond à l'état de guerre. Cette échelle concerne toutefois les dispositifs de surveillance et de renseignement militaires et non une mise en alerte opérationnelle des armées.

Un tir de missile peut se produire «à n'importe quel moment à partir de maintenant», a déclaré le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yun Byung-Se, devant le Parlement.

Ignorant les mises en garde de son voisin et allié chinois, le régime nord-coréen a déployé la semaine dernière sur sa côte orientale deux missiles Musudan, d'une portée théorique de 4.000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud, le Japon ou l'île américaine de Guam, selon Séoul.

Furieux du nouveau train de sanctions adopté par le Conseil de sécurité des Nations unies après son troisième essai nucléaire en février et des manoeuvres militaires en cours entre les États-Unis et la Corée du Sud, Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses, agitant même le spectre d'une guerre «thermonucléaire».

Le renseignement militaire sud-coréen affirme que le Nord est désormais prêt à effectuer un tir de missile, qui pourrait survenir autour du 15 avril, jour de la naissance du fondateur de la République démocratique populaire de Corée, Kim Il-Sung, décédé en 1994.

Ce tir pourrait coïncider avec la visite à Séoul vendredi du secrétaire d'État américain John Kerry et du secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

Selon une source gouvernementale citée par l'agence Yonhap, Pyongyang pourrait tirer plusieurs missiles, car outre les Musudan, des mouvements de véhicules lanceurs transportant des Scud (d'une portée de quelques centaines de kilomètres) et des Rodong (d'une portée d'un peu plus de 1000 kilomètres) ont été détectés.

«Il existe des indications croissantes de préparations de tirs de plusieurs missiles», a déclaré cette source.

Le Japon s'est lui aussi déclaré mercredi «en état d'alerte» pour intercepter tout missile qui menacerait l'archipel. La veille, des missiles Patriot avaient été déployés dans le centre de Tokyo et autour de la capitale.

Des batteries d'intercepteurs devaient également être mises en place sur l'île méridionale d'Okinawa.

Réagissant à ces préparatifs, le quotidien officiel du régime nord-coréen, le Rodong Sinmun, a accusé Tokyo d'«aventurisme militaire». «L'armée populaire de Corée est parfaitement capable de pulvériser les bases militaires américaines, non seulement au Japon mais ailleurs dans la région Asie-Pacifique», a prévenu le journal.

En déplacement à Rome, le secrétaire général de l'ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, a lancé un appel à l'apaisement, en jugeant le niveau des tensions «très dangereux».

«Un petit incident causé par un mauvais calcul ou une erreur de jugement pourrait créer une situation incontrôlable», a souligné M. Ban.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a mis en garde mercredi contre l'effet des «manoeuvres militaires» dans la péninsule coréenne.

«Personne ne devrait effrayer les autres avec des manoeuvres militaires et il y a de grandes chances que tout s'apaisera», a déclaré M. Lavrov, qui rencontrait à Londres le secrétaire d'État américain John Kerry en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G8.

«En Corée du Nord, nous n'avons pas de différences avec les États-Unis», a ajouté le chef de la diplomatie russe.

La Corée du Sud et ses alliés occidentaux s'interrogent sur les véritables intentions du jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, âgé de moins de 30 ans, qui a succédé à son père Kim Jong-Il à la mort de ce dernier en décembre 2011.

Visiblement agacée par la réaction d'une partie de la communauté internationale qui a qualifié ses menaces de pure gesticulation, la Corée du Nord a surenchéri mardi en parlant à nouveau d'une guerre «thermonucléaire» et en conseillant aux étrangers en Corée du Sud de partir.

Elle avait déjà averti les pays étrangers possédant une mission diplomatique à Pyongyang qu'elle ne serait plus en mesure de garantir leur sécurité à compter du 10 avril en cas de conflit.

Mais l'Union européenne a annoncé mercredi qu'elle n'envisageait pas à ce stade d'évacuer ses missions diplomatiques ni à Pyongyang, ni à Séoul.

«Malgré les tensions actuelles, que la Corée du Nord tente délibérément d'accroître au travers d'une rhétorique agressive, nous jugeons que la situation sur place ne justifie pas l'évacuation ou la relocalisation des missions diplomatiques des Etats membres de l'UE», a déclaré un porte-parole de la représentante de l'UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton.

Dans un autre signe de tension, Pyongyang avait retiré mardi les 53.000 employés nord-coréens travaillant sur le centre industriel intercoréen de Kaesong, situé sur son sol, dont l'accès était déjà interdit depuis le 3 avril aux travailleurs sud-coréens.

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