Julian Assange, deux ans à l'ambassade d'Équateur à Londres

Confiné dans l'appartement qui sert d'ambassade à l'Équateur... (PHOTO LEON NEAL, ARCHIVES AFP)

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Confiné dans l'appartement qui sert d'ambassade à l'Équateur dans le quartier huppé de Knightsbridge, à deux pas des magasins Harrods et étroitement gardé par la police britannique, Julian Assange a reconnu que sa situation créait «quelques difficultés».

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Fuites de WikiLeaks
Fuites de WikiLeaks

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Agence France-Presse
LONDRES

Reclus depuis deux ans à l'ambassade d'Équateur à Londres, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s'est employé, hier, à faire bonne figure, affirmant coopérer avec Edward Snowden et s'activer pour laver son nom, sans grand espoir d'une libération rapide.

Au cours d'une audioconférence de presse mercredi, à la veille du deuxième anniversaire de son arrivée à l'ambassade, l'Australien de 42 ans a assuré que WikiLeaks était toujours actif, même si le site qui a fait trembler les États-Unis en diffusant quelque 700 000 documents secrets, fait bien moins parler de lui qu'avant.

Il a souligné que, depuis 2013, le rôle de WikiLeaks s'était «étendu à la protection d'Edward Snowden», sous forme d'assistance juridique. L'ex-consultant poursuivi par les États-Unis pour ses révélations sur l'étendue des écoutes de l'Agence de sécurité nationale (NSA) se trouve actuellement en Russie.

«Ce faisant, je crois que nous avons démontré l'excellence de notre travail», a estimé Assange, refusant toutefois de dire s'il était en contact direct avec l'Américain. Il a par ailleurs fait état de «projets de recherche en cours», sans plus de précisions.

Confiné dans l'appartement qui sert d'ambassade à l'Équateur dans le quartier huppé de Knightsbridge, à deux pas des magasins Harrods et étroitement gardé par la police britannique, Julian Assange a reconnu que sa situation créait «quelques difficultés».

«Mais d'un autre côté, à la différence d'autres reporters travaillant sur la sécurité nationale (...), je ne peux pas être cité à comparaître, la police ne peut pas frapper à la porte ni le jour ni la nuit», a-t-il ajouté.

«Il y a des gens qui sont dans une situation plus difficile», a encore commenté Julian Assange, citant le soldat américain Chelsea Manning, condamné à 35 ans de prison en cour martiale pour avoir transmis à WikiLeaks les documents classifiés que le site a ensuite publiés.

«Le problème plus important des États-Unis»

L'Australien s'est réfugié le 19 juin 2012 dans ces locaux qui jouissent d'une inviolabilité diplomatique, pour échapper à une extradition vers la Suède où il est accusé d'agressions sexuelles, qu'il nie. Il redoute in fine d'être envoyé et poursuivi aux États-Unis.

Ses avocats ont annoncé qu'ils allaient soumettre une nouvelle requête mardi aux autorités judiciaires suédoises, dans l'espoir de faire annuler le mandat d'arrêt.

«Même si nous réussissons à faire annuler le mandat d'arrêt suédois émis il y a près de quatre ans, j'ai toujours le problème plus important des États-Unis, avec leur procédure en cours et peut-être un mandat d'extradition», a ajouté Julian Assange, dans une allusion à l'enquête menée par un grand jury aux États-Unis contre WikiLeaks.

Il s'est adressé au ministre américain de la Justice Eric Holder, l'appelant «à immédiatement abandonner l'enquête de sécurité nationale contre WikiLeaks ou à démissionner».

Il a en outre accusé Londres d'avoir «annulé de façon unilatérale» un groupe de travail mis en place avec l'Équateur pour tenter de trouver une sortie de l'impasse dans laquelle il se trouve : car si ce pays d'Amérique du Sud lui a accordé l'asile, Londres entend l'arrêter s'il sort de l'ambassade.

Le Foreign Office a toutefois démenti une telle annulation, et assuré «rester toujours aussi engagé à trouver un règlement diplomatique de cette situation».

«Nous comptons toujours sur l'Équateur pour aider à mettre un terme à la résidence difficile et coûteuse de M. Assange», a déclaré un porte-parole du ministère britannique.

Dans ce qui s'apparente à un dialogue de sourds, le président équatorien Rafael Correa a redit son soutien à Julian Assange, l'assurant qu'il pouvait «rester dans l'ambassade aussi longtemps que nécessaire».

«La solution est entre les mains de l'Europe, en particulier du Royaume-Uni et de la Suède», a-t-il ajouté, accusant ces pays de «jouer avec les droits d'un être humain, qui a passé deux ans enfermé dans de petites pièces».

Sur un ton plus léger, Julian Assange a confié qu'il regardait la Coupe du monde malgré des problèmes de réception. L'équipe qui a ses faveurs est sans grande surprise celle d'Équateur, et non celle de son pays d'origine, l'Australie, dont il a dénoncé le manque de soutien à son égard.




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