WikiLeaks: le gouvernement montré du doigt pour la détention de Manning

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Une trentaine de sympathisants de Bradley Manning se sont rassemblés mardi devant la base militaire de Fort Meade, pour réclamer sa libération.

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Fuites de WikiLeaks
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Chantal Valéry
Agence France-Presse
Fort Meade, Maryland

Le soldat Bradley Manning comparaissait mardi devant une cour martiale à Fort Meade, pour une audience consacrée au régime sévère de détention que le gouvernement américain lui avait imposé pour avoir livré des milliers de documents secrets à WikiLeaks.

Le frêle soldat, âgé de 25 ans, encadré de ses avocats, doit témoigner mercredi ou jeudi lors de cette audience préliminaire prévue pour durer jusqu'à dimanche.

Son avocat David Coombs s'est attaché à montrer du doigt la responsabilité du gouvernement américain pour les conditions d'emprisonnement de Manning à la prison militaire de Quantico, près de Washington.

L'ancien commandant de la prison, le colonel Daniel Choike, cité et interrogé par la défense, a indiqué avoir été informé de «l'importance du cas» de Bradley Manning à son arrivée en juillet 2010, en raison des «risques de suicide», de «la gravité des chefs d'accusation» et de la «couverture médiatique substantielle» de l'affaire.

Manning, ancien analyste de renseignement en Irak, qui encourt la réclusion à perpétuité, s'était plaint d'avoir été maintenu à l'isolement total, d'avoir été forcé de se déshabiller entièrement avant la nuit, avec l'interdiction de faire de l'exercice dans sa cellule où il passait 23 heures par jour, en raison des risques de suicide.

Sa défense argue aujourd'hui d'une «punition illégale avant procès», proscrite par le code militaire, pour réclamer l'abandon de toutes les charges.

«Il a été maintenu à l'isolement pendant neuf mois dans des conditions que l'enquêteur de l'ONU avait qualifiées d'inhumaines et dégradantes», a déclaré à l'AFP Emma Cape, une militante pacifiste du Réseau de soutien à Bradley Manning, lors d'une manifestation de soutien devant la base militaire de Fort Meade (Maryland, est).

Selon le recours de la défense, examiné à l'audience, Manning était constamment surveillé et soumis à des conditions d'emprisonnement cruelles que des responsables militaires avaient reconnues.

Régime de haute sécurité

Il avait été placé sous le régime de Prevention of Injury (POI), un statut attribué aux détenus suicidaires. Il était en outre incarcéré sous le régime de haute sécurité.

Or Bradley Manning a demandé à plusieurs reprises de ne plus être soumis à ce double régime restrictif, que les psychiatres qui l'avaient alors examiné jugeaient injustifié.

Un de ces psychiatres, qui sera entendu mercredi par la défense, estime qu'un contrôle visuel de Manning toutes les 15 minutes dans sa cellule était «plus que suffisant pour assurer sa sécurité d'un point de vue psychologique» et non toutes les 5 minutes comme imposé par le statut POI.

«C'est l'audience qui doit attirer le plus l'attention» avant le procès prévu pour commencer le 4 février, a estimé Nathan Fuller, porte-parole du Réseau de soutien à Bradley Manning. «Le gouvernement doit rendre des comptes sur les violations qu'il a commises», a-t-il déclaré à l'AFP peu avant l'audience.

Avant de rejoindre la salle du tribunal, une trentaine de manifestants s'étaient rassemblés sous la pluie, à l'entrée de la base militaire, proclamant sur des pancartes que «tirer la sonnette d'alarme sur des crimes de guerre n'est pas un crime».

Le soldat est accusé d'avoir téléchargé depuis les ordinateurs du gouvernement puis transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'État, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

Il a plaidé coupable pour certaines infractions légères, mais non sur les chefs d'accusation les plus graves.

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