La police de l'État et du comté responsables de l'ordre à Ferguson

Des enquêteurs du comté de St. Louis examinent... (PHOTO MICHAEL B.THOMAS, AFP)

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Des enquêteurs du comté de St. Louis examinent les environs autour de la scène de crime.

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La mort de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans abattu par un policier blanc, a plongé cette banlieue de St. Louis au Missouri, dont la population est à forte majorité afro-américaine, dans une crise raciale et sociale sans précédent. »

Michael THOMAS, Fabienne FAUR
Agence France-Presse
Washington, Ferguson

Les polices du Missouri et du comté de St. Louis ont été chargées jeudi du maintien de l'ordre en cas de nouvelles manifestations à Ferguson, ville du centre des États unis à nouveau sous tension après des tirs contre des policiers mercredi soir.

«À partir de 18 h 00 (19 h 00 heure de Montréal), la police du comté de St Louis et la police des routes du Missouri prennent le commandement de la sécurité» à Ferguson, a annoncé la municipalité, alors qu'une traque était toujours en cours pour retrouver le ou les tireurs ayant blessé deux policiers la veille.

Ces deux corps de police avaient déjà relevé la police municipale, accusée de brutalité, après les émeutes qui avaient suivi le 9 août dernier la mort d'un jeune Noir non armé, Michael Brown, tué par un policier blanc.

Quelque 150 personnes s'étaient rassemblées mercredi soir devant le poste de police local de cette ville qui a connu de nombreuses émeutes depuis la mort du jeune Brown.

Elles entendaient saluer la démission quelques heures plus tôt de Thomas Jackson, le chef de la police de la ville accusée une semaine auparavant, dans un rapport accablant du ministère de la Justice, de pratiques racistes quasiment routinières.

Lors de la dispersion de la manifestation, «trois ou quatre tirs» sont alors partis en direction des quelque 40 policiers encore stationnés, a raconté lors d'une conférence de presse dans la matinée Jon Belmar, chef de la police du comté de St-Louis.

Deux policiers ont été touchés au visage et à l'épaule mais avaient pu jeudi quitter l'hôpital.

Le ou les auteurs des tirs étaient toujours recherchés en fin de journée.

En milieu de matinée, une équipe du SWAT avait été filmée en train de perquisitionner une maison voisine du poste de police et interpeller trois personnes, selon le journal St Louis Post-Dispatch.

Le responsable policier a insisté à de nombreuses reprises sur le fait qu'il était «très difficile» d'assurer le maintien de l'ordre tout en protégeant le droit de chacun de manifester. «J'espère que chacun comprend cela, nous marchons sur des oeufs», a-t-il dit.

Une violence «inacceptable»

De leur côté, les parents de Michael Brown ont condamné ces «tirs insensés», en dénonçant les actes «d'agitateurs isolés qui essayent de pervertir un mouvement pacifique et non-violent».

La «violence contre la police est inacceptable», a également réagi le président Barack Obama sur le compte Twitter de la Maison-Blanche. Le «chemin de la justice est un de ceux sur lesquels nous devons marcher tous ensemble», écrit-il.

Le ministre de la Justice Eric Holder a pour sa part condamné une «attaque lâche et répugnante» en évoquant un «voyou cherchant à semer la discorde».

«Ce qui s'est passé hier soir est de l'embuscade pure», a-t-il dit devant la presse en présentant une projet pilote de son ministère.

Le projet, «Construire la confiance et la justice», entend rétablir la confiance perdue entre les «communautés» et les représentants de l'Etat, mais surtout la police et la justice, mise à mal par de récents faits divers dans tout le pays.

Six villes pilotes ont été choisies - Birmingham (Alabama), Fort Worth (Texas), Gary (Indiana), Minneapolis (Minnesota), Pittsburgh (Pennsylvanie) et Stockton (Californie) - pour ce projet visant à «réduire la discrimination et rétablir la confiance entre police, justice et administrés là où elle s'est perdue», a ajouté le ministre.

Ces villes «seront à la pointe de nos efforts pour s'attaquer à des questions urgentes pour les communautés du pays», a-t-il redit.

Le ministère de la Justice avait publié mercredi dernier un rapport dévastateur montrant l'inégalité de traitement réservé par la police aux Noirs par rapport aux Blancs à Ferguson, ville à majorité noire mais dont quasi tous les responsables sont Blancs.

Une série de cinq démissions en cascade, plus un licenciement, avait suivi dont celle du chef de la police de Ferguson.

Jeudi, la municipalité a salué le travail de la police ces sept derniers mois et notamment les deux policiers blessés. La «violence ne sera pas tolérée», dit-elle, en affirmant qu'elle conduit des mesures «au plus haut niveau pour que la ville reparte d'un nouveau pied».

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