La Garde nationale se retire de Ferguson

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Des manifestants pacifistes marchent dans une rue de Ferguson, le 20 août au soir.

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La mort de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans abattu par un policier blanc, a plongé cette banlieue de St. Louis au Missouri, dont la population est à forte majorité afro-américaine, dans une crise raciale et sociale sans précédent. »

Loïc HOFSTEDT, Robert MACPHERSON
Agence France-Presse
FERGUSON, Missouri

Le gouverneur du Missouri a ordonné jeudi le départ de Ferguson des militaires de la Garde nationale, de cette ville de la banlieue de Saint-Louis en proie à des émeutes raciales pendant plus de dix jours après la mort d'un jeune noir abattu par un policier blanc.

«Comme la situation continue de s'améliorer, j'ai ordonné à la Garde nationale du Missouri d'engager un processus de retrait systématique de la ville de Ferguson», a expliqué le gouverneur Jay Nixon.

Pour lui, la police de l'État est désormais en mesure d'assurer la sécurité de Ferguson, où le policier Darren Wilson, 28 ans, a abattu le 9 août Michael Brown, 18 ans et non armé, d'au moins six balles.

La mobilisation de la Garde nationale, dont les premières troupes étaient arrivées lundi, avait été considérée comme le signe de l'échec de la police de l'État et de la police locale à gérer la situation, lorsque les manifestations de plusieurs centaines de personnes avaient dégénéré en émeutes et actes de vandalisme.

Le gouverneur avait précisé dès le départ que la mission de la Garde nationale serait très «limitée», précisant que son rôle consisterait uniquement à protéger le quartier général de la police qui avait été pris pour cible par certains manifestants.

La police de l'État et la police locale devaient rester seules en charge de la sécurité publique.

Accalmie après la visite d'Eric Holder

Ferguson a connu une accalmie dans la nuit de mercredi à jeudi, après la visite du ministre de la Justice venu panser les plaies de cette petite ville américaine secouée depuis plus de dix jours par des émeutes raciales.

Selon la police, seulement six personnes ont été arrêtées mercredi soir, contre 47 mardi. Les manifestants se sont également abstenus de lancer des projectiles et de tirer avec des armes comme lors des pires moments des émeutes à caractère racial dans cette banlieue de St. Louis, au Missouri, déclenchées par la mort d'un jeune Noir non armé abattu par un policier blanc.

«J'espère que ma visite aura un effet apaisant sur la ville», a déclaré le ministre Eric Holder, plus haut responsable de l'administration américaine à se rendre à Ferguson, perturbée quasi quotidiennement par des manifestations et des violences depuis la mort de Michael Brown le 9 août.

Un grand jury du comté de St. Louis, chargé de décider s'il y a lieu de poursuivre le policier, a commencé à étudier l'affaire mercredi à huis clos. Mais la décision pourrait se faire attendre jusqu'à la mi-octobre, a prévenu le procureur du comté, Robert P. McCulloch.

M. Holder, lui-même issu de la communauté afro-américaine, s'est rendu à Ferguson à la demande du président Barack Obama.

Le ministre a assuré des responsables locaux et des étudiants de l'Université de Florissant Valley que «des procureurs fédéraux mèneraient une enquête intransigeante» pour déterminer si le policier avait des motivations racistes.

Il a également rencontré la famille du jeune homme de 18 ans ainsi que des enquêteurs du FBI et des représentants officiels, dont le gouverneur du Missouri Jay Nixon.

«Mon espoir est que cette visite donnera aux habitants la confiance que ce qui doit être fait est fait par leur gouvernement fédéral», a déclaré le ministre à l'issue de toutes ces rencontres, largement photographiées et filmées puis postées sur les réseaux sociaux.

La veille, il avait fait la «promesse» que l'enquête «serait complète, équitable, et indépendante», tout en précisant qu'elle «prendrait du temps».

Officier suspendu

Un sergent a été par ailleurs suspendu jusqu'à nouvel ordre pour avoir eu «une attitude inappropriée» en mettant en joue un «manifestant pacifique» avec un fusil d'assaut, a annoncé la police du comté de St. Louis.

Les funérailles de Michael Brown auront lieu lundi, seront «publiques» et se dérouleront sous l'égide de «leaders nationaux», ont fait savoir les avocats de sa famille.

Mercredi matin, plus de 100 000 $ de dons avaient été récoltés sur un site pour financer les frais d'obsèques. Un rassemblement est prévu dimanche après-midi à Ferguson, dont la recette sera reversée à la famille.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées : par les autorités locales, la famille et le ministre de la Justice.

Les autopsies diligentées par la famille, rendue publique lundi, et par le ministère, en partie révélée par la presse, ont conclu que le jeune homme avait été atteint d'au moins six balles.

Les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme du policier qui l'a abattu. Pour plusieurs témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air.

Sa mort a pris une dimension nationale et fait la une aux États-Unis, où elle a ravivé le spectre des émeutes raciales.

Human Rights Watch, dont plusieurs représentants sur place ont dénoncé les violences policières, a appelé mercredi à une amélioration du recensement des abus policiers et demandé l'abrogation de la loi sur le profilage racial qui prévoit la formation des policiers à ces techniques controversées.




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