«Inité a pris toutes les places»

Le Conseil électoral provisoire a fini par admettre... (Photo: Maxime Corneau, collaboration spéciale)

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Le Conseil électoral provisoire a fini par admettre hier qu'il y avait eu des problèmes dans une centaine de centres de vote.

Photo: Maxime Corneau, collaboration spéciale

Agnès Gruda, envoyée spéciale
La Presse

(Port-au-Prince) Vendredi dernier, le député québécois Benoît Charette a assisté à la livraison de tout le matériel électoral au Lycée de Pétionville, qui devait servir de bureau de scrutin, hier.

Samedi, M. Charette, qui fait partie d'une mission d'observation de l'Organisation internationale de la francophonie, s'est rendu au même centre pour voir si tout se passait bien. À sa grande surprise, le responsable du bureau n'avait pas la moindre idée de l'endroit où se trouvait l'équipement électoral.

La suite de sa mission s'est déroulée à l'avenant. Il a visité des bureaux de vote dans différents quartiers de Port-au-Prince. «Dans une très grande proportion, les électeurs ne trouvaient pas leur nom sur la liste, ils criaient au scandale», a-t-il rapporté hier.

De notre côté, nous avons visité six centres de vote, dans Cité-Soleil, dans la banlieue de La Plaine et à Pétionville. Partout, des gens couraient en vain d'un bureau à l'autre, alors que leur nom ne figurait sur aucune liste.

La tension était forte, au lycée Sainte-Anne de Cité-Soleil, quand des mandataires de partis, chargés de surveiller le vote, se sont rendu compte que leur place avait été prise. Non seulement ils ne pouvaient plus suivre le déroulement de l'élection, mais en plus, il leur était impossible de voter.

«Je ne peux pas faire mon travail de mandataire, ici, Inité (parti de René Préval) a pris toutes les places», a dit Jean Daniel Saint Hilaire.

«Inité a rempli tous les bureaux», a crié un autre mandataire écarté, François Amos. À un moment, tout le monde hurlait dans le bureau de vote, ce qui a créé un vacarme insupportable.

Tous ces accrocs justifient-ils que l'on efface le vote d'hier et que l'on reparte à zéro? «Je comprends l'extrême méfiance à l'égard d'un processus qui n'a pas servi la démocratie», a dit Benoît Charette, qui ne va cependant pas jusqu'à attribuer la pagaille électorale à une action délibérée du gouvernement Préval.

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