Quelle sera la réaction de Damas et ses alliés en cas d'intervention?

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Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde Washington, mais sans menacer d'une riposte. «Les États-Unis essuieront un échec comme lors de toutes les guerres précédentes qu'ils ont lancées», a-t-il déclaré au quotidien russe Izvestia.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Sammy Ketz
Agence France-Presse
Beyrouth, Liban

La réaction de la Syrie et de ses alliés devrait être restreinte en cas de frappe occidentale limitée, mais une attaque d'envergure visant à abattre le régime de Bachar al-Assad enflammerait la région, estiment des experts.

«Tout dépend de la nature, de l'ampleur et de l'objectif d'une frappe occidentale et pour le moment, je sens plutôt une frappe d'admonestation (avertissement, réprimande), sans plus», explique à l'AFP Joseph Bahout, professeur à Sciences-Po Paris.

«Dans ce cas, ni le (mouvement chiite libanais) Hezbollah, ni l'Iran n'iront trop loin», ajoute-t-il. Téhéran et le Hezbollah, qui combat aux côtés de l'armée syrienne contre les rebelles, sont avec la Russie les principaux alliés du régime de Damas.

«On peut imaginer des coups "latéraux et indirects" comme des agressions contre la FINUL (la mission de maintien de la paix de l'ONU au Liban) ou des roquettes anonymes tirées sur Israël, mais au fond rien de bien nouveau», précise M. Bahout.

Mais si les Occidentaux décidaient d'attaques ayant pour objectif de faire tomber le régime, cela changerait tout. «Dans ce cas, on ne peut pas exclure une réaction extrême, notamment de l'Iran, et il reste aussi une inconnue : quelle sera la réaction russe», souligne cet expert du Moyen-Orient.

Moscou a fait savoir qu'une telle intervention aurait «des conséquences catastrophiques», même si son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a affirmé que son pays n'avait «l'intention d'entrer en guerre avec personne».

Des consultations à haut niveau s'intensifient entre les capitales occidentales pour préparer une «réponse sérieuse» après l'attaque chimique présumée qui a fait, selon l'opposition syrienne, des centaines de morts près de Damas.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a assuré pour sa part mardi que son pays disposait de «moyens de défense qui vont surprendre».

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a prévenu que «l'utilisation de moyens militaires aurait de lourdes conséquences non seulement pour la Syrie, mais aussi pour toute la région» lors d'un entretien lundi avec un haut représentant de l'ONU.

«Pour l'instant, l'Iran lance des mises en garde, mais si les Américains décident d'intervenir, ils tomberont dans leur propre piège et l'Iran restera en marge pour observer les Américains et leurs alliés s'enfoncer dans ce bourbier», assure Amir Mohebian, analyste et journaliste basé en Iran.

Guerre régionale?

Néanmoins, pour Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour les études stratégiques, toute frappe, même limitée, peut dégénérer.

«Les Américains pourraient frapper pour préserver leur image face à leurs alliés qui critiquent leur attentisme, pour arriver en position de force face aux Russes dans des négociations de paix et pour donner un coup de pouce sur le terrain aux rebelles», explique-t-il.

Mais, selon lui, «si la frappe a lieu, cela ne s'arrêtera pas, car l'autre partie va riposter (...) et toute la région va s'embraser et ce sera une guerre régionale».

«Qui garantit que les choses s'arrêteront à ce stade-là?», renchérit Ibrahim al-Amine, directeur d'Al-Akhbar, quotidien libanais proche de la Syrie et du Hezbollah. «Qui garantit qu'une telle confrontation ne dégénère pas en une guerre totale et qu'une riposte à la frappe n'ouvre pas les portes de l'enfer?»

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde Washington, mais sans menacer d'une riposte. «Les États-Unis essuieront un échec comme lors de toutes les guerres précédentes qu'ils ont lancées», a-t-il déclaré au quotidien russe Izvestia.

Pour les alliés de Damas, la ligne rouge demeure une action militaire pour faire tomber le régime. Fin avril, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait été très clair.

«La Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des États-Unis, d'Israël ou des groupes takfiri (extrémistes sunnites)», avait-il dit.

«Si la situation devenait plus dangereuse, des États, des mouvements de résistance et d'autres forces seront dans l'obligation d'intervenir de manière efficace (...) sur le terrain», avait-il ajouté.

Un groupe palestinien pro-régime a d'ores et déjà menacé de représailles ceux qui participeraient à une éventuelle attaque.

«Les intérêts dans la région de tous ceux qui participeront à l'agression contre la Syrie seront des objectifs légitimes», a affirmé à l'AFP Anouar Raja, porte-parole à Damas du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

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