Un précédent bilan avait fait état d'une quarantaine de victimes.
«Le double attentat à la voiture piégée sur une place de Jaramana a fait 54 morts et 120 blessés, dont 23 dans un état très grave», selon un bilan fourni par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cette ONG s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins en Syrie.
Selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, 34 personnes ont été tuées et 83 blessées dans «deux attentats terroristes» sur la place principale. Des restes de corps non identifiés ont été mis dans 10 sacs.
L'une des explosions a eu lieu près d'une station-service. La façade d'un immeuble et des dizaines de voitures ont été fortement endommagées, selon un journaliste de l'AFP. Des bouts de chair humaine étaient visibles sur le sol.
«Que veulent-ils de Jaramana? La ville accueille des gens venus de toute la Syrie, que ce soit de Deraa (sud) ou de Soueida (province druze, NDLR)», a lancé un habitant. «Que veulent-ils? Ils veulent tuer les enfants en route pour l'école?», a crié un autre.
Les attaques se sont produites simultanément vers 6 h 30 (23h30 mardi, à Montréal) dans la localité, où vivent en majorité des druzes et des chrétiens, et qui a été la cible de plusieurs attentats meurtriers à la voiture piégée dans les derniers mois.
Les attentats n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat, mais la simultanéité des explosions et le recours aux voitures piégées fait penser au modus operandi des groupes islamistes comme Al-Qaïda.
Depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le régime, qui s'est transformée en guerre civile à cause de la répression, les autorités attribuent les violences à des «groupes terroristes soutenus par l'étranger».
La guerre, qui a fait en 20 mois plus de 40 000 morts selon l'OSDH, ne connaît pas de répit. Des combats opposent rebelles et soldats sur plusieurs fronts en particulier, à Idlib et à Alep dans le nord.
Les insurgés cherchent à étendre leur contrôle sur le nord, le long des frontières turque et irakienne, alors que les troupes du régime tentent de neutraliser les rebelles dans une région allant du sud du pays via la capitale et jusqu'au nord-ouest, à Lattaquié.
Deux appareils de l'armée abattus avec des missiles
Les rebelles ont abattu en moins de 24 heures deux appareils de l'armée en utilisant pour la première fois des missiles, selon l'OSDH.
Mercredi matin, ils ont abattu un chasseur-bombardier dans le nord-ouest, selon un correspondant de l'AFP à la frontière syro-turque. L'appareil s'est écrasé dans une énorme explosion suivie d'un important panache de fumée.
Déjà mardi, les rebelles avaient abattu un hélicoptère avec un missile sol-air, près d'Alep. Il a été touché alors qu'il bombardait les alentours de la base de cheikh Souleimane que les rebelles tentent de prendre.