Washington dénonce la main lourde de la justice égyptienne

Alaa Abdel Fattah, une figure de la révolte... (PHOTO KHALED DESOUKI, AFP)

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Alaa Abdel Fattah, une figure de la révolte anti-Moubarak de 2011, a été condamné lundi à cinq ans de prison.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis, alliés de l'Égypte, ont une nouvelle fois dénoncé lundi la main lourde de la justice de ce pays arabe à l'encontre de militants de la révolte qui avait renversé le président Hosni Moubarak en 2011.

«Question de principe: les États-Unis pensent que la stabilité à long terme d'un pays est consolidée par la protection du droit de ses citoyens à exprimer pacifiquement une forme de dissidence», a énoncé la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

«Ces condamnations ont un effet glaçant sur les libertés d'expression et d'assemblée», a critiqué la responsable lors de son point de presse quotidien.

Elle était interrogée après qu'un tribunal égyptien eut condamné lundi à cinq ans de prison une figure de la révolte anti-Moubarak de 2011, Alaa Abdel Fattah, pour des violences qui avaient eu lieu lors d'une manifestation non autorisée. Les 24 co-accusés du jeune militant de gauche ont été condamnés à des peines allant de trois à quinze ans de prison, alors que les autorités sont accusées de réprimer implacablement toute opposition, islamiste, mais aussi laïque et de gauche.

Mme Psaki a pressé les condamnés d'interjeter appel.

La diplomatie américaine avait émis le même type de commentaire début février lors de condamnations à la prison à vie prononcées par la justice égyptienne contre 230 militants de la révolte de février 2011 qui avait chassé le président Moubarak.

Washington fustige régulièrement les procès de masse en Égypte, notamment contre les partisans des Frères musulmans de l'ancien président renversé en juillet 2013, Mohamed Morsi, une organisation aujourd'hui interdite par le régime du président Abdel Fattah al-Sissi.

Lors d'une conversation téléphonique en décembre, le président Barack Obama avait fait part à son homologue égyptien de sa «préoccupation» concernant les procès de masse, tout en réaffirmant l'importance de la coopération dans la lutte contre l'extrémisme violent.

De fait, depuis la chute du régime Moubarak, les États-Unis sont confrontés à un dilemme avec l'Égypte: Washington exprime régulièrement son mécontentement sur le bilan des droits de l'homme, mais doit aussi compter sur son alliance militaire avec cette pièce maîtresse de la diplomatie américaine dans le monde arabe. Les États-Unis lui allouent chaque année 1,5 milliard de dollars d'aide, dont environ 1,3 milliard en assistance militaire. Une partie de celle-ci avait été gelée en octobre 2013 et conditionnée à des réformes démocratiques.

Des civils libyens tués à la suite des frappes aériennes menées par l'Égypte

L'armée égyptienne n'aurait pas pris toutes les précautions requises pour éviter la mort de civils, en Libye, en menant des frappes aériennes qui visaient des combattants du groupe armé État islamique (ÉI), selon l'organisme Amnistie internationale.

L'Égypte avait lancé cette opération à la suite de l'exécution de 21 Coptes égyptiens à Sirte, en Libye - ville qui est tombée récemment sous le contrôle des extrémistes islamistes. L'armée avait indiqué que les frappes avaient été planifiées minutieusement. La branche libyenne du groupe ÉI s'est d'ailleurs vengée en tuant au moins 40 personnes dans une série d'attentats suicides dans l'est du pays, vendredi.

Dans un communiqué publié lundi, Amnistie internationale a déploré que les Libyens soient la cible de plusieurs attaques alors que survient une escalade de violence dans le pays nord-africain. L'organisme craint que des crimes de guerre soient perpétrés.

La directrice d'Amnistie internationale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, Hassiba Hadj Sahraoui, croit que les civils sont en «danger de mort» dans cette «spirale» de violence qui deviendra bientôt hors de contrôle, a-t-elle expliqué.

Les attaques qui atteignent tant les civils que les combattants constituent des crimes de guerre, a ajouté Mme Sahraoui.

Selon les recherches de l'organisme, les frappes aériennes du 16 février auraient touché un quartier résidentiel, provoquant la mort de sept personnes, dont une mère et ses trois enfants - ces derniers ont péri sous le poids des décombres. Deux autres civils ont succombé à leurs blessures infligées par des éclats d'obus.

Les tirs aériens auraient aussi atteint un campement militaire à proximité d'une zone habitée par les civils, ont révélé des témoins à Amnistie internationale.

Mme Sahraoui a pressé le gouvernement égyptien à dévoiler des informations détaillées sur l'intervention militaire.

«L'Égypte se joint aux autres pays qui mettent en danger les civils en Libye. Le meurtre de sept personnes, dont six étaient dans leur propre maison, devrait faire l'objet d'une enquête puisque cela semble démesuré», a-t-elle plaidé.

Le Human Rights Watch avait aussi rapporté la semaine dernière qu'au moins six civils étaient morts à la suite de l'opération militaire égyptienne.

«Nous avons tiré sur 13 cibles qui avaient été minutieusement examinées et il y a eu de la reconnaissance (aérienne) pour s'assurer que personne ne croie que nous menions des hostilités contre les civils», s'est défendu le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, par communiqué, dimanche.

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