Le journaliste Mohamed Fahmy pourrait être libéré sous peu

Mohamed Fahmy (au centre) avait été arrêté en... (Photo archives Heba Elkholy, AP)

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Mohamed Fahmy (au centre) avait été arrêté en décembre 2013 avec le correspondant australien Peter Greste (à droite) et le producteur égyptien Baher Mohamed. on les voit ici lors de leur procès au Caire en mars dernier.

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Le journaliste canado-égyptien emprisonné en Égypte depuis plus d'un an Mohamed Fahmy pourrait être libéré dans les prochains jours. La libération, hier, du collègue de M. Fahmy, le journaliste australien Peter Greste, a redonné un réel espoir à l'entourage du Canadien.

«Même si on reste prudents, nous avons des sources fiables haut placées qui nous disent qu'il sera libéré dès que les papiers de révocation de sa nationalité égyptienne seront prêts», a déclaré à La Presse Tom Henheffer, directeur de l'Association canadienne des journalistes pour la liberté d'expression. Selon ce dernier, ce ne serait qu'une question de jours.

Un avocat de M. Fahmy a indiqué que son client saluait la libération de son collègue. «Il m'a dit de dire qu'il était très heureux que Peter ait été libéré et qu'il espère bénéficier du même sort.»

De son côté, la fiancée de Mohammed Fahmy, Marwa Omara, a confié à l'agence Reuters qu'elle avait confiance qu'il serait bientôt libéré et déporté au Canada.

«Sa déportation en est à ses dernières étapes. Nous avons confiance», a-t-elle dit.

Le réseau ABC a également indiqué que le ministre de l'Intérieur égyptien avait confirmé que la libération de Fahmy «suivrait» celle de Greste. M. Henheffer, qui est en contact avec la famille du journaliste, affirme que le moral de ce dernier est bon.

Les deux journalistes d'Al-Jazeera avaient été arrêtés en décembre 2013 avec un producteur égyptien, Baher Mohamed. Ils sont accusés d'avoir «diffusé de fausses informations» en «soutien» aux Frères musulmans. Greste et Fahmy ont été condamnés en juin dernier à sept ans de prison alors que leur collègue a reçu une peine de 10 ans.

Un nouveau procès a toutefois été ordonné au début du mois de janvier, mais la cour a refusé de les libérer d'ici à ce que la cause soit entendue de nouveau.

Décret présidentiel

La décision d'expulser Peter Greste vers l'Australie a été prise par décret présidentiel, a confirmé un haut responsable du ministère de l'Intérieur à l'AFP. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, avait annoncé en novembre qu'un nouveau décret lui donnait maintenant le droit de déporter des étrangers condamnés ou en instance de jugement.

M. Greste s'est envolé en fin d'après-midi, dans la plus grande discrétion, de l'aéroport du Caire à destination de Chypre, à bord d'un vol régulier d'Egypt Air, selon des responsables de la sécurité.

Mohamed Fahmy doit renoncer à sa nationalité égyptienne avant de pouvoir être expulsé. La loi ne peut être appliquée au producteur Baher Mohamed puisqu'il est Égyptien. Mais, selon les sources de M. Henheffer, certaines discussions sont en cours pour le naturaliser qatari afin qu'il soit libéré à son tour.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a indiqué dans un communiqué hier qu'il s'était entretenu avec son homologue égyptien, Sameh Shoukry. Il dit avoir accueilli «favorablement les développements positifs» et a souligné qu'il gardait espoir d'une libération prochaine pour M. Fahmy.

Il a ajouté que les représentants canadiens continueront à collaborer avec le gouvernement égyptien afin de fournir de l'aide consulaire à M. Fahmy.

Mais, selon M. Henheffer, le gouvernement canadien s'est traîné les pieds dans cette histoire. «Ç'a été très difficile de faire en sorte que le gouvernement s'implique, il n'a jamais demandé l'abandon des accusations, ils n'ont pas voulu appliquer une diplomatie musclée alors que l'Australie l'a fait et on voit le résultat... On verra ce que Fahmy en dira à son retour au pays», dit-il.

La libération de M. Greste survient le jour même où le média égyptien indépendant Mada Masr a publié une lettre de la mère de Fahmy dans laquelle elle implore le président égyptien al-Sissi de libérer son fils.

«Mon fils est innocent et a un besoin urgent de soins médicaux pour traiter une hépatite C et des problèmes chroniques à l'épaule [traduction libre]», écrit-elle.

«Monsieur le Président, en tant que journaliste, mon fils n'a jamais travaillé pour ternir l'image de l'Égypte. C'est plutôt ce dossier [sur l'emprisonnement de journalistes] d'Al-Jazeera qui salit maintenant la réputation de l'Égypte à l'étranger.»

Elle cite également son fils, qui lui a confié il y a quelques jours: «Le plus difficile à propos de l'emprisonnement est de savoir que vous êtes innocent. Je vais me battre pour prouver mon innocence aussi longtemps qu'il le faudra parce que la liberté est un droit, pas un privilège.»

- Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

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