Condamnés à mort en Égypte: la cour justifie son verdict

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Une femme regarde vers le ciel après avoir appris la condamnation à mort de 529 accusés, le 25 mars dernier.

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Agence France-Presse
LE CAIRE

Le tribunal égyptien qui a récemment condamné à mort 37 islamistes présumés et 492 autres à la prison à perpétuité a justifié dimanche son verdict en expliquant qu'ils étaient des «démons» et que leur livre sacré était «le Talmud».

Le tribunal de Minya (centre) a déclenché un tollé international en condamnant ces derniers mois à la peine capitale des centaines de personnes - présentées comme des partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi - lors de deux procès de masse dont l'unique audience n'a duré que quelques minutes.

Fin mars, 529 accusés ont ainsi été condamnés à mort. Mais un mois plus tard, le même juge a commué leur peine en 37 peines capitales et 492 à perpétuité, avant de prononcer un nouveau verdict prévoyant la peine de mort pour 683 autres personnes, dont le Guide suprême des Frères musulmans de M. Morsi. Ce second verdict doit encore être confirmé le 21 juin.

Les 1200 islamistes présumés - dont quelque 1000 jugés par contumace - étaient accusés de violences en marge de manifestations survenues le 14 août 2013 pour dénoncer la dispersion de milliers de pro-Morsi au Caire. Ce jour-là, policiers et soldats ont tué plus de 700 personnes sur deux places de la capitale.

Dans la première affaire, les 529 accusés devaient répondre du meurtre d'un officier de police, d'«attaques contre des personnes, de destructions de biens publics et privés et de violences».

«Les accusés sont sortis des abîmes de l'enfer (...) pour piller l'Égypte de ses richesses, tyranniser son peuple, et ils ont tué le commissaire adjoint», affirme le tribunal qui les qualifie de «démons» et d'«ennemis de la nation» ayant utilisé les mosquées pour promouvoir les enseignements de «leur livre saint, le Talmud», le livre sacré du judaïsme.

Alors que les avocats n'ont pas pu plaider et affirment que plusieurs des accusés étaient décédés ou hors du pays au moment des faits, la cour les accuse de ne pas avoir présenté une défense correcte, perturbant l'audience pour réclamer le retour au pouvoir «de leur pharaon».

L'ONU avait dénoncé «les plus grands procès de masse de l'Histoire récente» tandis que la presse égyptienne avait unanimement salué ce verdict sévère.

L'homme fort d'Égypte, l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi qui vient de remporter haut la main la présidentielle, avait refusé de commenter, soulignant l'indépendance de la justice.




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