Une nouvelle icône nationaliste de l'Egypte

Abdel Fattah al-Sissi, qui a annoncé mercredi qu'il serait candidat à la... (Photo: AP)

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Agence France-Presse
Le Caire

Abdel Fattah al-Sissi, qui a annoncé mercredi qu'il serait candidat à la présidentielle prévue au printemps en Egypte, est la personnalité la plus populaire du pays, ses partisans le comparant au leader charismatique Gamal Abdel Nasser.

Le 3 juillet, c'est lui qui apparaissait sur les écrans de télévision pour annoncer la destitution du seul président jamais élu démocratiquement du pays, l'islamiste Mohamed Morsi, issu de l'influente confrérie des Frères musulmans.

Mercredi soir, il s'est présenté aux Egyptiens «pour la dernière fois dans un uniforme militaire», selon ses mots, pour se lancer «en toute humilité» dans la course à la présidence du plus peuplé des pays arabes. Pour annoncer sa candidature, il a en effet dû quitter ses fonctions, abandonnant ses postes de ministre de la Défense, de vice-Premier ministre et de chef de l'armée.

Le maréchal Sissi et Gamal Abdel Nasser --lui aussi un militaire--, devenu dans les années 1950 et 1960 le champion du panarabisme et des Non-Alignés, ont notamment en commun d'avoir chacun mené une sanglante répression contre les Frères musulmans.

Mais, contrairement à Nasser et à ses discours enflammés, Sissi, s'exprime peu en public, et toujours d'une voix doucereuse, travaillant postures et intonations.

Son entourage le décrit comme pieux, affirme qu'il met un point d'honneur à accomplir ses cinq prières quotidiennes et que son épouse, comme la très grande majorité des Egyptiennes, porte le hijab.

Agé de 59 ans, Abdel Fattah al-Sissi était entré au gouvernement sous la présidence Morsi en août 2012. Sa nomination avait alimenté de nombreuses spéculations sur une mise au pas de l'armée et sur une possible allégeance des militaires aux nouveaux dirigeants islamistes.

Quelques jours avant de le déposer et de l'arrêter, les militaires avaient lancé un ultimatum à Mohamed Morsi --seul chef d'État égyptien non issu des rangs de l'armée--, affirmant répondre aux millions de manifestants descendus dans la rue pour réclamer son départ.

Au même moment, Sissi --alors général et ministre de la Défense-- assistait à un discours vindicatif du président islamiste, le sourire aux lèvres. Quelques jours plus tard, il l'envoyait en prison.

Depuis, la popularité de celui qui a été promu maréchal fin janvier --un cadeau d'«au revoir» de l'institution militaire à son chef, selon des hauts gradés-- ne cesse de grandir, son portrait s'étalant partout, dans les rues et les commerces, et même dans certaines administrations.

Bête noire des islamistes 

Dans un pays régulièrement secoué par des crises et déserté par les touristes depuis la révolte populaire de 2011 qui chassa du pouvoir Hosni Moubarak, lui aussi issu de l'armée, Abdel Fattah al-Sissi incarne l'homme fort capable de faire revenir la stabilité.

Mais pour les pro-Morsi qui continuent de manifester quotidiennement malgré une répression qui a fait plus de 1.400 morts, «Sissi est un assassin», selon des slogans tagués par des partisans du président destitué sur les murs du Caire, des slogans toutefois rapidement éclipsés par les nombreux portraits du général.

Mi-2011, alors chef du renseignement militaire et membre du Conseil suprême des forces armées qui avait assuré l'intérim entre Hosni Moubarak et Mohamed Morsi, Sissi avait justifié les tests de virginité pratiquées par l'armée sur des manifestantes, selon Amnesty International.

Il avait toutefois souligné «la nécessité de changer la culture des forces de sécurité et donné des assurances que des instructions avaient été données de ne pas utiliser la violence contre les manifestants», selon Amnesty.

Né au Caire en novembre 1954, diplômé en sciences militaires de l'académie militaire égyptienne en 1977, il a ensuite étudié dans une académie militaire britannique en 1992 avant de rejoindre, comme de nombreux officiers égyptiens, une école militaire américaine en 2006, où il a rédigé un mémoire intitulé «La démocratie au Moyen-Orient» dans lequel il insistait sur le rôle de l'islam dans la législation notamment.

Il a quatre enfants, une fille et trois garçons ayant rejoint les rangs de l'armée et dont l'aîné est marié à la fille de l'actuel chef des renseignements militaires.




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