Le maréchal Sissi annonce dans la controverse sa candidature à la présidentielle

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L'annonce est pourtant sans surprise et il est assuré de l'emporter, l'armée ayant demandé la semaine dernière au très populaire maréchal Sissi (au centre), 59 ans, de se présenter à la présidentielle.

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Agence France-Presse
Koweït

Le chef de l'armée égyptienne Abdel Fattah al-Sissi, architecte de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi et nouvel homme fort du pays, a annoncé jeudi à un journal koweïtien qu'il serait candidat à la présidentielle prévue dans les trois mois.

Une mauvaise interprétation des propos du maréchal, a aussitôt rétorqué l'armée égyptienne, assurant qu'il réserverait l'annonce de sa candidature au «peuple égyptien».

L'annonce est pourtant sans surprise et il est assuré de l'emporter, l'armée ayant demandé la semaine dernière au très populaire maréchal Sissi, 59 ans, de se présenter à la présidentielle.

«Oui, la question a été tranchée. Je n'ai pas d'autre choix que de répondre à l'appel du peuple égyptien», déclare le maréchal Sissi dans une interview publiée par le quotidien koweïtien Al-Seyassah.

M. Sissi affirme que «l'appel (du peuple) a été entendu partout et je ne le rejetterai pas. Je demanderai un renouvellement de la confiance du peuple à travers un scrutin libre», ajoute-t-il.

L'armée a publié un communiqué sans jamais démentir une future candidature. Les propos prêtés par Al-Seyassah au maréchal Sissi «relèvent de l'interprétation journalistique et pas de citations directes», affirme le porte-parole de l'armée, le colonel Ahmed Aly, ajoutant: «La décision de se présenter, ou non, à la présidentielle est une décision personnelle que le maréchal Sissi prendra devant le peuple égyptien et personne d'autre».

«Si c'est vrai, c'est vraiment critiquable», s'était ainsi exclamé dans la nuit Khairi Ramadan, l'hôte d'un populaire talk-show de la télévision privée CBC, lorsque la rumeur de l'interview koweïtienne a commencé à se répandre. «Si vous vous êtes décidé, Maréchal, pourquoi ne pas l'avoir annoncé à nous directement?», s'émouvait Ramadan.

Le gouvernement mis en place par M. Sissi réprime implacablement et dans le sang toute manifestation de l'opposition, islamiste ou non, depuis la destitution et l'arrestation le 3 juillet du président Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte.

Le nouvel homme fort de l'Égypte répète depuis lors avoir destitué M. Morsi pour répondre aux demandes de millions de manifestants descendus dans la rue réclamer son départ l'accusant de vouloir islamiser à marche forcée la société égyptienne.

Il a déclaré qu'il demanderait l'aide du peuple pour «guérir l'Égypte de sa maladie chronique, qui s'est aggravée au cours des dernières années», dans une allusion aux Frères musulmans.

Mais il a insisté sur le fait qu'il ne donnerait pas de faux espoirs au peuple égyptien quant à une résolution rapide des problèmes. «Nous ne nous jouerons pas de leurs espoirs et nous ne leur dirons pas que nous avons une baguette magique».

Également ministre de la Défense et vice-premier ministre, M. Sissi a cependant souligné que l'état de la sécurité en Égypte était en train de s'améliorer. L'Égypte est le théâtre de violences depuis la destitution de M. Morsi avec notamment des attentats visant surtout les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï mais aussi au Caire.

Le maréchal Sissi a par ailleurs déclaré que, s'il était élu, il appellerait à une alliance entre les pays arabes «pour mener une guerre commune contre le terrorisme».

«Je crois que les États du Conseil de coopération du Golfe et d'autres pays accueilleront favorablement une telle union pour éradiquer la terreur», a-t-il dit.

Le maréchal Sissi est soutenu par les riches monarchies pétrolières du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les autorités égyptiennes avaient annoncé que la présidentielle se tiendrait sous trois mois et avant les législatives, un calendrier taillé sur mesure pour le militaire devenu en sept mois la personnalité la plus populaire du pays.

Il vient d'être élevé au grade le plus élevé de l'armée, un honneur vu par plusieurs hauts responsables comme un «au revoir» de l'armée à son chef, qui devra quitter ses fonctions au sein de l'institution militaire avant de déposer sa candidature, comme le stipule la Constitution.




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