Une deuxième chance, estiment les Égyptiens de Montréal

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Emad Raphaël

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L'Égypte après Moubarak
L'Égypte après Moubarak

Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Caroline D'astous
La Presse

La joie pouvait se lire sur les visages des Égyptiens de Montréal au lendemain du renversement par l'armée du président Mohamed Morsi. Refusant de parler d'un « coup d'État », ils estiment que le peuple vient de se donner une deuxième chance, permettant ainsi de « corriger les erreurs de la première révolution », pensent-ils.

Les discussions étaient animées au café égyptien Jounieh, jeudi, à Montréal. Dans les deux salles principales, les téléviseurs diffusaient des nouvelles de leur pays natal. Pas question pour les Égyptiens montréalais de manquer une seule information sur l'évolution de la situation.

« Je suis devant mon écran depuis vendredi. Les gens viennent et s'informent. Hier, des dizaines de gens sont venus fêter le départ de Morsi. Nous avons même servi du charbat (eau de rose), une boisson qu'on sert lors des grands événements, comme un mariage », dit le propriétaire, Emad Raphaël, les yeux pétillants.

« Nous avons tous des sentiments partagés sur la situation actuelle en Égypte. Mais nous sommes tous heureux du départ de l'ancien président, expliquent d'une même voix les soeurs Jenny Sardi et Marie Nicopoulos. Mais ce n'est pas un coup d'État militaire : les militaires ont écouté le peuple, évitant une guerre civile », estiment-elles.

Corriger les erreurs

Pour Emad Raphaël, après la première révolution, le peuple n'a pas eu le temps de s'exprimer sur un véritable choix de gouvernement. « Ce n'est pas une deuxième révolution, on a corrigé les erreurs de la première révolution, dit-il. On peut trouver un pharaon en chacun de nous. »

Une opinion partagée par Antoine Kassis. « La voix du peuple est fondamentalement sage, a-t-il dit. Les dirigeants ne peuvent plus gouverner comme avant en Égypte. Il faut aussi changer la Constitution pour revenir à plus de démocratie », estime-t-il.

Pour Atef Raphaël, la religion n'a pas sa place dans les affaires de l'État. « La religion est pour Dieu et le pays est pour le peuple », a-t-il lancé d'une voix retentissante dans le café, précisant que c'était une phrase toute simple que les écoliers égyptiens apprenaient autrefois.

« Il faut qu'en Égypte, tous les Égyptiens soient égaux devant la loi. J'ai beaucoup de foi et d'espoir pour mon pays. Il va falloir maintenant aller vers la réconciliation. Et il faut que le prochain dirigeant soit quelqu'un d'honnête et droit », souhaite-t-il.

Avec l'Agence France-Presse

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