En quatre mots: une Constitution égyptienne controversée

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Les opposants du président Morsi le surnomme dorénavant le pharaon.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Louise Leduc
La Presse

La crise politique s'envenime en Égypte. Des dizaines de milliers de manifestants ont encerclé hier le palais présidentiel pour protester contre le style dictatorial du président Mohamed Morsi et contre son projet de Constitution devant être soumis à référendum dans moins de 15 jours. Les forces de l'ordre ont tenté de disperser la foule, en vain. En quatre mots, explications sur cet autre sursaut de colère au pays des pharaons.

Pharaon

C'est le surnom donné au président Mohamed Morsi par ses opposants, parmi lesquels se trouvent l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU, Mohamed El Baradei. Bon nombre d'analystes font aussi remarquer que Morsi s'est arrogé des pouvoirs présidentiels qui vont au-delà de ceux de ses prédécesseurs, y compris le dictateur déchu, Hosni Moubarak.

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Des opposants au président Morsi manifestent devant le palais présidentiel, le 4 décembre.

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Juges

Le président a limogé le procureur général de la République, il a émis un décret selon lequel les décisions présidentielles sont désormais irrévocables et il a interdit à la Haute Cour constitutionnelle de statuer sur la légalité de la commission chargée de la rédaction de la nouvelle constitution. En guise de protestation, cette Haute Cour constitutionnelle s'est mise en grève. La mobilisation des juges - et des laïcs en général - saura-t-elle se maintenir? Le politologue Sami Aoun rappelle que le président joue déjà très fort la carte de la légitimité qui ne peut venir que de la religion, un argument qui a une forte résonnance dans un pays si fervent. De plus, l'Égypte, un pays très pauvre, risque d'être rattrapée par le désir d'une certaine stabilité.

Un haut responsable du Parti de la liberté... (PHOTO AFP) - image 3.0

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Un haut responsable du Parti de la liberté et de la justice (organe politique des Frères musulmans et parti du président Morsi), Amr Darrag, exhibe la nouvelle constitution, lors d'une conférence de presse, hier, au Caire.

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Charia

La nouvelle Constitution, tout comme la précédente, prévoit que «les principes de la charia» sont «la principale (et donc pas la seule) source de la législation». Ce qui irrite, notamment, c'est une nouveauté: on y précise que ces principes doivent être interprétés selon la doctrine sunnite. «La liberté de croyance est garantie», mais les musulmans, les chrétiens et les juifs sont les seules dénominations religieuses explicitement citées. Le sort des autres minorités religieuses inquiète des organisations comme Amnistie internationale.

Le président égyptien Mohamed Morsi.... (PHOTO KHALED DESOUKI, AFP) - image 4.0

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Le président égyptien Mohamed Morsi.

PHOTO KHALED DESOUKI, AFP

Inexpérience

Un jour, Morsi reçoit Hilary Clinton, se dit un allié de l'Occident et se montre prêt à jouer un rôle important dans le cessez-le-feu entre Israël et Gaza. Un autre, il se montre plus répressif que jamais. À quoi attribuer cette ambivalence? Selon le politologue Sami Aoun, cela peut être dû à l'inexpérience du président, qui n'a jamais été ministre ou député et qui est sous forte influence des Frères musulmans.

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