Le fossé se creuse entre les juges et le président Morsi

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Le président égyptien Mohamed Morsi (au centre) salue ses partisans réunis à la place Tahrir, au Caire, le 29 juin.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Jailan Zayan
Agence France-Presse
Le Caire

L'Égypte s'enfonçait dans la crise lundi après le refus d'un influent groupe de juges de superviser le référendum sur le projet de Constitution prévu le 15 décembre, dans un contexte de tensions croissantes entre le président Mohamed Morsi et le pouvoir judiciaire.

Plusieurs journaux égyptiens ont publié lundi en Une le même dessin montrant un journal menotté dans une cellule, avec en légende : «Une Constitution qui supprime des droits et menotte la liberté. Non à la dictature».

Ces journaux, dont Al-Watan et Al-Masry Al-Youm, font partie des 11 quotidiens qui ne paraîtront pas mardi pour protester contre le manque de garanties pour la liberté de la presse dans le texte qui divise le pays et doit être soumis à référendum.

Plusieurs partis et groupes de l'opposition qui dénoncent le projet de Loi fondamentale et les pouvoirs élargis que M. Morsi s'est attribués jusqu'à son entrée en vigueur ont également appelé à un nouveau rassemblement qualifié de «dernier avertissement» mardi devant le palais présidentiel.

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Plusieurs journaux égyptiens ont publié lundi en Une le même dessin montrant un journal menotté dans une cellule, avec en légende : «Une Constitution qui supprime des droits et menotte la liberté. Non à la dictature».

PHOTO GIANLUIGI GUERCIA, AFP

Dimanche soir, le Club des juges d'Égypte, qui avait déjà appelé les tribunaux à cesser le travail jusqu'à ce que M. Morsi renonce à ses pouvoirs élargis, a annoncé que les magistrats, dont la plupart ont été nommés sous Hosni Moubarak, ne superviseraient pas le référendum.

«Tous les juges d'Égypte se sont accordés pour ne pas superviser un référendum sur un projet de Constitution et pour le boycotter», a affirmé le président du Club des juges, Ahmed al-Zind, alors qu'il revient au pouvoir judiciaire d'assurer la surveillance des scrutins et d'en proclamer les résultats.

Quelques heures plus tôt, la Haute cour constitutionnelle avait rejoint la Cour de cassation et d'autres tribunaux du pays dans une grève illimitée pour dénoncer des «pressions» exercées par le camp du président islamiste.

Des islamistes ont en effet encerclé ses locaux dimanche, alors qu'elle entendait examiner la validité de la commission constituante malgré un décret présidentiel annulant ce type de recours.

14 000 juges

Le pouvoir judiciaire est engagé dans une épreuve de force avec M. Morsi depuis la décision du président le 22 novembre d'interdire tout recours en justice contre ses décisions et contre la commission constituante, boycottée par l'opposition de gauche et laïque ainsi que par les Églises chrétiennes.

Après des mois de blocage, cette commission a adopté à la hâte la semaine dernière un projet de Constitution auquel il est reproché de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression ou de religion, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

La crise a provoqué depuis 10 jours une forte mobilisation dans les rues. Ainsi samedi, des centaines de milliers d'islamistes ont manifesté leur soutien à M. Morsi, au lendemain d'un rassemblement massif de l'opposition contre les pouvoirs élargis du président et contre le projet de Constitution.

M. Morsi, qui a plusieurs fois assuré que ses pouvoirs élargis prendraient fin dès l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution, a invité samedi tous les Égyptiens à se prononcer sur le texte lors d'un référendum le 15 décembre.

Dimanche après-midi, un responsable islamiste ayant participé à l'élaboration du texte avait estimé que la fronde des juges n'empêcherait pas le bon déroulement du scrutin.

«Je suis sûr qu'au final, les juges vont superviser le référendum. Nous avons 14 000 juges. Personne n'a dit que les 14 000 étaient du même avis», a déclaré Amr Darrag, haut responsable du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères musulmans, dont M. Morsi est issu.

Le vice-président Mahmoud Mekki, lui-même un magistrat respecté, a insisté dans un entretien à la télévision sur le caractère provisoire des pouvoirs élargis de M. Morsi, et assuré que le président ne comptait pas en abuser.

Dimanche, M. Darrag avait fait valoir que le décret du 22 novembre avait été rendu nécessaire par le caractère «hautement politisé» de la cour constitutionnelle, qui a provoqué en juin la dissolution de l'assemblée à majorité islamiste et s'apprêtait, selon lui, à faire de même pour la commission constituante et pour la chambre haute du Parlement.

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