La police cherche à disperser les manifestants au Caire

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Des prostestataires ont fait un sit-in, Place Tahrir, au Caire, vendredi.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Haitham El-Tabei
Agence France-Presse
Le Caire

Les forces de sécurité ont tiré samedi au Caire des gaz lacrymogènes pour disperser des opposants au président Mohamed Morsi, Washington et l'Europe exprimant leur inquiétude après la décision du chef de l'État islamiste de renforcer ses pouvoirs déjà très étendus.

Une trentaine de tentes étaient installées sur la place Tahrir, des opposants ayant décidé d'observer depuis la veille un sit-in pour protester contre les nouvelles prérogatives de M. Morsi, a constaté un journaliste de l'AFP.

De petits groupes de manifestants continuaient d'occuper la place en fin de matinée, après avoir fui un peu plus tôt les gaz lacrymogènes en se réfugiant dans des rues adjacentes. Le trafic était quasiment interrompu sur ce grand carrefour habituellement encombré du centre-ville.

«L'Égypte entre dans une nouvelle révolution car notre intention n'était pas de remplacer un dictateur par un autre», a déclaré un manifestant, Mohammed al-Gamal, en allusion à la révolte populaire qui avait renversé Hosni Moubarak en février 2011.

La veille, des milliers de personnes s'étaient rassemblées sur cette place à l'appel de personnalités ou de mouvements laïques et libéraux en criant «Morsi dictateur», alors que des manifestants avaient incendié des locaux du parti politique issu des Frères musulmans dans d'autres villes du pays.

Une manifestation rivale, aux cris de «Morsi on t'aime» s'était tenue devant le palais présidentiel dans la capitale, en soutien au président qui s'est dit déterminé à assumer ses pouvoirs renforcés annoncés jeudi dans une «déclaration constitutionnelle».

Candidat des Frères musulmans, M. Morsi, élu en juin, dispose déjà du pouvoir exécutif mais aussi législatif, l'Assemblée ayant été dissoute avant son élection. Ces nouvelles prérogatives mettent ses décisions à l'abri de recours devant un pouvoir judiciaire avec qui il entretient des relations houleuses.

Vendredi devant ses ses supporters devant le palais présidentiel, il a promis que le pays continuerait sur la voie de «la liberté et la démocratie». Pour ses partisans, le renforcement de ses pouvoirs permettra d'accélerer les réformes en ce sens.

Ces dispositions sont censées durer jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution, un processus aujourd'hui enlisé et qui pourrait prendre plusieurs mois.

Le Courant populaire, dirigé par le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, troisième de la présidentielle de juin, a appelé à une manifestation de masse mardi pour obtenir que M. Morsi revienne sur ses décisions.

D'autres ténors de l'opposition, comme l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU Mohamed ElBaradei ont également dénoncé les mesures prises par M. Morsi, qualifié de «nouveau pharaon».

Dans la communauté internationale, Américains et Européens ont exprimé leur inquiétude de voir ces mesures entraver la démocratisation du pays le plus peuplé du monde arabe.

Washington a rappelé que «l'une des aspirations de la révolution (de 2011) était de s'assurer que le pouvoir ne serait pas trop concentré entre les mains d'une seule personne ou d'une institution».

Le département d'État américain a souligné que le renforcement des pouvoirs de M. Morsi «suscitait des inquiétudes» et appelé les différentes parties à résoudre leurs différends «par le dialogue démocratique».

L'Union européenne a appelé le président égyptien à respecter «le processus démocratique» et Paris a estimé que les décisions prises n'allaient pas «dans la bonne direction».

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont critiqué M. Morsi.

«Les nouveaux pouvoirs annoncés par le président égyptien foulent l'Etat de droit et annoncent une nouvelle ère de répression», affirme Amnesty International dans un communiqué.

Pour Freedom House, basée à Washington, ces décisions «étendent les pouvoirs présidentiels au delà de ceux qu'avaient ses prédécesseurs, y compris Moubarak».

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