Les forces armées libyennes bombardent un pétrolier grec

Un pétrolier battant pavillon nord-coréen est vu au... (PHOTO ESAM OMRAN AL-FETORI, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Un pétrolier battant pavillon nord-coréen est vu au large du port libyen de Ras Lanouf, le 8 mars dernier.

PHOTO ESAM OMRAN AL-FETORI, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les soulèvements populaires dans le monde arabe. »

Agence France-Presse
BENGHAZI, Libye

Deux membres d'équipage d'un pétrolier, un Grec et un Roumain, ont été tués dans une attaque aérienne des forces armées libyennes contre ce navire présenté comme «suspect» au large de Derna (est), selon les autorités libyennes et grecques.

«Un bateau suspect a été bombardé dimanche par les forces aériennes libyennes», a indiqué à l'AFP un porte-parole du commandement des forces libyennes, le colonel Ahmed Mesmari. Il a expliqué que l'équipage du pétrolier n'avait pas obtempéré aux ordres lui enjoignant de s'arrêter pour être fouillé avant son entrée au port de Derna, fief des islamistes.

Selon les gardes-côtes grecs, le bombardement a fait aussi deux blessés parmi les 26 membres d'équipage du pétrolier Araevo battant pavillon libérien.

L'attaque a eu lieu «dans la soirée», ont précisé les gardes-côtes à l'AFP, ajoutant que le navire-citerne effectuait une liaison intérieure et était à l'ancre avec 1600 tonnes de pétrole dans ses réservoirs. Vingt-et-un membres de l'équipage sont de nationalité philippine, trois de nationalité grecque et deux autres roumaine.

«Des ordres ont été donnés au bateau de s'arrêter dès qu'il s'est approché du port de Derna afin de vérifier si sa cargaison contenait ou non des armes et munitions destinées aux extrémistes qui contrôlent la ville, mais l'équipage n'a pas obtempéré, ce qui le rendait suspect aux yeux de l'armée qui combat le terrorisme», a affirmé le colonel Mesmari.

«La Grèce condamne dans les termes les plus fermes possible l'attaque aérienne non provoquée et lâche» contre le pétrolier Araevo, a réagi le ministère des Affaires étrangères.

«Le bateau, selon les informations de la compagnie maritime, a été affrété par la compagnie d'État libyenne National Oil Corporation (NOC) et effectuait depuis de nombreuses années la route Marsa El Brega - Derna sans problème», a-t-il précisé dans un communiqué.

«Le gouvernement grec prendra toutes les mesures nécessaires à l'égard des autorités libyennes - malgré la situation instable - pour aider à l'enquête sur les circonstances de cet événement tragique, l'identification et la punition des auteurs de l'attaque», a-t-il ajouté.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de conflit en 2011 et les autorités n'arrivent pas à contrôler les dizaines de milices formées d'ex-insurgés qui font la loi en l'absence d'une armée et d'une police régulières bien entraînées.

Le pays est dirigé par deux gouvernements et deux Parlements qui se disputent le pouvoir à distance.

Située entre Benghazi et la frontière avec l'Égypte, la ville de Derna est devenue le fief des partisans du groupe armé État islamique (EI) en Libye, selon des experts. Transformée en «émirat islamique», elle accueille régulièrement des combattants étrangers depuis 2011, notamment pour y être entraînés avant d'être envoyés en Irak ou en Syrie.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer