Violents combats entre groupes armés à Benghazi

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi... (PHOTO ABDULLAH DOMA, ARCHIVES AFP)

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Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, Benghazi est le théâtre d'attaques et d'assassinats quasi quotidiens visant l'armée et la police.

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Agence France-Presse
BENGHAZI

Au moins 24 personnes ont été tuées et près de 150 blessées dans des affrontements vendredi à Benghazi, dans l'Est libyen, entre des milices islamistes et un groupe paramilitaire, au cours desquels des avions et hélicoptères de combat ont été utilisés.

Des unités de l'aviation libyenne loyales à Khalifa Haftar, un général à la retraite, ont bombardé vendredi matin des positions de groupes d'ex-rebelles islamistes à Benghazi, selon l'armée.

Le chef d'état-major de l'armée libyenne, Abdessalem Jadallah, a toutefois démenti toute implication de l'armée régulière dans ces affrontements.

Dans une déclaration à la télévision nationale, M. Jadallah a appelé «l'armée et les révolutionnaires à s'opposer à tout groupe qui tente de contrôler Benghazi par la force des armes».

Khalifa Haftar, un ancien commandant de la rébellion ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, a pour sa part évoqué une opération destinée à «purger» Benghazi des «groupes terroristes» sous le nom de «dignité», selon un porte-parole de la force qu'il conduit et qui se fait appeler «l'armée nationale».

«Ce n'est pas une guerre civile. C'est une opération de l'armée contre les groupes terroristes», a assuré ce porte-parole, Mohamed al-Hijazi, un ancien officier de l'armée régulière.

Le chef du gouvernement intérimaire, Abdallah Al-Theni, a qualifié la force de Haftar de «groupe hors-la-loi», lors d'une conférence de presse au cours de laquelle il a appelé les ex-rebelles et les habitants de Benghazi à la retenue, affirmant que l'armée libyenne «contrôlait la situation sur le terrain».

Un calme précaire régnait en début de soirée à Benghazi, selon un journaliste de l'AFP, tandis que des témoins ont indiqué que les forces de Haftar s'étaient retirées vers la région de Sidi Fradj, au sud de la ville.

Les combats ont fait au moins 24 morts, selon des sources hospitalières.

Le Centre médical et l'hôpital al-Jala de Benghazi ont reçu 16 morts et 49 blessés, l'hôpital d'Al-Marj (100 km à l'est de Benghazi) 4 morts et 70 blessés et l'hôpital d'Al-Abyar (70 km au sud-ouest de la ville) 4 morts et 27 blessés.

La force de Haftar était appuyée par des avions et des hélicoptères de combats qui ont visé des sites occupés par des groupes islamistes se présentant comme des «révolutionnaires» ayant combattu le régime de Kadhafi en 2011.

Raids aériens 

Selon des témoins, le quartier général de la «Brigade du 17 février», une milice islamiste, a été la cible de raids aériens. La milice a riposté par des tirs de canons antiaériens, selon la même source.

Le chef d'état-major ainsi qu'une source au sein de la Brigade du 17 février ont confirmé ces bombardements. M. Jadallah a en outre reconnu que des officiers et des unités de l'armée régulière avaient fait défection et rejoint la force du général Haftar.

Des affrontements violents ont opposé aussi les deux groupes autour de sites occupés par les milices islamistes dans la région de Sidi Fradj, selon un correspondant de l'AFP.

Face à une vague d'assassinats et d'attaques contre l'armée dans l'Est libyen, des tribus et des militaires se sont alliés à la force de Haftar, appuyée également par des rebelles autonomistes.

Originaire de l'Est libyen, Khalifa Haftar a fait défection de l'armée de Kadhafi à la fin des années 1980. Il est rentré en Libye pour participer à la rébellion de 2011, après avoir passé près de 20 ans aux États-Unis.

Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, Benghazi est le théâtre d'attaques et d'assassinats quasi quotidiens contre l'armée et la police. Non revendiqués, ils sont attribuées aux nombreux groupes islamistes lourdement armés dans la région.

En mars, le gouvernement intérimaire a reconnu pour la première fois l'existence de «groupes terroristes», en particulier à Benghazi et à Derna, à 280 km plus à l'est.

Aucune mesure concrète n'a été toutefois constatée depuis et les autorités de transition, incapables pour l'instant de former une police et une armée professionnelles, peinent toujours à contrôler les milices d'ex-rebelles.

Dans ce contexte et après de nombreux enlèvements et attaques ayant visé des représentations diplomatiques en Libye, l'Algérie a annoncé vendredi la fermeture de son ambassade à Tripoli, évoquant une «menace réelle et imminente» sur ses diplomates.




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