Au moins sept militaires ont été tués et 12 autres blessés dans l'explosion d'une voiture piégée près d'une académie militaire à Benghazi, dans l'Est libyen, selon un nouveau bilan de sources militaire et hospitalière.

Selon le Centre médical de Benghazi, «sept cadavres sont arrivés à l'hôpital, ainsi qu'un nombre indéterminé de restes humains». De plus, 12 personnes ont été blessées, dont six grièvement, a indiqué le porte-parole de cet hôpital.

Selon l'hôpital, ce bilan pourrait s'aggraver.

Une source militaire a précisé qu'une voiture piégée garée devant une académie de l'armée avait explosé à la sortie de militaires qui venaient d'assister à une cérémonie de présentation de nouveaux promus de l'armée libyenne.

L'explosion a laissé un cratère d'un mètre de profondeur et a soufflé une vingtaine de voitures qui étaient garées à proximité, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Des carcasses de voitures et des restes d'uniformes militaires maculés de sang gisaient sur des dizaines de mètres autour du lieu de l'explosion.

Dans un communiqué, le gouvernement de transition a condamné un «acte criminel» et «terroriste» et décrété un deuil de trois jours à partir de mardi.

«Le gouvernement n'a pas épargné et n'épargnera aucun effort pour poursuivre les auteurs de ce crime et les présenter à la justice», a-t-on ajouté de même source.

Par ailleurs, une personne a été tuée dans l'explosion d'un engin explosif collé en bas de sa voiture dans le quartier al-Berka à Benghazi, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité. La victime n'a pas encore été identifiée.

La région orientale de la Libye, et en particulier Benghazi, bastion de la révolte qui a renversé Mouammar Kadhafi en 2011, est devenue le théâtre d'une vague d'assassinats contre les forces de l'ordre.

Le 22 décembre, un attentat-suicide à la voiture piégée avait fait 13 morts à un poste de sécurité à 50 km de Benghazi.

Les autorités n'ont jusqu'à présent pas réussi à identifier les auteurs de ces attaques, qui n'ont pas été revendiquées.

La situation politique du pays est en outre très instable. Le premier ministre Ali Zeidan a été limogé après un vote de défiance du Parlement le 12 mars, ce qu'il a qualifié, après avoir quitté précipitamment le pays, de «décision illégale», dénonçant une «falsification» du vote.

Depuis l'entrée en fonction de M. Zeidan en novembre 2012, son gouvernement et le Congrès s'accusaient mutuellement des difficultés.

Peu après l'éviction de M. Zeidan, le ministre de la Défense Abdallah al-Theni a été chargé par le CGN d'assurer l'intérim jusqu'à la nomination d'un nouveau chef du gouvernement, dans un délai prévu de deux semaines.