Les attaques de Benghazi auraient pu être empêchées

La double attaque qui a visé la mission... (PHOTO ESAM AL-FETORI, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

La double attaque qui a visé la mission diplomatique américaine située à Benghazi, dans l'est de la Libye, et le bâtiment annexe de la CIA, proche du bâtiment principal, le jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, aurait pu être empêchée, conclut le rapport.

PHOTO ESAM AL-FETORI, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les soulèvements populaires en Afrique. »

Agence France-Presse
Washington

Les attaques du 11 septembre 2012 qui ont coûté la vie à l'ambassadeur américain en Libye et trois autres Américains à Benghazi auraient pu être empêchées par un renforcement de la sécurité, conclut un rapport d'enquête du Sénat américain publié mercredi.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

Les enquêteurs de la commission du Renseignement du Sénat ont réalisé des dizaines d'auditions et d'entretiens avec des survivants de la double attaque qui a visé la mission diplomatique américaine située à Benghazi, dans l'est de la Libye, et le bâtiment annexe de la CIA, proche du bâtiment principal, le jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

L'attentat a provoqué un scandale politique aux États-Unis, les républicains accusant l'administration de Barack Obama d'avoir dans un premier temps cherché à dissimuler le caractère terroriste de l'attaque en expliquant que les assaillants, lourdement armés, étaient motivés par la publication d'une vidéo islamophobe sur Youtube, une thèse sur laquelle la Maison Blanche est depuis revenue.

Les défaillances criantes de sécurité et la facilité avec laquelle les assaillants ont réussi à pénétrer dans l'enceinte diplomatique ont aussi choqué les républicains, qui depuis plus d'un an enchaînent les auditions d'enquêtes au Congrès et convoquent des responsables de l'administration.

Le rapport publié mercredi, et élaboré de façon non partisane par une commission hautement respectée, rapporte que le département d'État n'a pas suffisamment réagi face aux nombreux avertissements lancés dans les mois précédant l'attaque sur la détérioration du climat sécuritaire dans l'est libyen et les dangers encourus par le personnel américain.

«Le département d'État aurait dû renforcer la sécurité de façon plus importante à Benghazi, étant donné que la situation sécuritaire sur le terrain se dégradait et que les services du renseignement avaient rendu compte des attaques contre des Occidentaux à Benghazi, y compris deux incidents contre la mission le 6 avril et le 6 juin 2012», indique le rapport.

L'administration de Barack Obama semblait accepter le rapport mercredi, le porte-parole de la Maison Blanche indiquant qu'il «réaffirmait en grande partie» les conclusions formulées dans un rapport d'enquête du département d'État de décembre 2012.

«L'administration se concentre sur deux éléments: juger les personnes responsables de la mort de quatre Américains, et prendre les mesures nécessaires pour améliorer la sécurité dans les complexes vulnérables», a déclaré Jay Carney.

Le rapport tente aussi d'éclaircir les circonstances de la confusion qui avait marqué les premières déclarations de l'administration Obama dans les jours suivant l'attaque. Selon la commission, les analystes des services de renseignement ne disposaient pas de «suffisamment d'informations ou de déclarations de témoins pour corroborer l'assertion» selon laquelle des manifestants étaient présents autour du bâtiment avant l'attaque pour protester contre la vidéo.

Le département d'État a relevé mercredi qu'il était toutefois difficile de déterminer exactement ce qui aurait pu empêcher l'attaque.

«Nous n'avions pas d'informations spécifiques indiquant qu'une menace, une attaque était imminente», a déclaré Marie Harf, porte-parole adjointe du département d'État.

La publication du rapport devrait alimenter la polémique sur la responsabilité du département d'État, dirigé alors par Hillary Clinton, et plus largement de l'administration de Barack Obama. Il intervient alors que les responsables de l'attaque, bien qu'identifiés, n'ont toujours pas été interpellés par les autorités libyennes ou américaines.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer