Les raids du régime syrien sur un fief rebelle se poursuivent

Après un bref répit, les bombardements ont visé... (PHOTO ABDULMONAM EASSA, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Après un bref répit, les bombardements ont visé plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés quelque 400 000 habitants dans de très mauvaises conditions.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

Hasan Mohammed, Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Douma et Beyrouth

Les raids du régime syrien ont repris de plus belle vendredi sur l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, au cinquième jour d'une campagne aérienne qui a fait plus de 220 morts et révélé de nouveau au grand jour l'impuissance internationale face au conflit.

Après un bref répit, les bombardements ont visé plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés quelque 400 000 habitants dans de très mauvaises conditions, selon des correspondants de l'AFP.

Depuis lundi, des milliers de familles ont trouvé refuge dans des abris de fortune, alors que médecins et secouristes sont débordés par l'afflux des victimes avec des bilans quotidiens de dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants.

Malgré ces violences dévastatrices, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU n'ont pas réussi jeudi à appuyer l'appel à une trêve humanitaire réclamée par les agences de l'ONU pour permettre la livraison d'aides d'urgence.

Profitant d'un calme qui n'aura duré que quelques heures, des habitants à Douma et Hammouriyé sont sortis de chez eux pour nettoyer les gravats devant leurs maisons ou leurs magasins.

D'autres ont tenté de sauver leurs affaires au milieu des destructions. Et certains ont tenté de faire des provisions en achetant ce qu'ils ont pu trouvé dans les marchés locaux.

Soudain en milieu de matinée, des annonces dans les haut-parleurs des mosquées fusent pour mettre en garde contre des frappes : « un avion dans le ciel. Évacuez les rues ».

Juste après, deux frappes visent la localité d'Arbine, où une vingtaine de civils ont péri la veille.

Depuis lundi, 229 civils dont 58 enfants ont péri dans le déluge de feu déversé par le régime sur la Ghouta orientale, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des centaines d'autres ont été blessés. Jeudi, 75 civils ont péri dont trois ayant succombé à leurs blessures infligées mercredi.

« Catastrophe humanitaire »

Selon CARE International, les raids ont rendu difficile la mission des organisations locales, notamment l'accès aux personnes ayant le plus besoin de soins.

« Nos partenaires ont beaucoup de mal à se déplacer sur le terrain, alors comment pourraient-ils avoir accès aux personnes vulnérables ? » s'est interrogée Joelle Bassoul, responsable de la communication pour la Syrie à l'ONG.

« S'il n'y a pas de cessez-le-feu, si tout cela n'est pas entendu, nous ne pouvons imaginer l'ampleur de la catastrophe humanitaire » à venir, a-t-elle averti.

La région de la Ghouta est censée faire partie de quatre zones dites de « désescalade » instaurées l'an dernier en vertu d'un accord entre les principaux acteurs internationaux pour réduire les combats et la violence dans le pays.

Mais les bombardements des derniers jours, qualifiés des plus violents depuis le début de la guerre par les habitants de l'enclave, ont poussé les organisations humanitaires à tirer la sonnette d'alarme.

Selon Save the Children, plus de 4000 familles de la Ghouta orientale vivent désormais dans des caves et des bunkers. « Les enfants sont affamés, bombardés et piégés. Le siège signifie qu'ils n'ont nulle part pour fuir ».

La guerre en Syrie a été déclenchée le 15 mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, avant de se complexifier avec l'implication de puissances étrangères et de groupes djihadistes sur un territoire morcelé.

Différends américano-russes 

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance des djihadistes ont miné les efforts pour un règlement du conflit qui a fait plus de 340 000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Les États-Unis, hostiles au régime de Bachar al-Assad, et la Russie, allié indéfectible de M. Assad, ont de nouveau étalé leurs divergences, les premiers se disant en faveur d'une trêve humanitaire, la seconde la jugeant « pas réaliste ».

Ils se sont par ailleurs affrontés sur un autre front, après que la coalition internationale menée par les États-Unis a affirmé avoir tué jeudi au moins 100 combattants prorégime dans l'est de la Syrie en riposte à une attaque contre ses alliés dans le combat antidjihadistes.

Moscou a dénoncé des raids « criminels ».

Les raids ont été menés dans la province de Deir Ezzor « en autodéfense », a affirmé Jim Mattis, ministre américain de la Défense.

Deux offensives distinctes contre les derniers combattants du groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie ont lieu à Deir Ezzor : l'une menée par le régime et ses alliés et l'autre par une alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) aidées de la coalition.




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