Syrie : Poutine et Erdogan veulent renforcer leur coopération

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Recep Tayyip Erdogan (à droite) a accueilli Vladimir Poutine à Ankara, jeudi.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Luana Sarmini-Buonaccorsi, Gokan Gunes
Agence France-Presse
Ankara et Istanbul

Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan ont annoncé jeudi vouloir renforcer leur coopération pour parvenir à la paix en Syrie, sur fond de rapprochement entre Moscou et Ankara qui inquiète l'Occident.

Au cours d'un entretien de trois heures au palais présidentiel à Ankara, les deux dirigeants ont convenu d'«approfondir la coordination» pour mettre fin au conflit syrien qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts depuis 2011, a dit M. Poutine à l'occasion d'un point de presse commun.

La visite de M. Poutine en Turquie survient sur fond de réchauffement spectaculaire des relations Moscou-Ankara depuis 2016, après une crise diplomatique provoquée par la destruction, en novembre 2015, d'un bombardier russe par la chasse turque à la frontière syrienne.

La Turquie et la Russie, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, ont mis leurs divergences de côté ces derniers mois pour tenter de parvenir à un règlement dans ce pays en guerre.

Moscou et Téhéran, alliés du régime de Damas, et Ankara, qui soutient les rebelles, ont annoncé le 15 septembre à Astana un accord pour déployer ensemble des forces de maintien de l'ordre dans la zone de désescalade d'Idleb et dans «certaines parties» des régions de Lattaquié, Hama et Alep.

Au cours de leur entretien, jeudi, les deux dirigeants ont notamment convenu d'«intensifier les efforts (...) pour rendre opérationnelle la zone de désescalade à Idleb», province rebelle du nord-ouest de la Syrie, a déclaré M. Erdogan.

Fief de l'opposition syrienne, la province d'Idleb a été le théâtre d'intenses bombardements du régime syrien et de ses alliés qui ont fait de nombreuses victimes civiles ces deux dernières semaines, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

M. Poutine a concédé que l'application des décisions prises à Astana n'avait «pas été facile», mais a estimé que les différentes parties avaient déjà «réussi à obtenir un résultat positif».

«Conditions réunies» 

«De fait, les conditions nécessaires ont été créées pour mettre un terme à la guerre fratricide en Syrie, (infliger) une défaite finale aux terroristes et permettre aux Syriens de retourner à une vie paisible», a déclaré le chef de l'État russe.

Les présidents russe et turc ont également affiché leur volonté de développer les relations économiques entre leurs deux pays, et M. Erdogan s'est félicité du retour en Turquie des touristes russes, dont le nombre avait drastiquement chuté pendant la crise diplomatique de 2015.

Alors que les deux dirigeants s'invectivaient il y a moins de deux ans, le chef de l'État turc a plusieurs fois donné du «cher ami» à M. Poutine, qui a rendu hommage aux «initiatives» de son hôte sur le dossier syrien.

L'autre sujet régional brûlant que les deux dirigeants ont évoqué est le référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien, auquel Ankara s'est vivement opposé, de peur que la création d'un tel État n'encourage les velléités indépendantistes des Kurdes sur son sol.

M. Erdogan a de nouveau dénoncé ce scrutin qu'il a qualifié d'«illégitime», mais M. Poutine s'est montré moins expansif à ce sujet.

«La Russie s'est gardée de formuler une position claire sur cette question et la Turquie pourrait vouloir obtenir des garanties», estime Timur Akhmetov, expert basé à Ankara de la Russian International Affairs Council.

La visite de Vladimir Poutine à Ankara intervient en outre deux semaines après l'annonce par M. Erdogan d'un contrat majeur avec la Russie portant sur l'achat de systèmes de défense antiaérienne S-400.

Cette nouvelle, en pleines tensions entre la Turquie et l'Occident, a suscité l'inquiétude des partenaires de ce pays au sein de l'OTAN qui voient d'un mauvais oeil l'acquisition par les Turcs de systèmes incompatibles avec le matériel utilisé au sein de l'Alliance.

M. Erdogan a affirmé qu'un contrat portant sur l'achat de S-400 avait été signé et qu'une caution avait été versée, mais Ankara a fait savoir que la livraison des premières batteries prendrait au moins deux ans.




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