Assad préparerait une attaque chimique, Washington menace de représailles

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Des soldats syriens surveillent un point de contrôle à Alep.

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Crise dans le monde arabe

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Anne RENAUT
Agence France-Presse
Washington

Le régime syrien de Bachar al-Assad préparerait une nouvelle attaque chimique, ont annoncé lundi soir les États-Unis, qui se sont dits prêts à riposter comme ils l'avaient fait après une attaque similaire début avril, dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux pays.

Le Kremlin a vivement réagi mardi matin, condamnant les «menaces inadmissibles» de Washington contre le régime syrien.

«Les États-Unis ont identifié de potentiels préparatifs d'une autre attaque chimique par le régime syrien d'Assad qui pourrait provoquer le massacre de civils, y compris des enfants innocents», a écrit le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer dans un communiqué.

Ces activités «sont similaires aux préparatifs du régime avant son attaque à l'arme chimique du 4 avril», a noté le représentant de l'exécutif américain.

Cette attaque avait provoqué une riposte militaire des États-Unis, qui avaient tiré 59 missiles contre une base aérienne en Syrie, marquant la première intervention armée de Washington contre le régime de Damas.

Si le président syrien lançait une autre attaque à l'arme chimique «lui et son armée paieraient le prix fort», a prévenu Sean Spicer.

«Toute nouvelle attaque lancée à l'encontre de la population syrienne sera attribuée à Assad, mais également à la Russie et à l'Iran qui l'ont aidé à tuer son propre peuple», a pour sa part prévenu lundi soir dans un tweet Nikki Haley, l'ambassadrice américaine à l'ONU.

L'attaque chimique présumée du 4 avril à Khan Cheikhoun, dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest) avait fait 88 morts, dont 31 enfants, provoquant l'indignation de nombreuses capitales qui mettent en cause le régime de Bachar al-Assad.

Ce raid était, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la deuxième attaque chimique la plus meurtrière depuis le début du conflit en 2011 après celle au gaz sarin qui avait fait plus de 1400 morts dans la banlieue de Damas en 2013.

Bachar al-Assad a assuré pour sa part à plusieurs reprises avoir remis tous ses stocks d'armes chimiques, conformément à un accord mis au point sous les auspices de la Russie pour éviter les menaces croissantes d'une action militaire américaine.

Mais le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a déclaré n'avoir «aucun doute» sur le fait que Damas a conservé des armes chimiques. Selon une étude militaire israélienne, Bachar al-Assad dispose encore de «quelques tonnes» d'armes chimiques.

«Provocation cynique et sans précédent»

Les États-Unis avaient riposté aux événements de Khan Cheikhoun dans la nuit du 6 au 7 avril, en tirant 59 missiles de croisière Tomahawk depuis deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne d'Al-Chaayrate, près de Homs (centre).

Sean Spicer a tenu à rappeler dans son communiqué lundi que l'objectif des États-Unis en Syrie est uniquement de lutter contre le groupe État islamique, et pas de lancer une guerre contre le régime d'Assad.

Moscou et Londres ont réagi mardi matin à l'avertissement américain.

«Nous considérons comme inadmissibles de telles menaces contre le gouvernement syrien», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Il a estimé que l'attaque de Khan Cheikhoun «ne peut pas être attribuée aux forces armées syriennes», faute d'«enquête impartiale.»

«S'il n'y a pas d'enquête, blâmer Assad est impossible, illégitime et injuste», a-t-il répété, ajoutant ne pas connaître les «raisons» ou preuves pouvant motiver les accusations de Washington.

«Comme toujours dans la guerre, l'action militaire doit être justifiée, légale, proportionnée. Elle doit être nécessaire. Dans le dernier cas, elle l'était», a dit pour sa part le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, sur la BBC, en faisant allusion à Khan Cheikhoun.

«Si les Américains ont recours de nouveau à une action similaire, a-t-il appuyé, je veux être très clair, nous la soutiendrons».

Les États-Unis sont officiellement présents en Syrie pour conseiller et pour armer les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui luttent contre le groupe État islamique.

Cette mise en garde a lieu dans un contexte de poussée de fièvre entre le régime syrien et les forces soutenues par les États-Unis dans le pays, qui fait planer le spectre d'une confrontation militaire avec le régime de Damas.

Les États-Unis ont ainsi abattu le 18 juin un avion syrien dans l'est de la Syrie, expliquant que l'appareil menaçait des FDS alliées de la coalition.

Et à trois reprises au moins depuis le début mai dans la région d'Al-Tanaf, près de la frontière avec l'Irak et la Jordanie, les forces américaines ont bombardé des forces pro-régime qui menaçaient des soldats de la coalition.




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