Des milliers de Syriens quittent Alep

La reprise des évacuations, suspendues vendredi par le... (photo archives Associated Press)

Agrandir

La reprise des évacuations, suspendues vendredi par le régime, n'a pas été officiellement annoncée lundi mais, sur le terrain, les convois semblaient reprendre de manière continue.

photo archives Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

KARAM AL MASRI, Maya GEBEILY
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, BEYROUTH et ALEP

Des milliers de Syriens traumatisés ont quitté lundi l'enclave rebelle assiégée d'Alep, une évacuation qui a favorisé un rare vote unanime à l'ONU sur la supervision par des observateurs de cette opération humanitaire complexe.

Encouragé par ces développements, l'émissaire des Nations unies Staffan de Mistura a annoncé «l'intention de l'ONU de convoquer des négociations à Genève le 8 février» entre les parties syriennes -régime et opposition- en vue d'un règlement politique du conflit.

Ces signaux positifs ont été en partie éclipsés par l'assassinat à Ankara de l'ambassadeur de Russie en Turquie par un homme armé, un policier turc de 22 ans, qui a évoqué une «vengeance» pour Alep. Ce meurtre vise à perturber les efforts pour résoudre le conflit syrien, selon le président Vladimir Poutine.

Soumise un mois durant aux bombardements du régime, Alep, la deuxième ville de Syrie, est en passe d'être reprise totalement par les forces du président Bachar al-Assad avec le soutien crucial de l'allié russe.

Assiégés pendant plus de quatre mois, des milliers de Syriens ont été évacués toute la journée et l'opération devait se poursuivre toute la nuit, selon Ingy Sedky, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

«Il reste encore des milliers» de personnes à faire sortir du réduit rebelle, a-t-elle dit. Quarante bus attendent côté rebelle.

Quelque 7000 personnes ont été transférées d'Alep vers la localité sous contrôle rebelle de Khan al-Assal, plus au nord, a dit Mme Sedky.

«Ils ont vécu l'enfer!»

A Khan al-Assal, des familles emmitouflées dans plusieurs couches de manteaux sont descendues des bus et se sont rassemblées à même le sol, pendant que des humanitaires leur distribuaient des bouteilles d'eau.

Ces gens «avaient dû attendre plus de 16 heures» à un check-point du régime sans pouvoir sortir des véhicules, a indiqué Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins.

«Les gens que nous accueillons ont vécu l'enfer, le niveau de traumatisme qu'ils ont subi est impossible à décrire ou à comprendre», a expliqué Casey Harrity de l'ONG internationale Mercy Corps.

L'opération d'évacuation a débuté jeudi aux termes d'un accord entre la Russie et la Turquie, soutien de l'opposition armée, mais elle a été suspendue pendant le week-end après des accusations de violation de cet accord par les rebelles.

Au total, plus de 14 000 personnes, dont quelque 4000 insurgés, ont déjà quitté le réduit rebelle en direction d'autres zones insurgées du Nord, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Il reste au moins 7000 personnes dans l'enclave rebelle totalement ravagée après la dernière offensive aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par le régime Assad et ses alliés.

Parmi les personnes évacuées figure la fillette Bana al-Abed, sept ans, devenue célèbre pour ses tweets sur l'enfer quotidien dans Alep. Elle et sa famille doivent être accueillies dans un camp de déplacés d'Idleb (nord-ouest), contrôlée en quasi-totalité par les insurgés et voisine de celle d'Alep.

Négociations le 8 février? 

En échange des évacuations d'Alep, 500 personnes ont pu quitter deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles dans la province d'Idleb, selon l'OSDH.

Une fois les évacuations terminées à Alep, le régime Assad devrait proclamer la «libération» de la ville, son plus important succès dans la guerre qui a fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.

À l'initiative de la France, le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité une résolution prévoyant le déploiement rapide à Alep du personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie pour surveiller les évacuations. Un premier signe d'unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales sur le conflit.

Avec cette résolution, l'objectif de la France est «d'éviter un nouveau Srebrenica», ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a dit l'ambassadeur français, François Delattre, alors que l'ONU et des ONG internationales avaient fait état d'atrocités qu'aurait commises le régime dans les secteurs reconquis à Alep.

A l'issue d'une réunion d'urgence au Caire, les ministres des Affaires étrangères des 22 pays de la Ligue arabe ont salué cette résolution, à l'exception du Liban, opposé à toute forme d'ingérence. Dans le texte final, la Ligue se dit «profondément inquiète de l'agression lancée par le régime syrien et ses alliés contre des civils non armés à Alep».

Selon l'ambassadrice des États-Unis Samantha Power, 118 employés de l'ONU se trouvent actuellement à Alep-Ouest et pourront être rapidement déployés dans les quartiers concernés. «Notre objectif, c'est immédiatement».

Pour le président français François Hollande, l'adoption de la résolution «doit ouvrir la voie au cessez-le-feu et à la négociation de la solution politique».

M. de Mistura a annoncé son intention de convoquer des négociations intersyriennes le 8 février à Genève, mais on ignorait dans l'immédiat les éventuelles réponses des principaux protagonistes.

Entretemps, il «suivra avec intérêt» la rencontre prévue mardi à Moscou des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de Russie, d'Iran et de Turquie, sur le conflit syrien où sont impliqués de multiples belligérants soutenus par différentes puissances régionales et internationales.



«Ils ont vécu l'enfer»

À Khan al-Assal, des familles emmitouflées dans plusieurs couches de manteaux sont descendues des bus et se sont rassemblées à même le sol, pendant que des humanitaires leur distribuaient des bouteilles d'eau.

Ces gens «avaient dû attendre plus de 16 heures» à un poste de contrôle du régime sans pouvoir sortir des véhicules, a indiqué Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins. «Ils n'avaient pas mangé, n'avaient rien à boire, les enfants avaient pris froid et ils n'avaient pas même pu aller aux toilettes».

«Les gens que nous accueillons ont vécu l'enfer, le niveau de traumatisme qu'ils ont subi est impossible à décrire ou à comprendre», a expliqué Casey Harrity de l'ONG internationale Mercy Corps.

L'opération d'évacuation a débuté jeudi aux termes d'un accord entre la Russie et la Turquie, soutien de l'opposition armée, mais elle a été suspendue pendant le week-end après des accusations de violation de cet accord par les rebelles.

Au total, plus de 14 000 personnes, dont quelque 4000 insurgés, ont déjà quitté le réduit rebelle en direction d'autres zones insurgées du Nord, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Il reste au moins 7000 personnes dans l'enclave rebelle totalement ravagée après la dernière offensive aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par le régime Assad et ses alliés.

Parmi les personnes évacuées figure la jeune Bana al-Abed Bana al-Abed, sept ans, devenue célèbre pour ses tweets sur l'enfer quotidien dans Alep. Elle et sa famille doivent être accueillies dans un camp de déplacés d'Idleb (nord-ouest), contrôlée en quasi-totalité par les insurgés et voisine de celle d'Alep.

Négociations le 8 février?

En échange des évacuations d'Alep, 500 personnes ont pu quitter deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles dans la province d'Idleb, selon l'OSDH.

Une fois les évacuations terminées à Alep, le régime Assad devrait proclamer la «libération» de la ville, son plus important succès dans la guerre qui a fait plus de 310.000 morts depuis mars 2011.

À l'initiative de la France, le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité une résolution prévoyant le déploiement rapide à Alep du personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie pour surveiller les évacuations. Un premier signe d'unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales sur le conflit.

Avec cette résolution, l'objectif de la France est «d'éviter un nouveau Srebrenica», ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a dit l'ambassadeur français, François Delattre, alors que l'ONU et des ONG internationales avaient fait état d'atrocités qu'aurait commises le régime dans les secteurs reconquis à Alep.

Selon l'ambassadrice des États-Unis Samantha Power, 118 employés de l'ONU se trouvent actuellement à Alep-Ouest et pourront être rapidement déployés dans les quartiers concernés. «Notre objectif, c'est immédiatement».

Pour le président français François Hollande, l'adoption de la résolution «doit ouvrir la voie au cessez-le-feu et à la négociation de la solution politique».

Dans ce contexte, M. de Mistura a annoncé son intention de convoquer des négociations intersyriennes le 8 février à Genève, mais on ignorait dans l'immédiat les éventuelles réponses des principaux protagonistes.

Entretemps, il «suivra avec intérêt» la rencontre prévue mardi à Moscou des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de Russie, d'Iran et de Turquie, sur le conflit syrien où sont impliqués de multiples belligérants soutenus par différentes puissances régionales et internationales.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer