Syrie: l'ONU votera lundi sur l'envoi d'observateurs

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La Russie a déjà mis son veto à six résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit qui a fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Le Conseil de sécurité de l'ONU votera lundi matin sur une résolution française prévoyant de déployer des observateurs à Alep, en Syrie, pour superviser l'évacuation de la ville, toujours suspendue, et l'assistance humanitaire, ont indiqué dimanche des diplomates.

A l'issue de longues consultations à huis clos, un compromis a été trouvé mais certains des 15 pays membres doivent encore en référer à leurs capitales avant de donner leur accord définitif, a précisé l'ambassadeur français François Delattre.

Son collègue russe Vitali Tchourkine a estimé qu'il s'agissait «d'un bon texte» et a précisé que le vote aurait lieu à 9h.

La Russie avait auparavant menacé de mettre son veto à cette résolution, avant que le texte ne soit amendé à l'issue de plus de trois heures de tractations.

La Russie a déjà bloqué à six reprises des projets de résolution occidentaux sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011, le plus récemment le 8 octobre et 5 décembre.

M. Delattre a indiqué à la presse que les 15 pays avaient trouvé «un terrain d'entente» sur un texte de compromis «basé exactement» sur le projet français.

Il a précisé que les observateurs internationaux n'auront pas besoin de l'autorisation du gouvernement syrien pour se déployer.

Selon la dernière mouture du projet, obtenue par l'AFP, le Conseil demande au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'agir d'urgence «pour prévoir des arrangements, dont des arrangements de sécurité», afin de permettre aux Nations unies  «de surveiller le bien-être des civils et le plein respect des lois humanitaires internationales à l'intérieur des quartiers est (rebelles) d'Alep».

La résolution «demande à l'ONU et à d'autres institutions  pertinentes de superviser de manière adéquate et neutre et de surveiller directement les évacuations des quartiers est d'Alep». L'ONU devra pour cela «déployer du personnel supplémentaire».

«La formulation choisie remplit nos objectifs et répond à nos demandes», a affirmé M. Delattre. Cette résolution «nous donnera collectivement les outils pour tenter d'éviter un nouveau Srebrenica», a-t-il ajouté en référence au massacre en 1995 de milliers de civils en Bosnie.

Un vote positif pourrait aussi «ouvrir la voie à un cessez-le-feu plus large en Syrie et à des négociations politiques», a-t-il ajouté.

Ce texte «contient tous les éléments essentiels permettant une supervision par l'ONU», avec l'aide du Comité international de la Croix-rouge et du Croissant rouge syrien, a renchéri l'ambassadrice américaine Samantha Power.

La résolution, si elle est adoptée lundi, devrait permettra d'organiser «une évacuation dans la dignité et la sécurité, un accès humanitaire et de mettre réellement l'accent sur la protection» des civils.

Mme Power a dit «s'attendre à un vote unanime sur ce texte» lundi.

Mécontente du plan français, jugé «impraticable et dangereux» par son ambassadeur, la Russie avait d'abord déposé dimanche un contre-projet. Celui-ci était plus vague sur les modalités de supervision et ne mentionnait pas la présence effective d'observateurs sur le terrain, y compris dans le réduit rebelle à l'est d'Alep pour éviter représailles et exactions après la prise de la ville par les forces gouvernementales.

Il reste selon l'ONU près de 40 000 civils pris au piège dans Alep-est.

Alors que l'évacuation  d'insurgés et de civils, tenaillés par la faim et transis de froid, devait reprendre dimanche, elle a été reportée à cause d'un grave incident impliquant des hommes armés.

L'évacuation d'Alep-est devait être menée simultanément à celle des villages de Foua et Kafraya, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest. Une vingtaine de bus qui s'apprêtaient à entrer dans ces deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles ont  été attaqués et incendiés par des hommes armés issue de la mouvance jihadiste.




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