Des milliers de Syriens attendent la reprise des évacutions d'Alep

Il resterait environ 40 000 civils dans le... (PHOTO Abdalrhman Ismail, REUTERS)

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Il resterait environ 40 000 civils dans le réduit que tiennent encore les insurgés à Alep et entre 1500 et 5000 combattants avec leurs familles, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam AL MASRI, Layal ABOU
Agence France-Presse
BEYROUTH, ALEP

Rebelles et civils tenaillés par la faim attendaient samedi dans un froid glacial la reprise des évacuations de la dernière poche rebelle dans la ville syrienne d'Alep, alors que la Croix-Rouge appelait à un accord pour «sauver ces milliers de vies».

L'incertitude demeure quant à la reprise des opérations. Elle pourrait être reporté à dimanche, selon un responsable rebelle. Mais le régime, qui avait suspendu vendredi les évacuations après le départ de quelque 8500 personnes, n'a donné aucune indication.

Il resterait environ 40 000 civils et entre 1500 et 5000 combattants avec leurs familles dans le réduit que tiennent encore les insurgés à Alep, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

Lancé jeudi, l'exode devrait durer plusieurs jours. Une fois terminé, le régime devrait proclamer la reprise totale de la ville, enregistrant ainsi sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui dure depuis 2011.

Dans le quartier d'Al-Amiriyah, d'où commence le périple, des milliers de personnes, dont des enfants, ont passé la nuit de samedi à dimanche dans les ruines des immeubles par des températures avoisinant les -6 degrés, a constaté un correspondant de l'AFP.

Privés d'eau potable et de nourriture, les habitants épuisés et affaiblis subsistent en mangeant des dattes.

Après avoir attendu pendant neuf heures vendredi, Abou Omar est revenu samedi pour s'entendre dire par les rebelles qu'il n'y aurait pas de départs.

«Je suis fatigué de devoir porter les affaires et revenir chaque jour en vain», se plaint Abou Omar, dont les quatre enfants sont malades à cause du froid. «Il n'y a plus de nourriture ni d'eau potable, et la situation empire de jour en jour».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui supervise les évacuations, s'est alarmé de la situation: «On ne peut pas abandonner» ces «milliers de personnes, notamment des femmes, des enfants, des malades et des blessés, (qui) restent bloqués».

Reprise dimanche?

L'armée syrienne a suspendu le processus en accusant les rebelles de «ne pas respecter les conditions de l'accord».

Une source militaire a affirmé que les insurgés avaient «ouvert le feu et voulu sortir des armes moyennes et partir avec des otages», c'est à dire des membres des forces prorégime qu'ils détiennent.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, la suspension est surtout liée au blocage par des rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kafraya, assiégés par des insurgés dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest).

Un responsable du groupe islamiste Ahrar al-Cham, chargé des négociations, Al-Farouk Abou Bakr, a assuré à l'AFP qu'un accord avait été trouvé, mais a reconnu qu'il était «possible» que la reprise des opérations soit reportée à dimanche.

M. Abdel Rahmane a expliqué que le retard était dû aux divergences concernant le nombre de personnes à évacuer de ces deux villages.

Auparavant, il avait expliqué que les opérations à Alep reprendraient «en synchronisation avec le départ de Foua et de Kafraya de quelque 4000 personnes, notamment des blessés et leurs familles».

Les insurgés ont toujours cherché à lier le sort de ces deux localités à celui de Zabadani et Madaya, deux villes assiégées par le régime dans la province de Damas. Des évacuations devraient donc y avoir lieu, selon M. Abdel Rahmane.

Parallèlement, les chefs de la diplomatie russe, turque et iranienne ont évoqué samedi les évacuations au téléphone, selon le ministère des Affaires étrangères à Moscou.

Obama dénonce

Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, l'offensive lancée le 15 novembre a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre plus de 90% des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012.

Les bombardements incessants du régime ont fait des centaines de morts et poussé plus de 100 000 habitants à fuir.

À la frontière turque, des dizaines de camions chargés d'aide humanitaire sont entrés samedi en Syrie.

Faisant état de «signalements sur des exécutions de civils», le président américain Barack Obama a réclamé vendredi le déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

Un déploiement de ce type est prévu dans un projet de résolution présenté par la France au Conseil de sécurité de l'ONU, qui pourrait être soumis au vote dès dimanche malgré l'opposition de la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad.

Devant la presse à Washington, M. Obama a affirmé que le monde entier était «uni dans l'horreur devant l'assaut sauvage mené par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens sur la ville d'Alep».




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