Les rebelles s'effondrent à Alep

Des combattants de l'Armée syrienne libre font feu... (photo Abdalrhman Ismail, REUTERS)

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Des combattants de l'Armée syrienne libre font feu à l'aide d'une arme antiaérienne, dans une des rares zones d'Alep-Est toujours contrôlées par les rebelles, le 12 décembre.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

Rim HADDAD, Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
Alep et Beyrouth

La deuxième ville de Syrie, Alep, était en passe lundi de tomber totalement aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d'une offensive dévastatrice contre les rebelles.

En perdant ses positions à Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en 2011. Sa reconquête totale va offrir au régime, qui avait perdu la main sur une bonne moitié de la métropole en juillet 2012, le contrôle des cinq principales villes de Syrie. Il tient déjà Homs, Hama, Damas et Lattaquié.

De leur ancien bastion d'Alep-Est qu'ils contrôlaient depuis 2012, il ne reste plus aux insurgés que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d'une poignée d'autres petits secteurs, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

« Il y a un effondrement total des rebelles. La bataille d'Alep touche à sa fin », a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Selon un responsable militaire à Alep, l'opération aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par les forces loyales au régime de Bachar al-Assad « entre dans sa phase finale. Nous vivons les derniers moments avant la victoire ».

En soirée, du côté ouest d'Alep aux mains du régime, d'intenses tirs de célébration ont été entendus par des journalistes de l'AFP.

Alors que frappes aériennes et tirs d'artillerie se poursuivaient sur le dernier réduit rebelle dans le sud de la métropole ravagée, les civils continuaient de fuir par milliers, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.

Les gens ont faim, pas d'abris

Dans le quartier d'Al-Machad, des témoins ont affirmé à l'AFP que de nombreux civils s'entassaient dans un même secteur faute d'abris.

Certains déplacés ouvrent des échoppes pour y dormir. D'autres sont assis sur les trottoirs, des femmes et des enfants dorment dans la rue adossés à leurs valises. Les gens, dont beaucoup ont fui sans rien prendre avec eux, ne savent pas où aller. Ils ont faim et sont à la recherche de pain, selon ces témoins.

Les insurgés d'Alep ont commencé à céder du terrain quand l'armée, soutenue par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, a lancé sa campagne foudroyante pour reprendre la totalité de la ville, principal front du conflit.

Lundi, ils ont perdu les quartiers de Cheikh Saïd et de Salhine puis se sont retirés de six autres quartiers, notamment celui de Boustane al-Qasr, l'un des plus fortifiés, d'après l'OSDH.

Plus de 10 000 civils supplémentaires ont fui les zones rebelles ces dernières 24 heures pour rejoindre des secteurs gouvernementaux, portant à 130 000 le nombre des habitants ayant fui l'offensive, d'après l'OSDH.

En quatre semaines, l'opération des forces prorégime a coûté la vie à plus de 415 civils à Alep-Est selon l'OSDH, tandis que 130 civils ont été tués par des tirs rebelles sur les quartiers gouvernementaux.

Les efforts diplomatiques pour mettre fin au carnage dans l'ancienne capitale économique de Syrie, comme dans le reste du pays, n'ont jamais porté leurs fruits et les derniers pourparlers américano-russes, samedi à Genève, ont échoué.



Le régime de Bachar al-Assad a repris tôt... (photo AFP) - image 3.0

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Le régime de Bachar al-Assad a repris tôt lundi matin le grand quartier de Cheikh Saïd, dans le sud-est de la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), alors que des frappes aériennes et des tirs d'artillerie visaient toujours un secteur encore contrôlés par la rébellion.

photo AFP

Les fronts s'embrasent

Dans une lettre adressée à M. Assad, le pape François a appelé une nouvelle fois à la fin des violences et à l'application du droit humanitaire international pour protéger les civils dans cette guerre qui a fait plus de 300 000 morts et déplacé au moins la moitié de la population depuis mars 2011.

Ignorant les différents appels à la trêve et fort de ses succès et des soutiens russe et iranien, le régime a poursuivi sa campagne destructrice à Alep, cherchant à la reprendre totalement coûte que coûte.

Déclenché par la répression sanglante de manifestations prodémocratie pacifiques, le conflit s'est transformé en une guerre très complexe avec la montée en puissance de groupes djihadistes comme l'organisation État islamique (EI), l'implication de forces régionales et de puissances internationales sur un territoire très morcelé.

Plusieurs fronts restent embrasés ailleurs dans le pays entre différents belligérants.

Dans la province centrale de Homs, proche de celle d'Alep, l'EI a créé la surprise en reprenant dimanche pour la deuxième fois la ville antique de Palmyre, neuf mois après en avoir été chassé par l'armée et son allié russe. Les djihadistes avancent au sud et à l'ouest de Palmyre et de violents combats les opposent à l'armée.

La Russie, qui intervient militairement en Syrie depuis septembre 2015, a été critiquée par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault. « Les Russes qui prétendent lutter contre le terrorisme, se concentrent en fait sur Alep et ont laissé un espace à (l'EI) qui est en train de reprendre Palmyre, tout un symbole ! »

Présent à Paris, le haut représentant de l'opposition syrienne Riad Hijab a, lui, dénoncé les forces prorégime qui s'en prennent aux « civils désarmés » à Alep mais « fuient comme des rats devant les djihadistes à Palmyre ».

Sur le front de Raqa (nord), principal fief de l'EI en Syrie, au moins 21 civils, dont cinq enfants, ont été tués dans des frappes aériennes, a indiqué l'OSDH. On ignorait l'identité des avions. Et dans la province centrale d'Hama, 53 civils ont péri dans des raids dans un secteur contrôlé par l'EI, selon l'OSDH. Il ne précise pas s'il s'agissait de frappes syriennes ou russes.




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