«Tous les enfants d'Alep sont traumatisés», affirme l'UNICEF

Des dizaines de milliers d'enfants ont connu dès... (PHOTO ABDALRHMAN ISMAIL, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Des dizaines de milliers d'enfants ont connu dès leur naissance une des phases les plus sanglantes de la guerre en Syrie, qui est entrée dans sa sixième année.

PHOTO ABDALRHMAN ISMAIL, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
Alep

Tous les enfants d'Alep souffrent de traumatismes psychologiques en raison des violences meurtrières qui ensanglantent cette grande ville du nord de la Syrie, où le régime et les rebelles se livrent une guerre sans merci, a affirmé dimanche un responsable de l'UNICEF.

«Tous les enfants d'Alep souffrent. Tous sont traumatisés», a déclaré à l'AFP Radoslaw Rzehak, chef du bureau du Fond des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) dans la cité dévastée.

Au cours des 15 ans passés au sein de l'organisation onusienne, «je n'ai jamais vu une situation aussi dramatique que celle que vivent les enfants d'Alep», confie-t-il.

Des dizaines de milliers d'enfants ont connu dès leur naissance une des phases les plus sanglantes de la guerre en Syrie, qui est entrée dans sa sixième année.

M. Rzehak estime qu'un demi-million d'enfants à Alep ont besoin d'un soutien psychosocial, et 100 000 parmi eux d'une assistance spéciale.

Cette ville, qui fut la capitale économique du pays et un joyau culturel et architectural, est coupée en deux depuis juillet 2012. L'armée a réussi à reprendre 85 % des quartiers rebelles, situés dans l'est de la ville, à l'issue d'une vaste offensive lancée à la mi-novembre.

«Lieu de mort»

Environ 120 000 personnes ont fui le secteur assiégé et beaucoup ont trouvé refuge dans les centres pour déplacés dans les zones gouvernementales.

Selon M. Rzehak, une première évaluation psychosociale montre que les enfants venus des quartiers Est «ont perdu leur instinct de défense».

«Certains enfants, qui ont cinq ou six ans, sont nés alors que la guerre avait déjà commencé. Tout ce qu'ils connaissent c'est la guerre et les bombardements», souligne-t-il.

«Ils considèrent normal d'être bombardé, de devoir fuir, d'avoir faim, de se cacher dans des bunkers. Pour eux, ce n'est pas un danger. C'est la vie quotidienne, normale».

M. Rzehak note par exemple que quand il y a une explosion, «ils ne réagissent pas». «Plus grave encore, quand il y a des explosions et qu'on sursaute, ils en rigolent».

Quant aux enfants se trouvant dans la partie ouest de la ville, sous contrôle gouvernemental, ils sont aussi traumatisés. Ils ont vu des camarades de classe et des enseignants tués par des roquettes qui ont touché leurs écoles.

L'école, «censée être le lieu le plus sûr pour les enfants est devenu un lieu de mort», souligne ce responsable de l'ONU.

La guerre affecte aussi la capacité des parents à prendre soin de leurs enfants, car eux-mêmes ont subi des traumatismes. «Il est très difficile de les blâmer. Car eux-mêmes ont vécu le cauchemar».

Plus de 300 000 personnes sont mortes depuis le début en mars 2011 de la guerre civile en Syrie et des millions d'autres ont été contraintes à la fuite.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer