Russes et Américains vont discuter du départ des rebelles d'Alep

Au 21e jour de sa dernière offensive, le régime... (Photo Omar Sanadiki, Reuters)

Agrandir

Au 21e jour de sa dernière offensive, le régime du président Bachar al-Assad contrôle désormais près des deux tiers d'Alep-Est, la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Photo Omar Sanadiki, Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam AL-MASRI
Agence France-Presse
Alep

Les Russes et les Américains vont discuter cette semaine, selon Moscou, du départ de «tous les rebelles» d'Alep, où le régime syrien ne cesse de gagner du terrain et contrôle désormais près des deux tiers des quartiers insurgés.

Les pourparlers russo-américains devraient débuter mardi ou mercredi à Genève, a annoncé lundi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Il s'agit de «mettre en place tous les moyens pour faire partir tous les rebelles d'Alep-Est», et ainsi «se mettre d'accord sur l'itinéraire» de leur retrait et sur «les délais», a-t-il précisé à Moscou.

Dès que les questions des corridors d'évacuation et du calendrier auront été réglées, «une trêve entrera en vigueur» à Alep, selon lui.

Washington n'a pas confirmé dans l'immédiat ces discussions, mais le secrétaire d'État John Kerry avait annoncé vendredi une «rencontre au début de la semaine prochaine à Genève» sur les moyens de mettre fin aux hostilités à Alep.

Un départ des rebelles représenterait une victoire du régime du président syrien Bachar al-Assad, qui a lancé une vaste offensive le 15 novembre pour reconquérir Alep-Est, la partie de la deuxième ville du pays qui était tombée aux mains de groupes insurgés en 2012.

A contrario, les rebelles perdraient leur principale place forte en Syrie et ne garderaient plus le contrôle que de la province d'Idleb, voisine de celle d'Alep, et de quelques poches près de Damas et dans le sud.

Les rebelles submergés

Si un accord était conclu entre Américains et Russes, il serait le premier du genre en cinq ans de conflit en Syrie, les négociations précédentes ayant été menées entre régime et insurgés.

Ainsi, en 2014, les rebelles et leurs familles avaient été évacués de Homs, la troisième ville du pays, après deux ans de siège, sous la supervision de l'ONU. Ils s'étaient rendus à bord de bus affrétés par l'ONU jusqu'à des zones rebelles, notamment Idleb. D'autres opérations d'évacuation ont été menées près de Damas, notamment à Daraya, mais ont été critiquées par des ONG et l'ONU qui les qualifient de «forcées».

Le nombre de combattants antirégime dans Alep-Est était estimé avant l'offensive à 8000 selon l'ONU et 15 000, selon l'OSDH dont environ 900 du Front Fateh al-Cham, l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie.

Mais, après avoir tenu quatre ans, ces groupes rebelles n'arrivent plus à résister à la puissance de feu aérienne et terrestre des forces prorégime et des combattants étrangers notamment iraniens et libanais du Hezbollah.

Ils ont ainsi perdu un nouveau quartier, celui de Qadi Askar, dans la nuit de dimanche à lundi.

L'objectif de l'armée syrienne est désormais de conquérir le quartier de Chaar, l'un des plus peuplés d'Alep-Est, qu'elle encercle. Sa prise lui permettrait de reprendre le contrôle de 70 % des zones rebelles, selon l'OSDH.

«Le régime assèche les combattants rebelles en munitions en ouvrant de nombreux fronts à la fois», indique Rami Abdel Ramane, le directeur de cette ONG disposant de nombreux informateurs en Syrie.

Réunion à l'ONU

L'annonce des discussions russo-américaine a été faite quelques heures avant une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à New York, qui doit être consacrée à l'examen d'une résolution sur une trêve d'au moins sept jours à Alep.

Ce texte a été mis au point par trois membres non permanents du Conseil - Égypte, Nouvelle-Zélande et Espagne - après de longues négociations avec la Russie. Mais M. Lavrov l'a jugé lundi «contre-productif» et «en grande partie une provocation qui torpille les efforts russo-américains».

Cette trêve temporaire vise, selon ses initiateurs, à être le prélude à une cessation des hostilités sur l'ensemble de la Syrie après cinq ans et demi de guerre qui ont fait plus de 300 000 morts.

À Alep, «des centaines de familles ont fui depuis hier les zones rebelles pour les quartiers récemment capturés par le régime», a précisé M. Abdel Ramane.

Pour ceux qui restent, la vie est de plus en plus difficile et beaucoup d'entre eux ont passé une nuit sans sommeil, terrifiés par des bombardements incessants des forces gouvernementales, a témoigné un correspondant de l'AFP. Ils ont évité d'allumer toute lumière dans leur maison afin de ne pas être pris pour cibles.

Au moins 319 civils ont été tués, dont 44 enfants, tandis que plus de 50 000 des 250 000 habitants d'Alep-Est ont fui depuis le lancement de l'offensive du régime, selon l'OSDH. 69 personnes, dont 28 enfants, ont en outre péri du côté gouvernemental d'Alep après des tirs rebelles.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer