Percée des forces du régime syrien à Alep

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«Le temps est compté et nous menons une course contre la montre» pour éviter une catastrophe humanitaire, a averti l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura, à l'issue d'une visite à Damas.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam Al-MASRI
Agence France-Presse
Alep

Les troupes du régime syrien avançaient rapidement lundi dans les quartiers rebelles d'Alep, soutenues par d'intenses bombardements qui font craindre une «catastrophe humanitaire» d'ici la fin de l'année selon l'ONU.

Le Conseil de sécurité doit de nouveau discuter lundi, à partir de 10h00 à New York, des efforts pour venir en aide aux civils syriens.

Mais la communauté internationale exprime de plus en plus son impuissance à peser sur le cours de la guerre, à l'instar du président américain Barack Obama, qui s'est dit dimanche «peu optimiste» sur l'avenir immédiat du pays.

«Le temps est compté et nous menons une course contre la montre» pour éviter une catastrophe humanitaire, a pour sa part averti l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura, à l'issue d'une visite à Damas.

Le régime de Bachar al-Assad affiche sa détermination à mener à son terme la nouvelle campagne lancée le 15 novembre pour reconquérir Alep-Est, la partie de la deuxième ville du pays contrôlée par différents groupes rebelles, certains modérés, d'autres jihadistes.

Importante avancée

Les troupes gouvernementales consolidaient lundi leurs positions après être entrées la veille pour la première fois dans le quartier de Massaken Hanano, dans le nord-est d'Alep, à la suite de violents combats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ce quartier a une valeur symbolique puisque c'était le premier dont s'étaient emparés les rebelles en 2012.

Le régime, aidé par des combattants iraniens et du Hezbollah, a également chassé les insurgés d'une ancienne zone industrielle dans le nord-est.

«Il s'agit de la plus importante percée du régime dans les quartiers rebelles jusqu'à ce jour», a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. La prise de Massaken Hanano lui permet d'«avoir en ligne de mire plusieurs autres zones rebelles» et «d'être en mesure de séparer celles du nord du reste», selon lui.

Le quotidien pro-régime Al-Watan a décrit ce quartier comme «le bastion le plus grand et le plus important» des insurgés dans la ville.

Selon le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, il y aurait entre 5000 et 7000 «hommes armés» qui «prennent en otages» selon lui les «habitants de ces quartiers».

En rencontrant dimanche M. de Mistura, M. Mouallem a fermé la porte à la possibilité d'une «administration autonome» des rebelles à Alep. Cette idée avait été évoquée par l'émissaire en échange du départ des centaines de jihadistes du groupe Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) présents dans ces quartiers.

«Privés de soins»

Selon des experts, Damas et son allié russe veulent désormais aller vite pour obtenir une victoire à Alep avant la prise de fonction de Donald Trump à la Maison-Blanche le 20 janvier.

M. de Mistura a d'ailleurs prévenu que «d'ici Noël (...) on verra un écroulement (...) de ce qui reste à Alep-Est et vous pourriez avoir 200 000 personnes fuyant vers la Turquie, ce qui serait une catastrophe humanitaire».

La situation devient en effet intenable pour les civils, assiégés depuis quatre mois et désormais arrivés à bout de leurs réserves alimentaires.

Plus d'une centaine d'eux ont été tués en sept jours depuis la reprise de l'offensive, selon l'OSDH. Ce bilan pourrait s'aggraver en raison du grand nombre de blessés alors qu'il n'y a actuellement plus «aucun hôpital en service dans la partie assiégée de la ville», a affirmé lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Plus de 250 000 hommes, femmes et enfants vivant dans Alep-Est sont désormais privés d'accès à des soins hospitaliers», a ajouté l'OMS.

Les agences de l'ONU n'ont plus eu accès à Alep-Est depuis juillet, quand l'armée régulière syrienne a pris le contrôle de la dernière voie d'approvisionnement des quartiers rebelles.

«On devrait peut-être être autorisé à envoyer des équipes de la part de l'ONU et d'autres partenaires pour vérifier les dégâts des hôpitaux aussi bien à Alep-Est qu'à Alep-Ouest», a suggéré dimanche M. de Mistura. Mais sans obtenir de feu vert de Damas.

En se rencontrant dimanche en marge du sommet de l'Apec à Lima, M. Obama a également demandé à son homologue russe Vladimir Poutine des efforts accrus pour limiter la souffrance des civils après cinq ans et demi d'un conflit qui a fait plus de 300 000 morts.

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